Dumping salarial
Des ouvriers payés 10 euros de l'heure sur un chantier à Vernier
Par Julien de Weck. Mis à jour le 12.01.2012 30 Commentaires
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A Genève, un nouveau cas de dumping salarial a été dénoncé ce jeudi par UNIA. Dans le collimateur du syndicat, le chantier d'un primeur genevois sur la commune de Vernier, qualifié de«véritable far west social», sur un terrain propriété de l'Etat. Une dizaine d'ouvriers percevrait 10 euros de l'heure, en totale violation des minima en vigueur sur le territoire genevois. En cause, dénonce UNIA, l'abus de sous-traitance par l'entreprise chargée des travaux, la française Compagnie des Contractants Régionaux (CCR). «Nous avons recensé 32 entreprises sous contrat avec cette société, soit 3 niveaux de sous-traitance», assure Filipa Chinarro, secrétaire syndicale en charge du secteur bâtiment.
Et d'illustrer les abus dénoncés par un cas concret: CCR a mandaté par contrat la société Protectum pour certains travaux. Cette dernière a à son tour sous-traité les contrats à deux entreprises qui rémunèrent leurs employés proche des minima français. «Nous avons écrit à Protectum pour qu'ils rendent des comptes. En retour de courrier, nous avons reçu cette réponse lapidaire: Nous n'avons pas de salariés de notre entreprise sur ce chantier.» A Vernier, le travail est effectué par des ouvriers d'une société domiciliée à Orange, dans le Sud de la France. Rencontrés sur le chantier, deux de ses employés ont assuré à la presse percevoir 1400 euros par mois, soit environ 10 euros de l'heure. Autre témoignage, celui d'un employé haut-savoyard doté d'un permis de travail «parfaitement en règle». L'homme réalise régulièrement des travaux «de courtes durées sur le territoire suisse». En revanche, son salaire mensuel payé en France, 1200 euros, ne varie pas, quel que soit le côté de la frontière où il a exercé. «Je connais parfaitement les tarifs horaires de mon secteur en Suisse, mais que voulez-vous, je n'ai pas le choix, sinon c'est la porte.»
Du côté du client, la situation agace. «Nous avons acheté un bâtiment clé en main à une entreprise sérieuse (CCR) avec un but: développer notre activité en créant des emplois à Genève, déclare son directeur général. Et d'ajouter: «Suite aux accusations du syndicat il y a cinq jours, j'ai contacté CCR pour qu'ils fassent la lumière sur les contrats des sous-traitants. Qu'ils laissent le temps aux gens de répondre!»
Au vu de la législation actuelle, le maître d'oeuvre n'est pas responsable. Or, relève le syndicat, le primeur est au bénéfice du label genevois d'une agriculture de proximité et respectueuse des conditions de travail. «Sa responsabilité est morale et sociale», assène Filipa Chinarro.
Crainte pour le secteur du gros oeuvre
UNIA constate régulièrement des cas similaires à Genève dans les secteurs du second oeuvre et de la métallurgie du bâtiment, au bénéfice de conventions collectives. Et craint le pire dans le gros oeuvre, un secteur actuellement dépourvu de convention.
Dans un courrier adressé à l'Etat, propriétaire du terrain, à l'Office cantonal de l'inspection des relations du travail (OCIRT) et à la Mission de contrôle, le syndicat demande leur intervention«pour contrôler et veiller au paiement des salaires de rattrapage dus aux travailleurs qui auront été exploités sur ce chantier.»
Une rencontre entre le syndicat et l'entreprise générale CCR est agendée la semaine prochaine. (TDG)
Créé: 12.01.2012, 14h24
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30 Commentaires
vous avez voulu l'ouverture des frontiers! soyez servis!
vous vous attendiez à que les entrepeneurs respectent les lois et que le gouvernement leur contrôle?
ha!
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"...l'entreprise chargée des travaux, la française CCR." déjà qu'est-ce qu'on va chercher une entreprise française? Y en a pas assez en Suisse? Deuxièmement, c'est très bien qu'ils soient payés avec leur salaire de français, et ça devrait être pareil dans les bureaux! Je suis sur que du coup, il y aurait bien moins de ces gens prets à faire tous ces km pour "l'eldorado" suisse... Répondre
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