Charles Beer s'étonne de voir «comment la culture jeune est devenue majoritaire»

EtudesLe sociologue Pierre Escofet présente un ouvrage commandé par le Canton sur la violence dans les écoles genevoises

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Où en est la violence juvénile dans le canton? C’est pour tenter de comprendre l’évolution du phénomène que le Département de l’instruction publique a mandaté le sociologue Pierre Escofet. «On a décidé de le soutenir en acceptant d’être remis en cause dans les résultats», déclare le conseiller d’Etat Charles Beer.

A la lecture de cet ouvrage, Charles Beer affirme avoir découvert «l’importance du phénomène horizontal» (ndlr: l’influence des jeunes sur les jeunes ), et s’étonne de voir «comment la culture jeune est devenue majoritaire».

L’auteur affirme ne pas s’être censuré. Pierre Escofet s’est penché sur les différences entre la jeunesse des années 1960-1970 et celle d’aujourd’hui. Il met en avant de nouvelles conditions de socialisation et la non-soumission aux institutions traditionnelles. Selon lui, «les contraintes familiales, scolaires et religieuses ont perdu du terrain face à la contrainte des jeunes sur les jeunes, et l’influence de la culture de la rue. On est une génération un peu faible par rapport aux jeunes. La violence scolaire n’est pas un problème local; mon livre pourrait concerner toute l’Europe.» L’essai pointe les problèmes sans toujours proposer de solution: «Le chercheur ne peut pas se substituer aux institutions. Poser le constat est déjà très important.»

Selon Olivier Ischer, directeur du service de médiation scolaire, le milieu enseignant peut mal interpréter cet ouvrage: «Le Cycle d’orientation se sent stigmatisé, ce n’est pas le propos, mais c’est vécu comme ça.» D’où une tournée de présentation du livre auprès des enseignants comme des parents, qui commencera par Meyrin vers la fin du mois de mai ou le début du mois de juin.

Charles Beer estime que «malgré une baisse de 30% de la délinquance juvénile en 2011, il n’y a pas de quoi se sentir rassurés ni satisfaits du travail accompli. La gravité des actes est sans cesse repoussée plus loin.» Il dit ne pas être «complexé par l’exercice de l’autorité».

Quant à Pierre Escofet, il estime qu’«il faut regarder ces chiffres sur une plus longue période. Mais selon les enquêtes de victimisation, les jeunes qui se font agresser portent moins facilement plainte qu’avant.»

«Le microcosme juvénile. Sociabilité adolescente, école et violences», de Pierre Escofet, aux Editions Infolio. (TDG)

(Créé: 16.04.2012, 07h21)

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