Chantiers en vue pour lutter contre les micropolluants

GenèveLes plus grosses stations d’épuration genevoises vont être modernisées grâce à la Confédération.

Raymond Gerber, chef de la station d'épuration de Villette.

Raymond Gerber, chef de la station d'épuration de Villette. Image: Pascal Frautschi

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Ces prochaines années, la lutte contre les micropolluants va entrer dans une phase concrète à Genève. Pour empêcher ces particules infinitésimales d’aboutir dans le lac et les cours d’eau, de lourds et coûteux travaux vont être engagés à l’horizon 2020 sur les plus grosses stations d’épuration (STEP). Celles de Villette, à Thônex, et d’Aïre sont directement concernées. Dans un second temps, celle du Bois-de-Bay devra aussi être transformée.

Issus de produits d’usage courant qui sont véhiculés par les eaux usées – détergents, médicaments, savons, cosmétiques, produits de jardinage, agricoles et industriels – les micropolluants peuvent contaminer les ressources en eau potable et menacer la reproduction des poissons. Or, ces substances chimiques en concentrations infimes passent entre les mailles de nos STEP.

La Confédération a donc décidé que les cent plus importantes d’entre elles dans le pays devaient être équipées de nouvelles techniques. En 2040, chaque STEP desservant au moins 80 000 habitants devra être capable d’éliminer les micropolluants. Pour subventionner les travaux nécessaires, la taxe d’épuration des eaux usées sera majorée dès le 1er janvier (lire nos éditions du 3 décembre). Elle augmentera de 11 centimes par litre d’eau consommée, soit 9 francs par habitant et par an.

Préserver l’eau potable

La STEP de Villette sera la première à Genève à bénéficier de ces travaux. Construite il y a 53 ans, c’est la plus ancienne du canton. Actuellement, son bassin de population n’est que de 50 000 habitants, plus l’équivalent de 10 000 représentés par des activités économiques. Mais elle est surchargée et doit prochainement être modernisée et agrandie, ce qui la fera entrer dans les critères fixés par la Confédération. De toute manière, elle est déjà jugée prioritaire, car elle rejette l’eau traitée dans celle de l’Arve, qui est réinjectée dans la nappe phréatique du Genevois, où l’on puise 20% de l’eau potable du canton. «Les premières études pour les travaux à la STEP de Villette vont démarrer en 2016, dans le cadre de sa reconstruction», annonce Alain Wyss, directeur ad interim de la Direction générale de l’eau.

La situation est jugée moins pressante à la STEP d’Aïre, qui dessert environ 420 000 habitants, car elle rejette les eaux traitées dans le Rhône, lequel n’alimente pas le réseau d’eau potable. Les installations actuelles ont une douzaine d’années et seront aussi agrandies d’ici quelques années. Quant à la STEP du Bois-de-Bay, inaugurée en 2009, rien n’y est prévu dans l’immédiat, vu qu’elle concerne moins de 70 000 habitants. «Si, par zèle, nous anticipions les travaux avant d’avoir atteint la barre des 80 000 habitants, ce qui devrait arriver vers 2030 d’après nos estimations, nous ne toucherions pas de subventions de la Confédération», explique Alain Wyss.

Techniques à l’étude

Même si l’on n’est pas encore fixé sur la nature des nouvelles techniques de traitement des eaux à installer, on sait qu’elles nécessiteront de gros chantiers. «Il s’agit d’ajouter une étape de traitement complète au circuit, précise Elise Kerchenbaum, porte-parole des Services industriels de Genève (SIG), qui exploitent les STEP genevoises. C’est une infrastructure importante qui demande de la place.»

Pour supprimer les micropolluants, deux solutions sont à l’étude: la première consiste à les oxyder par ozonation et la seconde, à les fixer dans un filtre à charbon actif. «Il reste des questions à résoudre, poursuit Elise Kerchenbaum. Par exemple, avec le charbon actif, il faut ensuite trouver le moyen d’éliminer celui-ci.» Des essais pilotes sont en cours à Lausanne et à Dübendorf (ZH). «Ce processus n’en est encore qu’à ses balbutiements et nous ne sommes pas pressés d’essuyer les plâtres», confie Alain Wyss.

Cette inconnue empêche de calculer le coût exact des travaux. Pour les cent STEP concernées dans tout le pays, la Confédération estime qu’il en coûtera 1,2 milliard de francs, soit en moyenne 12 millions par station. La majoration de la taxe d’épuration couvrira les 75% de cette somme. Le reste devra être financé par les cantons et les exploitants des STEP.

(TDG)

(Créé: 03.01.2016, 17h47)

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