Fonction publique genevoise
Bilan social du Canton: le revenu moyen à l’Etat frôle les 9000?francs brut par mois
Par Marc Bretton. Mis à jour le 18.04.2012 125 Commentaires
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(Image: Pascal Frautschi)
Grégoire Tavernier
Les données indiquent que le salaire médian à l’Etat frise les 8700?francs mensuels. Il est à 6775 en 2010 dans le privé. Comment expliquer cet écart?
Grégoire Tavernier, directeur de l’Office du personnel: La médiane observée est à 8690 pour le petit Etat (y compris indemnités et primes) en 2011. La comparaison avec le secteur privé doit tenir compte du fait que les administrations publiques tendent de plus en plus à employer très peu de personnes à niveau de qualifications modeste. On le voit à Genève dans la ventilation par classe de fonctions: les classes les plus basses sont faiblement représentées et le «gros des troupes» se situe dans les classes 18 à 20.
Le taux d’absence global s’établit à 4,6%, mais il est plus important (plus de 6%) au DF, Dares, DES. Comment expliquez-vous ces écarts?
GT: La gestion des absences est une priorité. Fin 2011, le déploiement du projet de gestion des absences de courte durée a été terminé dans la plupart des entités du petit Etat. En 2011 a débuté un projet-pilote de gestion des absences de longue durée. Les effets de ces mesures ne sont pas encore pleinement perceptibles. M.BN
Plafond de verre
Andrée Jelk Peila, présidente du Cartel intersyndical de la fonction publique: Nous constatons des problèmes à l’Office des faillites et au Département des finances globalement, ce que confirment des échos qui nous parviennent: la pression sur le personnel y est forte. En revanche, d’autres secteurs se calment, comme le Département des constructions (DCTI).
Parmi les éléments intéressants, j’observe des taux importants d’employés non permanents à l’Etat puisqu’on en trouve 661 sur 14?761, soit moins de 5%. Ils se concentrent au Département de l’instruction publique (DIP), où ce sont des remplaçants ou des suppléants. Egalement au DCTI, qui compte de nombreux mandataires. Au Département de l’emploi et de la solidarité, il s’agit normalement d’auxiliaires à l’OCE.
On voit aussi très bien le «plafond de verre» qui existe pour les femmes. Il y a 54,4% de femmes, mais 35% parmi les cadres supérieurs. MBn
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Comment vont les employés de l’Etat? Pas si mal, si l’on en croit le bilan social du Canton publié il y a quinze jours. Ce document, dont c’est la deuxième édition, passe au scanner l’administration centrale, soit l’Etat, moins les entreprises publiques des TPG, HUG, AIG et autres SIG. A terme, citoyens et observateurs devraient ainsi disposer de données fiables sur la fonction publique (voir ci-dessous). Qu’y apprend-on?
Des salaires confortables
Notamment que les salaires sont assez confortables à l’Etat! Même s’ils n’ont pratiquement pas bougé depuis l’an passé, les fonctionnaires à plein temps gagnent en moyenne 8980?francs mensuels brut ou 8690 si l’on ne considère que le salaire médian. C’est nettement mieux que le secteur privé, puisque le salaire médian s’y établissait à 6775?francs en 2010. Cette importante différence s’explique par plusieurs facteurs. On compte relativement peu de personnel peu ou pas qualifié à l’Etat. De plus, pour des fonctions semblables, les bas salaires sont beaucoup plus hauts à l’Etat que dans le privé.
A l’inverse, les hauts salaires sont relativement compressés. Corollaire, l’écart entre hauts et bas revenus à l’Etat mesuré par l’indice de Gini, qui varie entre 0 (aucun écart) et 1 (écart maximal), est faible. Il s’établit à 0,12 contre 0,33 dans le privé. Autre explication, l’inégalité moins grande des salaires entre les hommes et les femmes dans le public. Le faible écart entre hauts et bas salaires ne fait pas pour autant de l’Etat un kolkhoze socialiste! Le plus bas salaire annuel (la classe 4 en annuité 0) se monte à 52?738?francs et le plus élevé à 253?850.
Combien de personnes touchent-elles le minimum ou le maximum? Mystère, les tableaux ne livrant aucune répartition par classe et par annuité. En revanche, 139?personnes en tout sont en classe 4 et trois au maximum en classe 33 (voir infographie). Les gros bataillons des fonctionnaires se concentrent entre les classes 14 et 20, soit entre un salaire minimum de 81?000?francs et un maximum de 143?242?francs.
Genève envahit la France!
Les frontaliers sont une lointaine réalité au sein de l’administration centrale, qui, rappelons-le, ne comprend ni les HUG ni les TPG par exemple où ils sont plus nombreux. Ainsi, sur 16?301 postes, seuls 516, soit 3,1%, sont occupés par des frontaliers, c’est-à-dire des étrangers domiciliés en France au bénéfice d’un permis G.
En revanche, élément intéressant, de nombreux Suisses (1344, soit 8,2% des effectifs) habitent en France, un chiffre en hausse par rapport à 2010 où on ne relevait que 1148 Suisses. Reflet probable également de la crise du logement, le nombre de fonctionnaires établis dans d’autres cantons augmente par rapport à 2010, mais moins que celui des fonctionnaires résidant en France. Naturellement, l’écrasante majorité des fonctionnaires habite le canton: 82,8%, moins qu’en 2010 (84,7%).
Des effectifs en hausse
On recensait, en 2011, 14?761 fonctionnaires. En hausse de 2,3% par rapport à 2010. Avec plus de 7500 employés, le Département de l’instruction publique emploie un fonctionnaire sur deux. A l’autre extrémité, le Département des affaires régionales, de l’économie et de la santé est le plus petit, avec 223 postes.
Tout compris, si on considère les politiques publiques qui incorporent aux chiffres du petit Etat ceux des entreprises publiques, le secteur santé devient le premier employeur public avec 10?417 postes (31%), suivi par l’éducation, 9693 postes (30%). Suivent la politique des personnes âgées (3631 postes) et la sécurité (2993). A noter que la plus petite politique publique, l’économie, n’occupe que 65 postes (0,2%). Encore un détail? L’âge moyen des fonctionnaires s’élève à 44?ans.
Beaucoup de malades
Au sein de l’administration, le climat n’est pas toujours idéal, on s’en doute. Le Groupe de confiance, chargé d’aplanir les problèmes au sein des services, relève d’ailleurs une hausse de 44% des sollicitations, soit 173 sur l’année. En revanche, le taux de rotation n’est qu’en légère hausse. Ce taux qui mesure les arrivées et les départs au sein de l’administration atteignait 4,98% en 2011.
Le Département de la solidarité avec l’Office cantonal de l’emploi, qui emploie pour un temps limité de nombreux auxiliaires, atteint 6,5% et la Chancellerie 8%. Le petit nombre d’employés de ce dernier service le rend sensible aux mouvements de quelques unités. La ventilation du taux d’absence pour maladie et accident donne une autre grille de lecture des maux de l’Etat. Cette fois, ce sont les Offices des poursuites et des faillites qui inquiètent avec 7,6 et 8,6%. Selon le Département des finances, la situation aux faillites est liée à deux cas de maladie de très longue durée qui pèsent sur un petit effectif.
L’Office cantonal de la population (7,5%), celui des automobiles (7,8%), la Direction de la nature et du paysage (7,3%) semblent aussi à la peine. ? (TDG)
Créé: 18.04.2012, 09h24
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125 Commentaires
Si les fonctionnaires sont bien payés, tant mieux pour eux. Par contre, les frontaliers ne devraient pas avoir accès à ces postes. Ils créent déjà une concurrence et un dumping insuportable dans le privé.. En plus, c'est dit dans l'article: il ne s'agit pas de "spécialistes", donc...n'oublions pas nos 20'000 chômeurs, SVP!!! Répondre
Le problème, c'est que le salaire "moyen" est "artifiellement" gonflés par la (sur)hiérarchisation du personnel étatique. Multitude (et doublons/triplons à tous les étages de la hiérarchie) de chef(aillon)s là où un ou deux suffirait.Du coup les fonctionnaires vont encore en prendre pour leur grade... alors que des chiffres par répartition par classe et par annuité seraient bien plus intéressants Répondre
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