François Longchamp au défilé, Guillaume Barazzone à l’Elysée

Fête nationale françaiseDeux élus genevois veillent à tisser des liens avec le nouveau gouvernement de Macron. Décryptage.

Le président de la République française invite chaque année à la tribune officielle du défilé du 14 juillet le président du Conseil d’Etat genevois. Une tradition méconnue.

Le président de la République française invite chaque année à la tribune officielle du défilé du 14 juillet le président du Conseil d’Etat genevois. Une tradition méconnue. Image: Reuters

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Genève a la cote à Paris. Cela relève à la fois d’une tradition méconnue et d’une nouveauté. Depuis des années, le président du Conseil d’Etat genevois a une place réservée par le chef de l’Etat français dans la très sélecte tribune officielle du défilé du 14 juillet. Et récemment, une rencontre informelle a eu lieu entre l’élu genevois Guillaume Barazzone et le bras droit d’Emmanuel Macron, a appris la Tribune de Genève. Pour aborder des sujets clés.

Dans le train qui l’emmène jeudi déjà à Paris, le président du gouvernement genevois, François Longchamp, confirme avec sa réserve légendaire cette tradition. «C’est Jacques Chirac qui a lancé la première invitation aux autorités genevoises, à la fin des années 90, pour remercier Genève de son travail en faveur des organisations internationales et parce qu’il était touché par sa rencontre, au bout du lac, avec Yasser Arafat.» Voilà donc une vingtaine d’années que les autorités genevoises – les seules de Suisse – se trouvent conviées aux célébrations de la fête nationale française, aux côtés d’une poignée de chefs d’Etat, d’hommes d’affaires et de célébrités.

Se recréer un réseau à Paris

Sans dévoiler d’anecdotes croustillantes, François Longchamp confie se rendre sur les Champs-Elysées depuis «sept ou huit ans». Loin d’être une corvée, ce déplacement est un honneur et une chance aux yeux de l’élu suisse, sans origines françaises mais francophile. «La France est un partenaire historique important, proche de Genève, et qui a toujours soutenu le Canton à travers toutes sortes de négociations.» Il est primordial d’entretenir des liens forts avec cette «grande puissance politique, diplomatique et militaire, pour le bien de la Genève internationale».

Son programme à Paris? «L’avant et l’après-défilé sont intéressants. Ce jeudi soir, j’ai une réunion avec des élus français et vendredi, je rencontrerai des membres du gouvernement, dont la plupart sont tout nouveaux. Il s’agit de se recréer un réseau à la faveur d’un changement gouvernemental assez profond.» Ce genre de prise de contact est déterminant pour l’avenir.

Une discussion de fond

Une autre rencontre, celle-ci improbable, s’est tenue mardi soir à l’Elysée. Guillaume Barazzone, conseiller national, membre de la délégation pour les relations avec le parlement français, a rencontré Alexis Kohler, secrétaire général de l’Elysée. Les deux hommes de la même génération ont tissé des liens, grâce à un ami commun, bien avant l’accession au pouvoir du mouvement En Marche! Alexis Kohler était alors l’un des directeurs financiers de la multinationale MSC, basée à Champel.

Guillaume Barazzone, également magistrat en Ville de Genève, confirme l’entrevue, en précisant avoir été invité à titre personnel et avoir voyagé à ses frais. «Alexis Kohler s’intéresse à la Suisse sans a priori.» Au menu? Pas de clichés mais des sujets de fond abordés durant deux heures. «Je lui ai parlé du développement de la région et des infrastructures. Comme celle de la traversée du lac. Dans l’intérêt économique des deux pays, il serait important que le projet soit franco-suisse.» Il a aussi relevé l’importance du développement de l’axe ferroviaire Lyon-Genève-Zurich, sous exploité. Dans le registre financier, Guillaume Barazzone a plaidé pour une libre circulation des services financiers. «Il n’y a plus de raison que la Suisse soit moins bien traitée par la France que par l’Allemagne, puisqu’elle a adopté l’échange automatique de renseignements.»

Autre thème abordé? «En matière de transition énergétique, la Suisse veut jouer un rôle en Europe et développer des axes de coopération avec la France.» Ce sujet a particulièrement intéressé Alexis Kohler. Tout comme la relation entre la Suisse et l’Union européenne après le vote contre l’immigration de masse.

Cette démarche atypique, que Guillaume Barazzone a annoncée au chancelier de la Confédération et à l’ambassadeur de Suisse à Paris, «est l’occasion de faire passer des messages informels». Une façon aussi de préparer le terrain avant la première rencontre, mardi, entre la présidente de la Confédération, Doris Leuthard, et le président Emmanuel Macron. (TDG)

Créé: 13.07.2017, 22h12

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