Comment le Cirque Knie attire les artistes

Show-businessSalaire, réputation: dans un marché mondial concurrentiel, l’institution a les moyens de faire partie de l’élite

L’équilibriste bulgare Encho Keryazov, 40 ans.

L’équilibriste bulgare Encho Keryazov, 40 ans. Image: Laurent Guiraud

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Encho Keryazov est une star, une référence mondiale de l’équilibrisme. Cette année, le Bulgare à la musculature saillante réalise un rêve: être présent sur la piste du Cirque Knie. «Dans le passé, je venais ici comme spectateur. Pour moi, c’était sous ce chapiteau qu’on pouvait jauger la concurrence, et analyser le chemin restant à parcourir. Faire partie de la programmation est une consécration.»

Et c’est un artiste aguerri qui parle. A 40 ans et après vingt-cinq années de carrière, Encho Keryazov a l’expérience des chapiteaux de prestige, notamment celui du Roncalli, en Allemagne, durant sept saisons: «Dans le milieu du cirque traditionnel, Knie fait partie du top 5 mondial, aux côtés notamment de l’américain Ringling, de l’allemand Krone ou du cirque d’hiver Bouglione en France.»

Trouver des pépites

Une réputation qui aide l’institution suisse – en représentation à Genève jusqu’au 18 septembre, puis à Nyon dès le 19, suivi par Yverdon et Lausanne – à se maintenir à niveau. Si chaque année Fredy Knie et les autres membres de la famille parcourent le monde dès la fin de la tournée pour trouver les futures pépites, la majorité des artistes viennent d’eux-mêmes frapper à la porte du chapiteau suisse. «Nous travaillons aussi sur vidéo, surtout avec les artistes basés hors d’Europe, confie Fredy Knie. YouTube a rendu ce mode de fonctionnement plus accessible. Mais nous ne signons aucun engagement sans avoir rencontré les artistes.»

Le Festival international du cirque de Monte-Carlo, qui se tient chaque année en janvier, est l’occasion pour les recruteurs d’avoir sous leurs yeux les meilleurs talents. «Tous les professionnels du cirque s’y retrouvent et c’est la guerre pour engager les meilleurs artistes, raconte Alexandre Hourdequin, directeur de la société Talents et productions, basée à Monte-Carlo. A la fin du spectacle, tout le monde se rue en coulisses et Knie a toujours une longueur d’avance.»

Avec le salaire pour argument? «Nous sommes une société familiale non cotée, on ne fournit pas de chiffres», lâche Fredy Knie. Pour autant, le montant de 600 francs d’honoraires par jour de représentation circule. Une estimation qu’Alexandre Hourdequin, agent d’artistes, juge «correcte», avant de préciser que «cette somme s’applique aux têtes d’affiche». Stefan Hort, président du comité de l’association suisse des professionnels des arts du cirque, ProCirque, parle d’une fourchette «allant de 200 à 600 francs».

Carte de visite

Et puis, «tous les grands cirques sont capables de s’aligner sur ces tarifs», affirme Alexandre Hourdequin. Knie part de plus avec un handicap: la tournée de 42 étapes en Suisse étant bouclée en l’espace de huit mois, l’artiste signe pour une saison uniquement. Dans les pays plus vastes, l’exercice peut durer plusieurs années.

Un passage de courte durée, dont les artistes savent pourtant tirer profit. «C’est une question de carte de visite, analyse Encho Keryazov. Associer son nom au Cirque Knie lui ajoute de la valeur. Par son souci du détail et son expérience, notamment en termes de musique ou de costume, la direction enrichit les numéros des artistes.»

Un seul regret finalement pour l’artiste bulgare: «Que ma carrière soit derrière moi!» (TDG)

(Créé: 09.09.2014, 08h31)

Mots-clés

Une branche et deux marchés

Il existe deux marchés parallèles du cirque. Le premier, qualifié de «traditionnel», auquel appartient le Cirque Knie, et le second, dit «contemporain». Dans ce dernier, les artistes ne sont pas engagés avec leur numéro propre. Une troupe est formée et prépare un spectacle original. Economiquement, les deux modèles sont différents. Le cirque traditionnel est souvent une entreprise privée qui ne perçoit pas de subventions (à l’instar de Knie). Le contemporain a besoin d’être soutenu par les institutions, notamment pour permettre aux artistes de vivre durant les phases de création. C’est le cas par exemple en France, pas encore en Suisse. «S’il n’existe pas de statistiques officielles, on sait que les spectacles contemporains réunissent une majorité des 200 professionnels du cirque suisse», précise Stefan Hort, de l’association ProCirque. F.TH.

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