Energie
Centrale à gaz de Genève: Michel Balestra tape sur les doigts d'Isabel Rochat
Par Jean-François Mabut. Mis à jour le 02.05.2012 5 Commentaires
La centrale à gaz du Lignon devait produire 10% de la consommation électrique du canton et chauffer quelque 20'000 logements. Un investissement de 200 millions de francs. Le Conseil d'Etat a renoncé le 1er février dernier à sa construction. Raison de ce revirement: l'investissement de 300 millions des SIG, signé le 22 décembre 2011, dans le capital-actions de la société suisse EnergieDienst Holding AG (à l'origine Kraftwerk Laufenburg), ainsi que le contrat d'approvisionnement en énergie électrique conclu avec EnBW Trading AG GmbH, troisième producteur distributeur d'énergie allemand, portant sur 15% de la consommation électrique genevoise.
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«Après une valse-hésitation malheureusement assez typique de la politique genevoise, le Conseil d'Etat a décidé de renoncer à la centrale à gaz du Lignon, un exemple typique des incohérences du gouvernement.» La critique longuement argumentée émane du groupement Genève-Energie, un lobby pro-nucléaire présidé par Michel Balestra. La prise de position tombe deux mois après la décision du gouvernement genevois. Elle est relayée ce matin par la Chambre de commerce et de l'industrie de Genève.
«La critique ne vise pas directement Isabel Rochat (ndlr: ministre de l'Energie du canton)», se défend l'ancien président du Parti libéral, que certains de ses amis auraient bien vu succéder à Mark Muller au Conseil d'Etat. «Le prix de l'électricité a connu des pics impressionnants en février dernier, note le patron d'une entreprise de déménagement, si le canton veut rester attractif pour l'industrie - et il doit le rester, il faut qu'il augmente sa propre capacité de production.»
La centrale du Lignon constituait un premier pas dans la direction d’une plus grande autonomie, permettant au moins de couvrir l’augmentation de la consommation prévisible pour les 10 prochaines années, note Genève-Energie. L’extension du réseau de chauffage à distance offrait de plus une occasion de diminuer de façon appréciable le recours aux produits pétroliers, des produits trop précieux pour que l’on se contente de les brûler dans le seul but de chauffer les immeubles!
Actuellement, un cinquième du courant livré pas les SIG est produit à Genève, un autre cinquième de Suisse et 60% de l’étranger. L'association Genève-Energie signale que 12,1 % des électrons livrés par les SIG en 2010 proviennent d'une centrale à gaz située en Belgique.
Pris à contre-pied par la décision du Conseil d'Etat, les SIG, qui étudiait le projet de la centrale depuis huit ans, ont annoncé leur intention de construire de plus petites unités chaleur-force et de transformer des installations de chauffage existantes pour qu'elles puissent produire également de l'électricité. (TDG)
Créé: 02.05.2012, 11h36
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5 Commentaires
L'idée même d'une autonomie du canton, qui ne produit aucune ressource naturelle, qui dispose d'un territoire trop restreint pour y implanter des centrale de production alternatives (solaire/éolien/hydraulique), est tout bonnement ridicule. Et vouloir implanter une industrie extrêmement polluante dans un canton-ville, donc à proximité de nombreux logements, est tout aussi délirante. Répondre
Incohérence de la part de M Balestra qui se dit à la fois pro-nucléaire et défenseur d'une centrale à gaz, à n'y rien comprendre. La décision du Conseil d'Etat est cohérente. Oui au gaz pour chauffer nos immeubles ou pour cuisiner, donc limiter la consommation d'électricité, mais il est abhérant de nos jours de brûler du gaz pour faire de l'électricité (mauvais rendement, pollution, dépendance). Répondre
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