Dernière séance pour le vidéoclub de Plainpalais

CommerceContraint à fermer, Vidéo 2001 brade ses milliers de DVD et ses clients pleurent.

Le vidéo club 2001 de Plainpalais à la rue Gourgas va fermer définitivement.

Le vidéo club 2001 de Plainpalais à la rue Gourgas va fermer définitivement. Image: Laurent Guiraud

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«Quelle tristesse ces magasins spécialisés s’éteignant les uns après les autres», déplore Karim-Pierre Bahechar. Fidèle client du Vidéo 2001, il ne digère par la mort annoncée de cette enseigne, ouverte il y a 31 ans à Plainpalais. «C’est désolant, on perd un service de qualité et un contact humain apprécié.» La fréquentation en baisse croissante a eu raison de l’arcade. Elle mettra la clé sous le paillasson, à la fin du mois. Et brade ses milliers de DVD à 1 fr.

La beauté du geste

Habitant de la Jonction, ce quinquagénaire vit la disparition de ces «loueurs de rêves», toujours avec la même tristesse. «Il y a la beauté du geste en rangeant le DVD dans le boîtier, la recherche d’un film, l’interaction avec le vendeur; tout ce qui fait d’une démarche a priori anodine, un rendez-vous apprécié.» Amatrice du septième art en salon, Stéfania est aussi sous le coup. «J’aime l’idée de trouver «le» film adapté à mon humeur, précise-t-elle. Écouter les conseils, les impressions d’un humanoïde plutôt et non celles d’un ordinateur.» Activité florissante dans les années 80, la location de films ne fait plus recette depuis le début du siècle. Des plus de 60 enseignes à Genève, seules trois ont encore pignon sur rue. Afin de survivre, l’arcade de Plainpalais avait misé sur la Toile en créant un espace café Internet. Mais avec l’avènement des smartphones, le concept ne fait plus recette.

Rencontre d'autres cinéphiles

Particulièrement touchés d’apprendre la fermeture de Vidéo2001, plusieurs fidèles précisent d’ailleurs n’y être venus depuis quelques années presque uniquement pour contrer le marché noir. «J’aurais pu télécharger, mais je me serais senti complice de la mort des arcades spécialisées, confie un jeune homme. Venir au vidéoclub c’est aussi sortir, prendre le temps de choisir et parfois rencontrer d’autres cinéphiles qui ont aimé le même film que nous.»

Un père de famille profite des derniers jours pour choisir des films avec ses enfants. «C’est vrai, je ne suis plus un très bon client, reconnaît-il. J’ai plutôt tendance à louer directement par la télévision.» Mais, cette nouvelle forme de location de film, qui a le vent en poupe, ne serait pas l’unique responsable de la faillite des vidéoclubs, selon le gérant de Plainpalais. «Le problème est politique, assure-t-il. L’impunité en Suisse pour les fraudeurs au téléchargement illicite est inacceptable. En Allemagne, par exemple, les sanctions sont exemplaires. Pour avoir téléchargé quelques musiques illégalement, un jeune a été condamné à près de 30 000 fr. d’amende.»

Législation suisse plus souple

En Suisse, la législation est encore très souple. Pour l’heure, à l’exception de contenus sexuels violents, les téléchargements à usage privé ne sont pas punissables. Seule leur commercialisation est amendable. (TDG)

(Créé: 04.01.2016, 19h22)

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