Dramatique échange de tirs à la Servette: deux morts

Fait diversUn homme est abattu par la police après avoir reçu cette dernière à coups de feu. Dans l’appartement, on retrouve une femme sans vie.

Quartier de la Servette, le 9 février 2016. Un dramatique échange de tirs a fait deux morts dans la nuit de lundi à mardi.

Quartier de la Servette, le 9 février 2016. Un dramatique échange de tirs a fait deux morts dans la nuit de lundi à mardi. Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Un épisode dramatique s’est déroulé dans la nuit de lundi à mardi dans un immeuble aux murs moutarde, aux stores verts un peu usés, situé au coin de la rue Hoffmann et de la route de Meyrin. Au final, deux morts et trois policiers blessés.

A 3 h du matin, appelés par des habitants éveillés par les bruits d’une violente dispute et, selon une voisine, par une succession de coups de feu, les gendarmes font irruption dans le locatif. Réveillé par sa copine, car il a le sommeil lourd, Joao, 21 ans, planté devant son judas, voit alors monter une escouade «lourdement armée» qui se présente devant la porte d’un petit appartement de trois pièces situé au 5e étage.

Les policiers sont allés aussi ailleurs. Dans l’immeuble d’en face, route de Meyrin, un gendarme sonne aussi au 5e étage. «D’abord, je n’ai pas entendu», témoigne la locataire, une jeune femme de 30 ans. «Il y a des coups de feu en face, m’a expliqué le policier, avant de faire éteindre les lumières pour se rendre sur le balcon et observer ce qui se passait.» Le policier est resté dix minutes avant de rejoindre ses collègues.

Dans l’immeuble de la rue Hoffmann, le tireur a aperçu les policiers: «Il fait feu dans leur direction, blessant un agent au visage», précise le communiqué du Ministère public. Deux de ses collègues sont très légèrement blessés. Les agents ripostent. L’homme tombe, mort. Dans l’appartement, on retrouve le corps d’une femme tuée par balle. Qui sont les victimes? Ce seraient les locataires, soit le tireur, âgé de 87 ans, et sa compagne, plus jeune de vingt ans et qui, malade, «se déplaçait depuis quelque temps avec des béquilles», explique un voisin. Pour l’heure, on ignore les causes du drame.

Mardi vers 10 h, les traces de l’intervention sont encore visibles. Des gouttes de sang maculent les marches de l’entrée. Des impacts de balles seraient visibles au 5e étage, raconte une voisine, toute retournée que ses enfants aient assisté à l’évacuation des corps. Impossible de vérifier avant la fin de la journée, l’immeuble étant bouclé pour faciliter les interventions. Du coup, dehors, la presse fait le pied de grue sous le regard féroce des estampes de samouraïs accrochées aux vitrines d’un minuscule restaurant japonais.

Dans le quartier, on ne parle que de ça. Le concierge d’en face raconte qu’en arrivant à 5 h du matin, il a été surpris par la présence de huit ou neuf voitures de police. Le patron de BJ Mode, juste au coin, pense reconnaître les victimes: «Un homme pas très grand, très calme, d’origine philippine. Il passait devant ma vitrine. Je le connaissais depuis une vie!» Accoudé au comptoir devant un café, Mehmet, patron du Kapris, évoque un autre fait divers qui s’est produit l’été dernier: «A 2 h du matin, un homme en pyjama a sauté de son balcon juste en face!»

La Servette, un quartier agité? Le policier de faction lève les yeux au ciel. De leur côté, des habitants vous indiquent obligeamment où se trouve un bistrot mal famé. D’autres affirment que tout est normal. Pas calme, juste normal. (TDG)

(Créé: 09.02.2016, 19h50)

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Quand la police tire

Les policiers font rarement usage de leur arme, si l’on en croit la chronique des faits divers. En quinze ans à Genève, les médias ont rapporté une demi-douzaine d’affaires. Bref rappel:

Le 26 novembre 2011, des braqueurs, armés de fusils d’assaut, attaquent le change Migros de Thônex. Dans leurs fuites, des coups de feu sont échangés. L’un des braqueurs touchés portera plainte contre les policiers. L’affaire sera classée.

Le 26 décembre 2011, un mineur s’engage dans une course-poursuite à travers la ville. Un policier tire sur le véhicule près de l’aéroport. Il sera blanchi.
En mars 2010, à la suite d’une course-poursuite, un policier tire sur le conducteur aux Eaux-Vives.

Le 16 avril 2006, un policier tire sur un conducteur impliqué dans une rixe aux Eaux-Vives. Il est blanchi.

Le 10 janvier 2000, un inspecteur de police tire sur une voiture aux Tranchées où se trouvent deux voleurs à l’astuce. L’un décède, l’autre est blessé. Le policier écope de huit mois de prison avec sursis. C.B.

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