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Insécurité

Deal à Plainpalais: que fait la police?

Interview: Catherine Focas. Mis à jour le 11.07.2012 28 Commentaires

Les habitants en ont assez de voir leur quartier se détériorer. La situation est réversible, dit la police. Interview.

Vendredi dernier, avenue du Mail, les gendarmes Laurent et Stéphane arrêtent un dealer.

Vendredi dernier, avenue du Mail, les gendarmes Laurent et Stéphane arrêtent un dealer.
Image: Laurent Guiraud

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Les forces de l’ordre agissent pour améliorer la situation à Plainpalais. Les explications du lieutenant Pascal Braihier et des deux enquêteurs de la sécurité publique qui s’occupent du quartier, Laurent et Stéphane.

Comment expliquez-vous que le quartier de Plainpalais soit envahi par les dealers?

La Suisse est un pays attractif au niveau de l’argent qu’on peut gagner, au niveau des peines relativement clémentes qui sont infligées. Depuis trois ans, il y a effectivement une recrudescence de dealers à Genève. Ils se sont rabattus sur Plainpalais parce que les Pâquis sont saturés. A Plainpalais, il y a du monde, des bars et aussi de nombreux petits commerces ouverts jour et nuit, les dépanneurs. Les dealers peuvent s’y ravitailler et leurs clients aussi. Une fois à l’intérieur, on peut facilement acheter une bière et une boulette par la même occasion.

Facilement?

C’est rapide et très difficile à contrôler. L’avenue du Mail tout particulièrement est un lieu propice pour le deal. Elle se trouve au centre-ville, l’accès en voiture est facile, lorsqu’une voiture de police arrive, on la voit de loin et on peut filer facilement. Sans compter toutes les petites rues derrière où une transaction peut se faire discrètement. Il y a énormément de Français qui viennent s’approvisionner à Genève.

Beaucoup d’habitants affirment que l’opération Figaro a chassé les dealers des Pâquis. Ces derniers seraient venus à Plainpalais.

L’explication est trop simple. Aux Pâquis, on trouve autant de dealers qu’avant l’opération Figaro. La plupart de ceux que l’on voit à Plainpalais ne mettent pas les pieds aux Pâquis. Plainpalais, c’est leur nouvelle conquête. Tous ces travaux dans le quartier rendent les contrôles plus difficiles. Pour eux, c’est un régal. On peut dire qu’aujourd’hui Plainpalais connaît la même fréquentation de dealers que les Pâquis. En 2011, nous sommes intervenus 770?fois pour des stupéfiants à Plainpalais contre 679?fois aux Pâquis. Sur les six premiers mois de l’année, 704?fois à Plainpalais contre 445?fois aux Pâquis.

Recevez-vous des plaintes de la part des habitants et des commerçants?

De plus en plus. Il y a un ras-le-bol général dans le quartier. Les gens ne supportent plus de voir des dealers africains au pied de leur immeuble. Des personnes qui, à leurs yeux, profitent de l’asile pour faire leur business, qui se font de l’argent facile de manière illégale alors qu’eux bossent toute la journée. Le sachet de marijuana se vend 40?francs, la boulette de cocaïne, 100?francs. Ils en ont marre!

Et ils ont l’impression que ces dealers jouissent d’une impunité et que la police n’intervient jamais…

Le quartier est devenu un lieu sensible et, pour nous, prioritaire. Nous intervenons de plus en plus. Il y a un an et demi nous avons mis en place l’opération «mousquetaire», une équipe de la gendarmerie qui fait de la prévention en matière de stupéfiants, de vol, de mendicité, de bonneteau. Elle agit souvent dans le quartier. Nous avons également mis au point le dispositif «point de contact». Il s’agit d’une patrouille de deux personnes qui se rend à pied dans un secteur dit sensible et qui surveille, discute avec les commerçants et fait des contrôles pendant un laps de temps déterminé. Il y a 50?points sensibles ou chauds, autrement dit des lieux criminogènes à Plainpalais dont l’avenue du Mail, la place du Cirque, le rond-point de Plainpalais. Le but de cette opération est de regagner du terrain. Comme nous n’avons pas d’effectifs supplémentaires, nous changeons notre organisation.

Et quelles sont les sanctions?

Les dealers que nous interpellons en possession de stupéfiants reçoivent des amendes: 200?francs pour un sachet de marijuana, 300?francs pour une boulette de cocaïne. Or, pour les arrêter, il faut les prendre en flagrant délit de vente. Même pour une boulette, le dealer passe devant le procureur qui lui inflige une peine de prison par ordonnance pénale. Mais ensuite il est relâché durant dix jours, soit le délai de recours contre sa condamnation… C’est le nouveau Code de procédure pénale qui veut ça. Ce n’est pas très pratique car après dix?jours, il faut retrouver le dealer pour le mettre en prison. Pour nous le travail est double!

Parfois des grosses prises?

Oui, mercredi dernier, nous avons vu une Colombienne qui sortait d’un immeuble de la rue de Carouge avec deux Africains, ça nous a fait tilt. Nous sommes montés dans l’appartement avec la Brigade des chiens et nous avons découvert 56 doigts de cocaïne, en tout 656?grammes. Une grosse prise. Si on la coupe, ça fait 1,2 kilo à 100?francs le gramme, on en est à plus de 100?000?francs. Tout ceci s’est achevé par l’arrestation de deux personnes. Douze?heures de travail administratif! Mais ça vaut la peine. Nous sommes certains que la situation à Plainpalais est réversible, il faut s’en donner les moyens.

Bon nombre d’habitants en ont aussi assez des mendiants.

Nous débarrassons régulièrement les campements. L’année dernière nous avons ramassé 50?tonnes de déchets et cette année 25?tonnes. C’est payant, il y en a moins. La mendicité a baissé de 30% ces deux dernières années. Sans compter le Service de la protection des mineurs (SPMi) qui fait un gros travail pour accueillir des enfants de 4 à 12?ans, notamment par le biais de la Maison de quartier de Plainpalais. (TDG)

Créé: 11.07.2012, 07h52

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28 Commentaires

Margueritte Favre

11.07.2012, 08:06 Heures
Signaler un abus 69 Recommandation 0

Que voilà une justice pour Bisounours. En fait quand la délégation Genevoise est allée à Lyon pour en apprendre sur leur réseau de transport hyper-efficace, elle aurait dû prendre des cours pour voir comment sont traités les truands à Lyon et voir comment la Police s'y prend avec les dealers... Vous pouvez vous balader à Lyon, ville superbe d'ailleurs, vous verrez des flics partout et efficaces ! Répondre


Wendy MP

11.07.2012, 08:30 Heures
Signaler un abus 49 Recommandation 0

il faut plus d'organisation , plus des policier en civil,demander l'aide ou conseils a d'autres pays comme new york la ville a démineur la drogue depuis .... plus de sécurité et au niveau central téléphonique de la police aussi, je trouve trop lente au même absente des fois!! je pense qu'ils sont débordé mais il faut du renfort!!! URGENT si non bye , bye la suisse!! Répondre



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