Election partielle du 17 juin
Charles Beer: «Notre campagne nous a plombés»
Par Marc Bretton. Mis à jour le 22.06.2012 14 Commentaires
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Manuel Tornare, conseiller national et ancien maire de Genève dénonce le fonctionnement clanique du Parti socialiste. A lire ici. (Image: girardin)
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Dimanche, la candidate du PS Anne Emery-Torracinta a été sèchement battue par le candidat du PLR Pierre Maudet lors de l’élection partielle au Conseil d’Etat. Globalement, la gauche a réalisé son score le plus faible depuis des décennies. Comment en est-on arrivé là? Interview du conseiller d’Etat socialiste Charles Beer.
Charles Beer, le PS a perdu un siège au Conseil d’Etat en 2009, il échoue à le récupérer aujourd’hui alors qu’il lui semblait acquis. Pourquoi?
- Il y a un an, lors des élections au Conseil administratif, la gauche était en tête dans les villes à Vernier, à Onex, etc. Un an plus tard, elle réalise le pire score de son histoire. Comment a-t-on pu passer à côté à ce point? Pierre Maudet avait deux avantages: une certaine légitimité en voulant reprendre le siège de Mark Muller et une certaine notoriété. Mais c’est surtout notre campagne qui nous a plombés. Le PS a interprété la chute de Mark Muller comme la possibilité de changer de majorité. Et donc, il s’est plus attaché à soigner ses alliances à gauche qu’à promouvoir sa candidate! Alors que Pierre Maudet faisait disparaître l’étiquette de son parti, le PS affichait la sienne. Or, si un congrès du PS se gagne à gauche, une élection se gagne au centre. Il faut tirer les leçons de cet échec, et vite .
Vous l’avez dit pendant la campagne?
- Oui .
On vous a répondu?
- Quand j’ai souhaité prendre la parole pour appuyer Anne, on m’a fait savoir que cela n’était pas nécessaire, il ne fallait pas diviser. Il me semblait pourtant que j’avais une expérience à faire valoir ayant été élu moi-même lors d’une partielle, et deux fois .
Selon le président du PS, la défaite est due à la presse. Selon Manuel Tornare, le parti n’a pas choisi le bon candidat. Que répondez-vous?
- Pierre Maudet a eu bonne presse, c’est vrai. Mais la Tribune de Genève a aussi suivi les déboires de Mark Muller. Quant au reste, il faut savoir avoir un peu de distance.
En 2009, vous aviez appelé à l’organisation d’une primaire pour consolider le choix du candidat du PS au Conseil d’Etat. Une solution utile en 2013?
- L’idée d’une primaire visait à consolider les liens entre les associations, la population et le parti. La démocratie évolue et les partis doivent bouger avec. Ceux qui le font gagnent, comme le PS français. Pour 2013, il ne reste peut-être pas assez de temps. Mais la nouvelle Constitution va peut-être changer la donne. Si elle est adoptée, le premier tour des élections au Conseil d’Etat pourra servir de primaire. Avec des risques de déchirements entre candidats du même parti. Une primaire pourrait être une meilleure solution.
La gauche peut-elle gagner en 2013?
- Oui, si le PS tire les leçons de ses erreurs. La présidence et le comité directeur ont les ressources nécessaires, mais le PS doit penser et travailler son message sans se laisser obnubiler par l’idée de ce qu’en pensera tel ou tel à sa gauche.
Quel programme faut-il mettre en avant?
- En 2013, nous devrons répondre de manière crédible aux besoins exprimés dans les communes suburbaines frappées par la précarité. C’est là que sont regroupées les populations les plus démunies, c’est là que les socialistes doivent mener la lutte. A Vernier, à Onex, à Lancy, à Versoix, à Chêne-Bourg. Nous ne pouvons pas laisser ces territoires et ces habitants au MCG.
Selon certains, un candidat naturel s’impose en 2013. Et il s’appelle Manuel Tornare. Vous être d’accord?
- Manuel Tornare est un homme d’expérience. Le PS tranchera s’il se présente. Le PS a des candidats potentiels de valeur! Il y a la relève avec Carole-Anne Kast à Onex, Thierry Apothéloz à Vernier. Il y a des magistrats plus connus: Sami Kanaan et Sandrine Salerno. Il y a aussi des personnalités expérimentées, comme Carlo Sommaruga ou Manuel Tornare. Il faudra combiner tout cela.
Vous comptez jouer un rôle dans ce choix?
- Mon seul rôle, c’est de tout faire pour que le PS ait un ou deux conseillers d’Etat en 2013. Mon rôle n’est pas de choisir qui doit faire la course.
(TDG)
Créé: 22.06.2012, 07h25
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La rédaction
14 Commentaires
Excellente analyse et propos très fins. Sauf dans l'avant dernier §. Dire qu'une élection se gagne au centre (ce qui est vrai) et avancer les noms du couple maudit Salerno-Sommaruga, c'est parfaitement contradictoire. Répondre
"A Vernier, à Onex, à Lancy, à Versoix, à Chêne-Bourg. Nous ne pouvons pas laisser ces territoires et ces habitants au MCG ", ah bon et pourquoi ? Le MCG n'a pris personne en otage... et si les habitants votent MCG c'est peut-être parce qu'il est proche de leurs préoccupations et est sorti du monde des Bisousnours ou continuent à errer le PS .....n'est-ce pas Monsieur Teddy Beer ! Répondre





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