Prison
Champ-Dollon déborde et peine pourtant à s’agrandir
Par Sophie Roselli . Mis à jour le 08.01.2012 11 Commentaires
Les chantiers de Champ-Dollon. (Image: DR)
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Le seuil symbolique des 600 détenus est franchi depuis hier à Champ-Dollon, suite logique d’une forte hausse des effectifs depuis le mois de mars dernier. Alors que la situation de surpopulation s’aggrave, qu’en est-il du remède? Une planification carcérale prévoit notamment d’augmenter la capacité de l’établissement, mais on apprend que les projets peinent au démarrage ou sont retardés. Le syndicat des gardiens de prison tire la sonnette d’alarme.
Six cent deux détenus pour 370?places. Ce sont les chiffres annoncés hier par le directeur de l’établissement, Constantin Franziskakis, sur les ondes de la RTS. Malgré ce «signal préoccupant», il se montre confiant: «Nous faisons face grâce à la qualité du personnel et à son engagement.» Le ton vire à l’inquiétude mêlée de colère dans la voix d’Eric Schmid, président du syndicat: «Nous allons arriver à 700 détenus d’ici à cet été! Il faudra de nouveau un incident pour que la République se mette à construire davantage de cellules.» La planification des projets censés libérer de la place n’a pas de quoi le rassurer.
Curabilis coûte trop cher
L’interrogation porte tout d’abord sur l’extension de l’établissement de La Brenaz. En 2009, Laurent Moutinot, ancien chef du Département de la sécurité, annonçait son agrandissement à l’horizon 2014. En juillet dernier, Isabel Rochat, qui lui a succédé, affirmait que les travaux d’extension prendraient fin en 2015. La semaine passée, on apprenait par son porte-parole que l’ouverture est prévue pour janvier?2016… «Les délais ne sont pas tenus, comme toujours. Mais l’urgence, c’est maintenant!» fustige Pierre-Alain Dufey, vice-président du syndicat. Comment expliquer ce retard? Au changement de législature, le projet a été repoussé. Depuis, «il n’y a pas eu de retard», réfute Sandra Favre de Oliveira, directrice administrative et financière à l’Office pénitentiaire. «Le crédit d’étude a été voté en 2011, explique-t-elle. Le projet est actuellement mis au concours.» L’extension de La Brenaz, pouvant accueillir 150 détenus en exécution de peine, est «prioritaire», affirme-t-elle.
L’évolution du dossier Curabilis l’inquiète davantage. Cet établissement destiné aux délinquants dangereux ou ayant des troubles mentaux n’offrira pas 92?places en 2013, comme l’annonçait pourtant officiellement Isabel Rochat en juillet dernier. L’ouverture sera en fait échelonnée entre octobre?2013 et 2016. Cette décision prise en novembre dernier émane du Conseil d’Etat, «pour des raisons budgétaires», confirme Sandra Favre de Oliveira. En clair, le budget d’exploitation annuel de 35 millions de francs pèse trop lourd. «C’est un problème, reconnaît-elle, surtout pour le concordat, puisque Curabilis doit accueillir des détenus de toute la Suisse romande.» Autant dire que ce report passe mal auprès des autres cantons. «Genève promet Curabilis depuis plus de quarante ans…» rappelle-t-elle. Eric Schmid dénonce l’incohérence de cette mesure: «On va se retrouver avec des pavillons vides dans un bâtiment neuf alors que la prison explose!»
Unité médicale à l’étude
Autre motif d’inquiétude: le déplacement de l’Unité médicale de Champ-Dollon vers un bâtiment qu’il reste à construire. Objectif: libérer une quarantaine de cellules dès octobre?2013. Pour ce faire, Isabel Rochat avait annoncé le dépôt d’un projet de loi à l’automne 2011. On l’attend toujours. Les raisons? «Le Département des constructions (ndlr: DCTI) a estimé que le programme était trop onéreux et a demandé une expertise à l’Office fédéral de la justice, qui a confirmé son jugement», révèle Sandra Favre de Oliveira. En ligne de mire: la cafétéria, les salles de classe et la salle de sport, selon nos informations. Du coup, le projet est de nouveau à l’étude auprès de l’Office pénitentiaire et du DCTI. «Nous allons le redimensionner afin qu’il soit adapté aux besoins et aux contraintes budgétaires.» Un contretemps qui n’a, pour l’heure, pas d’impact sur le calendrier de la construction, relativise la directrice administrative et financière. «Le dossier est quasi rejeté!» tranche de son côté Eric Schmid. Tous ces éléments n’inquiètent toutefois pas outre mesure Renaud Gautier, membre de la Commission des visiteurs de prison du Grand Conseil, pour qui «les dossiers suivent leur cours».
En attendant l’application de cette série de remèdes pour traiter le problème de la surpopulation, d’autres solutions pourraient être envisagées. «Est-ce qu’il faudra stopper les arrestations?» interroge sérieusement Pierre-Alain Dufey. (TDG)
Créé: 08.01.2012, 23h31
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11 Commentaires
«Est-ce qu’il faudra stopper les arrestations?»
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Et les citoyens honnêtes arrêteront de payer leur impôts, j'espère.
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Cela prouve une fois de plus l'incapacité du DCTI à mener des projets dans le respect des budgets votés et des délais prévus. Répondre


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