BIG a bâti une cité-jardin utopique et foisonnante

BiennaleLes espaces d’art indépendants ont investi la plaine de Plainpalais, et ça déménage!

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Samedi, alors que le Bol d’or s’étire sur le Léman, une vigie se dresse sur le ghorr de Plainpalais, vingt mètres au-dessus d’une cité de caissons maritimes bleus. C’est précisément là-haut que l’artiste Abraham Poincheval a élu domicile. Tel un stylite, coupé de la vie qui grouille à ses pieds, il regarde la plaine, qui n’a rien de morne, médite, fait parfois des gestes de la main pour répondre aux badauds qui le saluent. Et puis il reporte son regard vers le large. Connu pour ses performances artistiques extrêmes (n’a-t-il pas couvé des œufs trois semaines durant dans une boîte en plexiglas au Palais de Tokyo, à Paris?), le performer a répondu présent lorsque les coordinateurs de la Biennale des espaces d’art indépendants de Genève (BIG) l’ont invité à prendre de la hauteur, cinq jours durant. Cette présence emblématique surplombe le cœur de la jeune cité éphémère, créative et festive: le pied du mât qui soutient l’artiste français se trouve ainsi pile au milieu de la place centrale. Là où les gens se retrouvent pour boire et manger, avant de retourner faire la tournée des propositions culturelles qui prennent place dans, sur, autour des containers bleus.

Tous de même gabarit, ces espaces bons à tout faire sont disposés en étoile et de manière resserrée, afin que l’on serpente entre eux comme dans les ruelles d’un petit village alternatif où tout le monde semble se connaître.

Se laisser surprendre

Les visiteurs pourraient fort bien déambuler en ces lieux avec un plan à la main, histoire de se repérer et savoir où ils mettent les pieds. Mais il est mieux de se laisser surprendre par les expériences sensorielles ou créatives proposées par les soixante espaces d’art indépendants, associations, artistes et collectifs du cru ou invités, ici réunis. Selon la température, les intérêts ou l’humeur du jour, certaines propositions seront nettement plus attirantes que d’autres. Car il y a là à boire et à manger…

Thallasoponie et danse

Pendant la journée, sous un soleil de plomb, les amateurs d’art clairsemés se tartinent de crème solaire, squattent les hamacs du cinéma Spoutnik, hantent le container qui distille des vapeurs fraîches ou vont faire trempette dans un bassin juché sur une fourgonnette où se pratique la thalassoponie, histoire de faire se rencontrer potager et bien être. Oui, exactement: il s’agit ici d’obtenir des salades émotionnellement modifiées qui seront ensuite dégustées comme il se doit dimanche soir, à la fin de la manifestation.

A quelques pas de là, les couples se déhanchent sur des rythmes latinos sur une scène de terre glaise bien humide où les orteils s’enfoncent voluptueusement. Des gosses confectionnent des bombes à graines, enfoncent des clous dans les planches à l’atelier de bricolage. Ils s’amusent.

Un panneau a beau dire «Restons tristes au cas où ça tourne mal», les gens rigolent ferme en testant un toboggan qui ne doit assurément pas être aux normes.

Les visiteurs plus studieux iront déplacer des livres dans un espace conçu pour apprendre tout ce qu’il faut savoir sur les droits des artistes ou le sténopé, voire tenter de graver un disque.

Ambiance festive

En soirée, changement d’ambiance. La foule est au rendez-vous et elle est d’humeur festive! Les bars ne désemplissent pas, les musiques montent de partout, le feu crache depuis le toit d’un container tandis que des motards font une ronde pétaradante autour des containers. Des artistes réalisent une fresque collective en ombres chinoises tandis qu’à l’autre extrémité du village, la prestation scénique de deux drag-queens fait monter d’un cran la température générale. C’est la fête à tous les étages!

Sauf sur la vigie, à vingt mètres au-dessus de ces réjouissances… (TDG)

Créé: 18.06.2017, 18h44

Articles en relation

Avec BIG, les expériences artistiques se partagent

Biennale Pendant trois jours, les espaces d’art indépendants vont investir la plaine de Plainpalais avec des propositions qui brouillent les limites. Plus...

Des artistes avec ou sans handicap réunis par «Out of the Box»

Manifestation La Biennale des arts inclusifs donne un coup de projecteur sur la relation entre l’art et le handicap dans différents lieux culturels genevois. Plus...

Le théâtre subversif de Latifa Djerbi

Portrait La comédienne présente une performance décalée sur le sexisme ordinaire au Grütli dans le cadre de la Biennale du genre. Plus...

L’image se fait mobile au Centre d’art contemporain

Manifestation Mêlant performances, films et installations multimédias, la 15e édition de la Biennale de l’image en mouvement (BIM) s’ouvre aujourd’hui Plus...

Trois choses à savoir sur... «Transfiguration»

Cinéma Ce film américain indépendant renouvelle de fond en comble le genre du film de vampires; une vraie curiosité. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Les CFF s'engagent pour la biodiversité
Plus...