Bilan du Conseil d'Etat
David Hiler: «J’ai toujours milité contre les déficits»
Interview: Eric Budry et Pierre Ruetschi. Mis à jour le 03.02.2012 11 Commentaires
Forces et faiblesses
Forces:David Hiler se distingue par son ampleur de vue liée en partie à sa formation d’historien, par ses capacités à mener des analyses rapides et pointues et par son talent à convaincre. Un signe qui ne trompe pas: au Parlement, il est toujours écouté avec le plus grand intérêt par le public difficile et souvent dissipé des députés. Enfin, ses services sont peu mentionnés par la Cour des comptes…
Faiblesses:Il peut avoir un tempérament volcanique si on le contrarie. N’est pas toujours soucieux de son apparence. Peut apparaître comme le dernier des Mohicans social-démocrate dans un parti facilement technocratique. M. BN
Articles en relation
David Hiler, ne regrettez-vous aucune des décisions prises lors de la période de bénéfices qui s’achève?
Nous avons commis une erreur en présentant d’abord le programme de législature et ensuite seulement son financement. La barre de 2% d’augmentation des charges était difficile à tenir. Mais si vous pensez à la baisse d’impôts pour les classes moyennes, je ne la regrette pas. Dans cette période où l’on avait beaucoup d’excédent, il fallait améliorer son sort.
Etes-vous devenu un élu de droite?
Depuis que je suis entré en politique en 1987, j’ai toujours milité contre les déficits. Et cela, à Genève, il paraît que c’est être de droite. Mais si l’on veut une forte présence de l’Etat dans la société, il faut bien des ressources financières! D’un autre côté, il n’y a qu’ici que le fait de baisser les impôts des familles passe pour être une mesure de droite.
Les hausses d’impôts proposées pour redresser les finances seront-elles acceptées par le peuple?
La population n’accepterait jamais une hausse généralisée de l’imposition. Mais là, nous nous attaquons à des niches fiscales qui ne profitent pas à l’immense majorité des Genevois. Comme l’adaptation de la valeur des immeubles ou le gel temporaire du bouclier fiscal. Nous avons des chances raisonnables devant le peuple.
Et si c’est le Grand Conseil qui refuse?
Il faudra qu’il prenne ses responsabilités. Le Conseil d’Etat n’a pas l’intention de présenter de nouvelles coupes si les recettes financières nécessaires au retour à l’équilibre sont bloquées. Ce sera au Parlement de décider ce qu’il veut!
Que se passerait-il si la réforme des caisses de pension publiques échouait?
Ce serait une catastrophe. La CIA partirait en faillite et toutes les rentes seraient payées par l’Etat. C’est le dossier le plus lourd que j’aie eu à traiter en termes de responsabilité. Il concerne 40?000 actifs pour les deux caisses et porte sur 4 milliards de francs en termes de risque. Je reste confiant: le travail constructif fait avec les syndicats finira par aboutir.
Y a-t-il aujourd’hui une crise gouvernementale?
Ce gouvernement travaille, les décisions se prennent normalement. Sur les grandes options, nous sommes unis. Le Conseil d’Etat fonctionne, mais plusieurs chefs de départements vivent effectivement l’épreuve du feu.
Serez-vous candidat pour une troisième législature?
Pour prendre ma décision, je me réserve un délai jusqu’à la fin de l’été. J’avais effectivement indiqué à mon parti que je ne resterais en principe que huit ans. J’ai toujours beaucoup de plaisir à faire mon travail, mais je ressens aussi l’usure de l’organisme d’un ministre des Finances confronté à la plus grave crise depuis celle des années 30. (TDG)
Créé: 03.02.2012, 07h53
Publier un nouveau commentaire
Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction
11 Commentaires
Un canton qui grossit à ce point nuit à l'environnement : besoin de plus d'électricité, de traitement des eaux, de déplacements qui empestent. Sommet de cette obésité qui dégouline : vous faites encore venir les hedge funds.
Réformer la CIA sans supprimer la primauté de prestations pour les nouveaux fonctionnaires, c'est vendre du vent.
Ni vert, ni à gauche, et même pas à droite.
Répondre
Concernant l'article de M. Bretton: S'il vous plaît arrêter d'accréditer l'idée que l'Etat de Genève dispose d'une réserve conjoncturelle. C'est une illusion entretenue par le Conseiller d'Etat Hiler. Quand on a plus de 11 milliards de dette, il n'y a pas de réserve! Répondre
ABONNEMENTS MOBILE
Grâce à notre outil comparatif indépendant, nous vous aidons à trouver l’abonnement optimal pour votre téléphone portable.





Veuilliez attendre s'il vous plaît 

























