Dominique Warluzel ne visait pas la soignante

Coup de feu à La RéserveDevant le procureur, les versions de la plaignante et de l’avocat concordent sur ce point crucial.

Mes Pascal Maurer et Marc Bonnant devant le bâtiment du Ministère public.

Mes Pascal Maurer et Marc Bonnant devant le bâtiment du Ministère public. Image: Keystone

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L’audience de confrontation entre l’ex-ténor du Barreau genevois Dominique Warluzel et l’aide-soignante sur laquelle il est accusé d’avoir tiré le 2 janvier à La Réserve a duré plus de quatre heures, ce mardi, dans les locaux du Ministère public. Elle s’est déroulée «harmonieusement», selon Me Marc Bonnant, l’un des avocats de la défense. Au point que Dominique Warluzel a proposé à la plaignante de l’engager à nouveau lorsque cette procédure serait achevée…

Lire ci-contre: huit armes étaient stockées dans les coffres de l’étude Bonnant-Warluzel

Plus sérieusement, le point central était de comprendre si l’avocat, hémiplégique suite à un AVC en 2013, avait visé ou non son employée. Il a toujours affirmé que non. Et, mardi, devant le procureur Walther Cimino, il semble que la plaignante ait dit la même chose. «Elle ne pense pas qu’il a voulu la tuer ou la blesser, indique Me Bonnant. Selon elle, il a visé la porte pour l’intimider et lui faire peur.» L’avocate de Fatima, Me Yaël Hayat, confirme qu’il y a une «adéquation» entre les versions de la plaignante et de Dominique Warluzel sur ce point. «Mais ma cliente a eu très peur et il était important pour elle qu’il reconnaisse cette peur à sa juste dimension. Ce qu’il a fait.»

Argent et jours fériés

Point de divergence: Fatima affirme qu’elle était dans l’entrebâillement de la porte au moment du tir alors que l’avocat explique qu’elle ne se trouvait pas dans son champ de vision.

Dominique Warluzel était arrivé à la mi-décembre à La Réserve. Les personnes qui s’occupaient habituellement de lui n’étaient pas disponibles, en raison des Fêtes et d’une maladie. Fatima les a en quelque sorte remplacées. Le samedi 2 janvier, la dispute a porté au départ sur une somme de 2600 francs. L’aide-soignante estimait qu’elle devait être payée davantage puisqu’elle avait travaillé le 31 décembre et le 1er janvier, jours fériés. Le coup de feu est parti autour de 14 h. La suite de La Réserve comporte trois pièces. Deux chambres, séparées par un salon-bureau. L’avocat était assis sur son lit lorsqu’il a tiré. La balle s’est fichée dans l’encadrement de la porte qui sépare sa chambre du salon. L’aide-soignante s’est alors réfugiée dans la pièce du fond et a téléphoné, affolée, à l’employée qui travaille depuis une quinzaine d’années pour l’avocat. Cette dernière, une personne de confiance, a accouru. Elle est entrée dans la chambre où Dominique Warluzel se trouvait, toujours dans son lit, la main posée sur l’arme. Il l’a lui a remise.

Tendresse paramédicale?

Quelle était la nature des relations entre Fatima et l’avocat? «Le procureur lui a posé la question, indique Me Hayat. Mais elle n’a pas voulu répondre car elle estime qu’il n’y a aucun lien avec les faits. Et il n’a pas insisté.» Me Bonnant affirme que «cette prétendue tendresse paramédicale est offensante pour cette dame qui s’est montrée dévouée à l’égard de Dominique». Il souligne d’ailleurs que si la dispute a démarré à cause d’une question d’argent, «c’est avant tout à lui-même, aux dieux et au destin que Dominique s’en est pris». Pas de demande de mise en liberté provisoire aujourd’hui. «Elle serait prématurée, indique Me Bonnant, les expertises balistiques, toxicologiques et psychiatriques étant en cours. Et des témoins de l’entourage de Dominique devant être entendus.» L’avocat est donc retourné à l’Unité cellulaire hospitalière des HUG.

(TDG)

(Créé: 12.01.2016, 20h27)

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Huit armes stockées dans les coffres de l'étude

  Au lendemain de l’arrestation, l’un des trois avocats de la défense a rendu à la police sept armes appartenant à Dominique Warluzel et qui étaient stockées à l’étude Bonnant Warluzel et associés. Quid de la huitième, soit celle de cette affaire? Selon nos renseignements, Dominique Warluzel a demandé en décembre, peu après son arrivée à Genève, qu’elle lui soit remise dans sa suite à La Réserve. L’un des associés de l’étude aurait effectué la livraison. Ces événements interpellent le Ministère public, qui examinera un possible conflit d’intérêts. En d’autres termes, le fait que la défense soit assurée par les avocats d’une étude dans laquelle se trouvaient les armes, dont celle utilisée le 2 janvier, pose-t-il problème? Si oui, l’un ou plusieurs avocats de la défense devraient-ils se retirer? Au Ministère public de trancher. Par ailleurs, était-il opportun de remettre cette arme à un homme malade? Me Marc Bonnant dit ne pas avoir été au courant de ces faits. Il précise: «Dominique Warluzel ne fait plus partie de l’étude. Il est conseil extérieur. Ses armes étaient dans son coffre, dans une partie de l’étude, mais pas dans mon cabinet.» L’un des avocats visé admet qu’il y a «potentiellement un conflit d’intérêts ténu mais on ne va pas se disputer avec le Ministère public. L’essentiel est la défense de Dominique Warluzel.» CF/FM

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