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Bilan à mi-législature

Charles Beer: «Je n'ai jamais été aussi motivé»

Par Pierre Ruetschi et Sophie Roselli. Mis à jour le 25.01.2012 11 Commentaires

A la mi-législature du Conseil d'Etat, la Tribune de Genève invite chaque magistrat. Aujourd'hui, le socialiste Charles Beer.

Charles Beer prend la pose dans son bureau

Charles Beer prend la pose dans son bureau
Image: Laurent Guiraud/Tribune de Genève

Forces et faiblesses

Points forts: Charles Beer a su instaurer un système de consultation très vaste pour tenir compte de l’avis de l’ensemble des acteurs. Le socialiste rassemble aussi bien à gauche qu’à droite. Il a mené une série de réformes dont celle du Cycle d’orientation, du primaire, de l’école de commerce.

Points faibles: Il veut que le Canton joue un rôle plus fort dans la culture et le sport. Une ambition qui dérange.
Il a le défaut de sa qualité: en consultant à outrance, il agace. Adepte de la realpolitik, le socialiste déçoit au sein de son parti. S. R.

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Charles Beer, les Genevois voteront le 11 mars sur l’école le mercredi matin. C’est un échec pour vous?

Au contraire, je revendique le référendum. Car rajouter une demi-journée d’école par semaine ce n’est pas seulement changer la vie des élèves et de leurs parents, mais c’est changer l’organisation de la société. Connaissant l’opposition des enseignants je tenais à ce qu’ils puissent saisir le référendum car on n’a rien à gagner à installer une réforme aussi ambitieuse dans l’adversité permanente qui aurait peut-être pu déboucher sur de nouvelles remises en question, comme une initiative populaire. J’ai donc cherché la décision populaire. Avec le risque de perdre.

Est-ce lié au traumatisme du scrutin sur les notes, que vous avez perdu en 2006?

Non. Ce n’est pas un traumatisme. C’est plutôt une méthode de gouvernance. Sur les grands points qui divisent, il est important de connaître l’avis de la population.

Cette méthode de gouvernance fait que vos décisions prises ces dernières années sont plutôt de droite!

C’est le stade ultime de la provocation! (sourire) Pour le Cycle d’orientation, nous avons fait en sorte que l’orientation soit réelle, que l’adhésion de la population soit forte, qu’il y ait un consensus socialiste et radical. Cette volonté est donc plutôt centriste. Concernant l’école le mercredi matin, c’est aussi une réforme de gauche. C’est une extension du service publique, des prestations, c’est plus d’emploi, une garantie des conditions de travail, une aide aux élèves en difficulté.

A-t-on les moyens de financer l’école le mercredi matin, alors que la situation économique est difficile?

Oui, car nous payons très cher le fait d’avoir des élèves en échec scolaire, principalement au niveau du postobligatoire. A court terme la mesure elle-même va coûter plus cher, mais c’est un passage obligé.

Etait-ce bien utile de créer 89 postes de directeurs au primaire?

Les enseignants ont besoin de travailler en équipe et de trouver des réponses dans la proximité. Je rappelle que les enseignants revendiquaient davantage de directeurs, plus d’une centaine. A la rentrée, nous avons réduit leur nombre à 82, en raison de la reconfiguration de certains établissements (ndlr: Plusieurs écoles peuvent constituer un établissement).

A quand une direction unique réunissant le primaire et le Cycle d’orientation?

Nous cherchons à additionner des cultures et non pas à les fusionner. La réunion des deux directions générales est imminente. Cela permettrait d’avoir une continuité dans les programmes, une prise en charge des élèves sans incohérence entre le primaire et le Cycle.

Vous essayez de vous placer sur le terrain de la culture, sans grand succès. Pourquoi?

Vous êtes en décalage complet avec la réalité. Concernant la culture, un projet de loi fédérateur entre l’Etat, les 45 communes et les acteurs culturels, vient d’être bouclé. Nous avons mis le temps, mais c’est une vraie réforme de fond, saluée par l’ensemble des acteurs culturels. Cette loi déploiera ses effets financiers en 2015-2016.

D’ici là, beaucoup de choses peuvent changer.

Ce qui ne changera pas c’est le fait que les acteurs culturels demandent une plus grande participation de l’Etat. Et le fait que les milieux économiques réclament de l’Etat qu’il joue un plus grand rôle, régulateur, défenseur des conditions-cadres. Aujourd’hui nous sommes arrivés à fédérer cette volonté de façon consensuelle. C’est un succès.

Et concernant le sport, pourquoi avez-vous peu bougé?

L’Etat n’avait pas de politique du sport. En deux ans, nous avons renforcé le dispositif sport-études, conclu les premiers contrats de prestations avec des clubs pour la relève; déposé un projet de loi pour la création d’une fondation pour les grandes manifestations sportives, relancé les jeux de Genève, revu les critères d’attribution du Fonds de l’Aide au Sport, décidé de la construction d’une nouvelle patinoire et nous préparons comme pour la culture, une loi sur le sport.

Fatigué de gouverner?

Pas du tout. Je n’ai jamais été aussi motivé! J’entends arrêter à la fin de la législature au meilleur de ma forme, comme un sportif. Par ailleurs, le parti socialiste a une nouvelle garde de personnes très compétentes, comme par exemple Thierry Apothéloz, Carole-Anne Kast ou encore Anne Emery-Torracinta. (TDG)

Créé: 25.01.2012, 14h49

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11 Commentaires

charlot baeren

26.01.2012, 00:17 Heures
Signaler un abus 3 Recommandation

Ils enfoncent les autres par ses jugements et on le laisse tranquille pendant ce temps.Cela lui donne des ailes. Répondre


Peter Albion

26.01.2012, 08:42 Heures
Signaler un abus 1 Recommandation

C'est vrai que le PS a une nouvelle garde intéressante, des gens proches des réalités (!!), notamment dans les communes. Quand on voit par exemple le travail effectué par Thierry Apothéloz depuis quelques années à Vernier pour développer la commune (le reportage de Temps présent sur les Avanchets était encourageant), on se dit que ce serait bien de voir cette approche au niveau cantonal. Répondre



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