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Justice

Cinq braquages: la bande des Charmilles au tribunal

Par Catherine Focas . Mis à jour le 03.07.2012 9 Commentaires

Des jeunes au casier judiciaire chargé ont terrorisé le quartier durant trois mois. Leurs victimes témoignent.

Les trois majeurs de la bande. L’un d’eux conteste toute implication dans les brigandages.

Les trois majeurs de la bande. L’un d’eux conteste toute implication dans les brigandages.
Image: Patrick Tondeux

Agressée deux fois en un an

«Je ne suis plus la même personne, j’ai des séquelles au quotidien.» Cette pharmacienne a été braquée deux fois à un an d’intervalle par l’un des jeunes qui comparaît aujourd’hui. Entre les deux agressions, il lui a écrit une lettre d’excuses… «Et une année après vous recommencez!» s’exclame l’avocat de la plaignante. «C’est l’éducateur qui m’a aidé à faire cette lettre…» dit-il. Depuis les agressions, les employés de cette pharmacie ont vécu dans la terreur, sursautant à chaque apparition suspecte, la porte fermée à clef. Avant les arrestations, la bande rôdait tout le temps autour de la pharmacie. «Ce n’était pas pour faire peur, mais pour rejoindre le terrain de foot», assure un prévenu. C.F.

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Un grand gaillard de 20?ans, une balafre sur la joue. Il se lève et se jette dans les bras de sa mère, qui se trouve à la barre des témoins. Elle n’est venue le voir qu’une seule fois depuis qu’il se trouve en prison. Son père, aucune. Ils sont très fâchés. Ils ont l’impression de tout faire pour lui. En vain.

«Quand il était petit, il faisait beaucoup de bêtises, explique cette dame. Maintenant, il a grandi. Lorsqu’il se trouve à la maison, c’est le plus calme et le plus respectueux de mes enfants. Je ne comprends pas ce qui se passe au dehors. Je lui donne toujours de l’argent de poche; je ne sais pas pourquoi il veut toujours plus.»

Des vies brisées

Elle demande aux membres du Tribunal correctionnel de lui donner une chance, de se montrer cléments avec ses «bêtises». La juge Gavin: «Oui, mais, Madame, des bêtises, c’est voler de la confiture. Ici, c’est un peu plus que des bêtises.» Il s’agit de cinq braquages plus précisément, commis entre le 25 mai et le 26 août 2011. La Pharmacie des Sports, la Coop de l’avenue de Châtelaine, la Pharmacie de Vieusseux, la Coop de l’avenue d’Aïre, le Denner du centre Planète Charmilles. Une véritable déferlante estivale qui a pris fin avec l’arrestation de la bande composée de majeurs et de mineurs. Ce sont les trois jeunes adultes qui comparaissaient hier.

Derrière, sur le banc, quatorze plaignants. La vie de la plupart d’entre eux a été littéralement brisée par ces agressions. Des pharmaciennes, des employées qui se lèvent à l’aube pour se rendre à leur travail: «Ce qui s’est passé a bouleversé ma vie, raconte l’une d’elles. Après ce braquage, je n’ai plus été la femme forte, organisée, prévoyante que j’étais. Je n’arrivais plus à être présente pour mes trois enfants.» Qu’attend-elle de ce procès? «Ne plus faire de cauchemars, ne plus avoir peur de mourir. Mettre un visage sur mon agresseur. Entendre quelqu’un qui me dise: «Excusez-moi, Madame, pour le mal que je vous ai fait.»

Des vacances à Málaga

L’entendra-t-elle? Peu de chances puisque le prévenu soupçonné de l’agression du magasin Denner nie son implication et plaide l’acquittement. La Coop d’Aïre non plus, ce n’était pas lui. Les deux autres reconnaissent leur culpabilité. L’un pour quatre des cinq brigandages, l’autre pour deux d’entre eux. Ils sont entrés dans les commerces le visage dissimulé par une cagoule et des lunettes de soleil, portant des gants et armés de couteaux. Ils ont crié, menacé de sortir leur «flingue», de «planter» leurs victimes qu’ils ont obligées à se coucher par terre. Puis ils ont vidé les coffres: 3100?francs, 9500?francs, 20?500?francs, 37?700?francs, 61?800?francs…

Lourd casier judiciaire

Et que faisaient-ils avec tout cet argent? L’un s’est acheté une voiture. L’autre a remboursé des dettes contractées en achetant du cannabis. Il est également parti en vacances à Málaga. Mais pas avec l’argent des braquages, assure-t-il. Le premier est originaire de Somalie, le deuxième du Soudan, le troisième est Portugais. Leur casier judiciaire est chargé: agressions, vols, incendies, séjours dans des centres de détention pour mineurs. Sans compter les procédures en cours. Scolarité et apprentissages avortés. Aucun travail stable. Ils habitent chez leurs parents. Leur mobile? L’argent. Sans compter, comme dit l’un d’eux, que: «Faire des brigandages dans le quartier, c’est montrer qu’on a des couilles.»

Hier dans la soirée, la procureure a réclamé des peines de six ans, trois ans et demi et deux ans et demi de prison. Le procès se poursuit.

(TDG)

Créé: 03.07.2012, 07h02

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9 Commentaires

Fischer Marc

03.07.2012, 07:17 Heures
Signaler un abus 53 Recommandation 0

«Quand il était petit, il faisait beaucoup de bêtises, explique cette dame. Maintenant, il a grandi. Lorsqu’il se trouve à la maison, c’est le plus calme et le plus respectueux de mes enfants. Je ne comprends pas ce qui se passe au dehors. Je lui donne toujours de l’argent de poche; je ne sais pas pourquoi il veut toujours plus.»La mère devrait être jugée aussi. Répondre


Bernard Giossi

03.07.2012, 09:19 Heures
Signaler un abus 46 Recommandation 0

«Excusez-moi, Madame, pour le mal que je vous ai fait.» C'est vrai que là et principalement là est le problème. On va les juger pour vol et brigandage. Ils devraient être "écartés" de la société à cause des conséquences de leurs actes sur ceux qui les ont subies, c'est ça le crime le plus grave. Ce sont des terroristes dans le vrai sens du terme. Ils ont dé-sécurisés et terrorisés leurs victimes. Répondre



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