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Genève

Elle touche les rentes de sa tante décédée

Par Catherine Focas. Mis à jour le 28.08.2012

Elle a dépensé l’argent en voyages, coiffeur et instituts de beauté afin de combler la solitude créée par la mort de sa parente

Image: Laurent Guiraud

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Durant huit ans, une femme de 51 ans a touché la rente AVS et les prestations complémentaires destinées à une tante entretemps décédée. «J’étais très mal après le décès de ma tante, alors j’ai dépensé, dépensé, pour combler le vide», a-t-elle expliqué aujourd’hui devant le Tribunal de police. «A cause de mes problèmes de santé, je prenais le taxi. Je faisais des voyages à l’île Maurice pour me changer les idées, mais ça ne durait jamais longtemps. Je sortais seule dans les restaurants. J’achetais tout et n’importe quoi. Je me rendais chez le coiffeur ainsi qu’au salon de beauté plusieurs fois par semaine pour établir un contact humain, trouver quelqu’un à qui parler.»

Aujourd’hui, elle est jugée pour escroquerie. L’Office cantonal des personnes âgées (OCPA) a porté plainte et réclame 136 400 francs. La Caisse cantonale genevoise de compensation également. Cette dernière estime avoir perdu 144 400 francs. «Ça aurait pu durer 10 ans de plus et vous n’auriez pas bougé ? » demande le juge Bungener. La prévenue. «Je ne sais pas. Entretemps j’ai rencontré quelqu’un, ça m’a fait prendre conscience de ce que j’ai fait et je ne suis plus seule.»

Contrôle huit ans plus tard

La tante défunte a joué pour elle le rôle d’une mère : «Nous étions fusionnelles, tout le temps ensemble.» Sa disparition a été d’autant plus douloureuse qu’elle a été causée par un accident de la circulation au cours duquel la prévenue conduisait. Sa parente est décédée à l’hôpital des suites de l’opération qu’elle a subie. L’accusée l’a vue agoniser. Après, elle n’avait plus goût à rien et a laissé la situation se détériorer. «Annoncer le décès de sa tante équivalait à l’admettre», plaide son avocate, Me Limaya Molango.

L’acte d’accusation note pourtant que non seulement cette nièce n’a pas annoncé le décès de sa tante, mais elle a fait semblant que cette parente vivait toujours. Elle s’est installée chez elle, a payé le loyer et relevé le courrier. L’Office cantonal des personnes âgées et le Département de la solidarité et de l’emploi ne se sont aperçus du stratagème que huit ans plus tard lors d’un contrôle. Aujourd’hui, ces instances ont récupéré une partie de leur argent. Notamment grâce à la vente d’une maison en Bretagne que la prévenue a reçue en héritage de cette fameuse tante. Elle a en outre promis de rembourser l’intégralité des sommes dépensées à l’administration. Compte tenu de cette «bonne volonté», les représentants de l’Etat ne s’opposent pas à une peine avec sursis.

Le jugement sera rendu ultérieurement. (TDG)

Créé: 28.08.2012, 15h59

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