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Comment l'école genevoise se met à parler d'homosexualité
Par Laurence Bézaguet. Mis à jour le 24.09.2012 15 Commentaires
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«Pas question de parler d’homosexualité à l’école; je ne veux pas que ça donne de mauvaises idées à mes enfants!» A l’image de cette réaction d’un père de famille, certains parents ne sont pas favorables, aujourd’hui encore, à ce qu’on aborde cette thématique en milieu scolaire. «Il y a de la souffrance à l’école; il arrive que des élèves soient mis à l’écart ou pris comme boucs émissaires parce qu’ils sont étiquetés comme gay. Même si on n’est pas à l’aise avec la diversité sexuelle, il faut en parler, on ne peut pas faire comme si ça n’existait pas. D’ailleurs, la plupart des familles se montrent ouvertes», riposte Elisabeth Thorens-Gaud, attachée aux questions d’homophobie et de diversité pour les cantons de Genève et Vaud. Qui annonce le démarrage de deux projets-pilotes — l’un au Cycle des Coudriers, l’autre au Collège de Saussure — destinés à former les enseignants, mais aussi le réseau de santé scolaire, à cette tache… pas toujours aisée.
Car Francine Betran, présidente de la Fédération des associations de parents d’élèves du postobligatoire, constate que des réticences demeurent, «surtout de la part de certaines directions d’établissement». Il faut dire que de nombreux enseignants se sentent mal à l’aise pour discuter d’homosexualité avec leurs élèves. «Ils craignent de faire faux et que cela ait des répercussions sur une population vulnérable qui représente 5 à 10% de la population», commente Elisabeth Thorens-Gaud. Les tentatives de suicide sont, il est vrai, quatre à sept fois plus élevées chez les LGBT (lesbiennes, gay, bisexuel-le-s, transgenres) et le taux de dépression est environ deux fois plus élevé que chez les jeunes hétérosexuels.
«L’institution scolaire doit être capable d’orienter avec efficacité les jeunes en questionnement ou en grande difficulté vers des soutiens appropriés», ambitionne l’attachée aux questions d’homophobie et de diversité.
Et la spécialiste peut compter sur un allié de poids en la personne du pionnier américain Kevin Jennings — qui lutte depuis des décennies contre l’homophobie — pour défendre son point de vue: «L’école peut être un vrai soutien; des cours doivent donc être dispensés aux enseignants afin de les aider à créer un environnement ouvert à la diversité pour favoriser le bien-être des élèves LGBT. La peur n’est pas un bon allié pour réussir à l’école!» Une opinion que partagent manifestement les organisateurs d’Everybody’s Perfect.
Festival du film LGBT
Le festival du film LGBT qui se déroule jusqu'au 30 septembre à Genève a ainsi sélectionné six films pédagogiques qui s’adressent aux écoles, parents, élèves du Cycle d’orientation et du postobligatoire, ainsi qu’aux enseignants du primaire. Parmi eux, le documentaire américain sorti en 1996 (!), «It’s Elementary», est un modèle du genre pour aborder l’homosexualité à l’école. Réfléchissant aux stéréotypes et à la discrimination, professeurs et enfants (de 6 à 16 ans) démystifient les préjugés homophobes et le mythe du prosélytisme homosexuel. (TDG)
Créé: 21.09.2012, 07h38
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15 Commentaires
J'en ai déjà parlé à mes enfants âgés de 8 et 11 ans. Je ne veux pas qu'ils se sentent rejetés s'ils devaient être homo, en tout cas par nous, les parents. Je plains les enfants dont les parents sont si durs qu'ils n'envisagent même pas cette possibilité, et je plains les familles qui pensent que parler d'une chose pourrait donner de "mauvaises" idées à leurs enfants. Répondre
Les enfants n'ont pas besoin de nous pour avoir de "mauvaises idées", comme le craint le prère de famille interviewé dans cet article. Il est par contre essentiel que les adultes leur donnent le bon exemple en matière de tolérance et de respect de la différence. Cette sensibilisation et démystification de l'homosexualité est une excellente démarche. Répondre
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