Des enfants s’initient à la création d’entreprises

Reportage Durant une semaine de leurs vacances estivales, des jeunes de 8 à 13 ans concourent pour la meilleure idée de start-up.

Les jeux permettent aux élèves d'acquérir des compétences telles que le travail d'équipe.

Les jeux permettent aux élèves d'acquérir des compétences telles que le travail d'équipe. Image: Georges Cabrera

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Il n’y a pas d’âge pour créer sa propre boîte. Durant les vacances, l’association Oser entreprendre incite les jeunes pousses à développer un esprit d’entreprise. Seize enfants de 8 à 13 ans participent durant une semaine en groupe à l’élaboration d’un projet social, humanitaire ou commercial. Les deux meilleurs projets seront récompensés vendredi à hauteur de 300 et 200 francs par personne.

Il est 9 heures ce mercredi. Beth Krasna, l’initiatrice du projet, attend les derniers élèves aux portiques du Campus Biotech avant d’entamer la troisième journée de stage. Ils portent tous un badge, au même titre que les professionnels qui s’activent sur l’ancien site de Merck Serono à Sécheron. De quoi les mettre dans l’ambiance sérieuse des lieux.

Un robot pour les parents

«La seule chose que nous demandions était d’arriver avec une idée de projet», explique Beth Krasna. Face au constat que la plupart des fondateurs de start-up en Suisse sont étrangers, l’entrepreneuse a décidé d’initier cet atelier. Les frais de participation s’élèvent à 100 francs, de quoi couvrir la nourriture et les boissons pour la semaine. La salle est, quant à elle, prêtée gratuitement.

Sur la quinzaine de projets présentés, quatre ont été retenus par les coaches: une ceinture ecomove qui transforme les mouvements du corps en électricité, une application pour permettre aux enfants malades de suivre des cours à distance, une organisation publique de forage pour trouver de l’eau en Afrique. Et, enfin, un robot baby-sitter pour faciliter le quotidien des parents. Quatre moniteurs, tous issus de l’entreprenariat, les encadrent.

Hayk (9 ans et demi), Junniel (10 ans) et Akash (12 ans) travaillent ensemble sur leur projet de robot baby-sitter, baptisé «Tatabot». «Tata pour tante et bot pour robot, explique Hayk. Le but est d’aider les parents à avoir plus de temps libre pour nous.»

La journée est lancée. Dans la salle de séminaire, les enfants participent activement au cours. Aujourd’hui, c’est au tour de Michel de Marsano, spécialiste de l’impression 3D, d’endosser le rôle d’enseignant. Sa tâche n’est pas simple: il doit expliquer le concept d’offre aux têtes blondes. Exemples simples à l’appui, le coach s’adapte à leur âge: «Imaginez que vous êtes un restaurateur de sushis. Vous allez offrir à votre clientèle des sushis à l’unité, mais aussi des packages. Eh bien ça, vous voyez, c’est votre offre.» Pas facile d’expliquer des concepts que parfois même des étudiants d’HEC ont du mal à saisir. «Il faut trouver le bon vocabulaire et expliquer avec des exemples familiers.» Pour John Elbing, coach à la Fongit (Fondation genevoise pour l’innovation technologique), «les différences d’âge posent parfois problème». Et de poursuivre: «Par contre, le grand avantage est qu’ils ne se mettent pas de barrière et sont par conséquent plus créatifs.»

Retour dans les salles de travail, pour élaborer une offre. «Je n’ai rien compris à la présentation», s’émeut Junniel. «Moi je sais, s’exclame Akash. Buy one, get one free.» Le slogan est là. L’influence du monde commercial aussi.

Le Genevois de l’année

Vingt minutes plus tard, l’offre est prête à être présentée. «Nous allons proposer un robot avec des fonctions ajustables, explique Hayk. Chaque robot aura une fonction de base, celle d’assurer la sécurité d’un enfant. Ensuite, les parents – c’est-à-dire nos clients – peuvent choisir d’ajouter d’autres fonctions, comme «calmer un bébé» ou «nourrir un enfant». Plus le robot est complexe, plus il coûtera cher», conclut celui pour qui tout coule de source.

Le «rêve» de Beth Krasna est d’introduire ce concours dans les établissements publics genevois. «J’aimerais proposer une compétition entre les élèves d’une même école, suivie d’une autre entre les premiers de chaque établissement. On aurait ainsi le jeune entrepreneur genevois de l’année.»

(TDG)

Créé: 13.07.2017, 18h00

L’esprit d’entreprise existe déjà à l’école

Contacté, le Département de l’instruction publique (DIP) se dit ouvert aux propositions et prêt à étudier la question, mais il n’envisage pas pour l’heure d’introduire un cours spécifique d’entreprenariat ni même un concours au programme scolaire. Néanmoins, une émissaire de la Direction générale de l’enseignement obligatoire prendra part au concours puisque le DIP fait partie du jury déterminant le meilleur projet de la semaine.

Mais à cet âge-là, n’est-ce pas un peu tôt pour penser business plan? Pierre-Antoine Preti, responsable de la communication au DIP, nous informe que des écoles privées offrent déjà ce type de cours. C’est notamment le cas de l’Ecole Moser.

«L’esprit d’entreprise est aussi présent dans l’enseignement public, explique-t-il. Pour être un bon entrepreneur, il faut avoir des bases, comme par exemple savoir lire et écrire, se comporter dans un groupe ou encore apprendre à diriger des projets. Les constituants sont donc déjà là.» Il rappelle que le Plan d’études romand pousse à développer une culture d’entreprise puisqu’il comporte une thématique «Choix et projets personnels» dans la formation globale de l’élève. Par ailleurs, à Genève, l’orientation scolaire et professionnelle (IOSP) est le premier véritable liant entre écoles et milieux professionnels. D’autres éléments vont dans ce sens: la Journée des métiers (9e), la visite du pôle de formation professionnelle (10e) et les stages en entreprise (11e).

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