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Vie nocturne

Des bars se spécialisent dans le karaoké asiatique

Par Thomasset Frédéric. Mis à jour le 19.02.2013 2 Commentaires

Des patrons d’établissements genevois fidélisent la clientèle autour de chansons exotiques

Tilo, le DJ philippin du karaoké Midnight Assia connaît la musique. En un éclair, il passe de Britney Spears à du traditionnel philippin.

Tilo, le DJ philippin du karaoké Midnight Assia connaît la musique. En un éclair, il passe de Britney Spears à du traditionnel philippin.
Image: Alex Andreassen

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La foule du soir explose. Aux micros Mietele et son amie se lâchent sur Dahil Sa’Yo, A cause de toi, un grand classique philippin. Tilo, le DJ attitré du bar karaoké Midnight Assia, est aux platines. Manille? Non, les Pâquis. Ce soir encore la communauté des Philippines est au rendez-vous dans le bar ouvert il y a à peine cinq mois.

Une scène surprenante pour quiconque jette pour la première fois un œil derrière les lourds rideaux rouges de l’entrée. Pourtant les Genevois devraient rapidement s’y habituer. A l’heure actuelle, la ville compte en effet deux bars karaokés philippins et deux thaïlandais, sans oublier les restaurants où circule occasionnellement un micro. Les Japonais, les Chinois ou encore les Vietnamiens ne sont ainsi pas en reste.

Si le phénomène s’est développé récemment, la présence de karaokés asiatiques à Genève a déjà quelques années. Beat Schmid, le patron du restaurant japonais Miyako fait office de précurseur. Il y a vingt ans, il investissait une dizaine de milliers de francs pour offrir aux expatriés nippons la possibilité de chanter. Un service qui n’existe plus aujourd’hui.

Reconversion salutaire

Mais le véritable boom a eu lieu durant ces cinq dernières années, avec l’avènement du Philippine Assia au Square Pradier et la reconversion du James Pub à la rue de Monthoux en karaoké version Bangkok. Une solution que n’avait jamais envisagée le patron, David Monnard, avant qu’un groupe de Thaïlandais ne vienne lui proposer de faire affaires: «A l’origine, j’étais bien sûr sceptique. Mais aujourd’hui je peux affirmer que je dois le salut de mon bar à ma reconversion. Il faut savoir s’adapter.» Conscient de l’ampleur du phénomène, le patron y a mis les moyens, investissant plus de 20 000 francs de sono il y a trois ans.

Au regard des chiffres des communautés asiatiques, difficile de donner tort au tenancier. Selon l’Office cantonal de la statistique en 2011, Genève comptait 547 Thaïlandais, 1560 Chinois, 1302 Japonais ou encore 1584 Philippins.

Nostalgie du pays

Pour Eddie Chiu, ancien propriétaire des karaokés chinois Le Tube et Eko (aujourd'hui fermés, faute d’entente avec le propriétaire des locaux), les Asiatiques sont non seulement nombreux à Genève, mais constituent surtout une clientèle facile à fidéliser. «Qu'ils soient Chinois, Thaïs ou Philippins, beaucoup d’immigrés n'ont pas la vie facile. Clandestins ou non, ils font souvent la plonge ou les ménages. Ils ont un réel besoin de divertissement et une nostalgie de leur pays qui les poussent à chanter à une fréquence quasi quotidienne.»

La situation internationale de Genève explique par ailleurs le succès du karaoké asiatique, selon Eddie Chiu. Des habitants de la ville ouverts et ayant soifs d’expérience se joignent aux communautés asiatiques lors de soirée chansons débridées. La Bomba - anciennement Philippine Assia - reste le symbole de ce mélange. Ici, on chante en anglais, en philippin ou encore en français à tour de rôle.

La formule magique, si l'on en croit la longue existence de certains établissements - vingt ans pour le James Pub - dans un milieu de la restauration où les faillites sont monnaies courantes. Laurent Terlinchamp, président de la Société des cafetiers, restaurateurs et hôteliers de Genève confirme: «Dans un marché où s’ouvrent en moyenne 50 établissements supplémentaires par an, l'important est de ne pas être un de plus. Au moins, le karaoké asiatique, ça dénote.» (TDG)

Créé: 19.02.2013, 20h11

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2 Commentaires

Reller Sebastien

20.02.2013, 10:32 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation 2

Pas de voisins qui se plaignent du bruit aux paquis?? Répondre