Ciel ma gargouille: la voici de retour sur son fronton

CornavinLa basilique Notre-Dame de Genève retrouve en façade ses pièces décoratives restaurées chez les sculpteurs sur pierre.

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En avance sur l’horaire matinal prévu. Il n’est pas encore 10h, ce vendredi, lorsque la gargouille de la basilique Notre-Dame quitte son camion-grue pour rejoindre la façade nord. Ces 350 kilos de pierre de Savonnières sont manipulés avec précaution. Des élingues de levage dans des mains professionnelles. A la régie technique, le sculpteur sur pierre Vincent Du Bois. Il n’est pas tout seul. Sur l’échafaudage emballant le portique d’entrée, deux tailleurs de pierre. Paulo et Pipas. Ils connaissent ces façades par cœur. Depuis septembre 2011, c’est ici leur lieu de travail. Restauration longue. A bout touchant.

La gargouille rejoint son fronton et son angle à 45 degrés. Comme pincée dans ce jeu de triangles architecturaux. La lumière du jour et le bleu du ciel saluent ce vernissage confidentiel au mortier. Les habitués de l’esplanade, nombreux et loquaces, ont d’autres préoccupations quotidiennes que la statuaire au motif animalier. On procède aux premiers raccords. Pas de mauvaise surprise. La colle de scellement remplit les vides et fait le joint. «On la laisse sécher jusqu’à lundi», glisse Paulo sans quitter sa truelle. Avant d’ajouter : «Après quoi, on injecte du sable et du ciment pour solidifier le tout.»

Sur le même fronton, mais à l’extrémité opposée, un trou de molaire arrachée. L’emplacement réservé à la gargouille jumelle, déposée elle aussi, refaite à l’identique dans l’atelier carougeois du sculpteur Pierre Buchs. Il a eu moins de chance avec son bloc de pierre blanche que son confrère lancéen. En taillant, il est tombé sur une grosse veine cachée, ; ce qui l’a obligé à recommencer. Pâques approche, le couple de faux jumeaux est en passe de se reformer.

Il sera temps, d’ici à la fin avril, de retirer le mobilier du chantier. Echafaudage et containers vont disparaître ; ainsi que les barrières vaguement dissuasives entourant la basilique. Les mauvaises habitudes urbaines, elles, demeurent. Elles se devinent au nez, elles se voient à l’œil. A hauteur d’homme, sur la façade côté Chantepoulet, des sillons, alignés comme une ardoise de joueurs de cartes. On continue ici à gratter la pierre au briquet et au couteau pour en extraire une petite poudre brune qui fera illusion, le temps d’une transaction trompeuse, sur le marché local de la drogue. Juste à côté, une souche d’arbre et ses antivols jetés à l’intérieur comme les mégots dans un cendrier. Rien n’a vraiment changé tout autour de cette adresse magnifiquement restaurée. (TDG)

(Créé: 22.03.2013, 12h46)

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