Reportage
Avec les travaux du CEVA, Champel est tout déboussolé
Par Sophie Davaris. Mis à jour le 18.01.2012 52 Commentaires
«En un mois, je ne sais pas combien de personnes nous avons soignées. J’ai dû appeler l’ambulance trois ou quatre fois.» Martial Détraz, responsable de la Pharmacie de Miremont, se trouve aux avant-postes de l’énorme chantier qui se déploie au plateau de Champel. Rétrécissement de la chaussée, signalisation lacunaire, arrêts de bus et passages pour piétons déplacés: il voit le secteur se transformer en zone dangereuse et les risques augmenter. Le pire? L’absence d’information.
Une habitante, Renate Peytremann, traduit le malaise de son quartier: «Que les technocrates qui décident de ces changements prennent un vélo ou qu’ils fassent le trajet à pied. Ils se rendront compte de ce que vit l’utilisateur!» Voici la réponse des autorités.
Un chantier pour le CEVA... sans travaux
Rien ne l’indique, mais tout est lié aux travaux du CEVA (liaison ferroviaire Cornavin-Eaux-Vives-Annemasse). Installé à la mi-décembre, le chantier n’a pas bougé pendant un mois. «Il s’agit de la traditionnelle pause hivernale genevoise du 15 décembre au 16 janvier», admet Caroline Monod, chargée de communication pour le CEVA. Mais pourquoi chambouler tout un quartier pour ne rien entreprendre pendant un mois?
«Nous devions abattre la première partie des arbres du plateau afin que les TPG puissent, de leur côté, opérer le déplacement de la ligne du trolleybus.» Nécessaire avant la prochaine étape: la déviation des canalisations et des réseaux souterrains (eau, gaz, électricité, téléphone).
Information lacunaire
Pourquoi ne pas informer les habitants? Seuls certains riverains ont reçu une fiche explicative dans leur boîte à lettres. En mars, un panneau d’information devrait être installé. «Dans l’intervalle, nous allons regarder avec la Ville pour utiliser les panneaux d’affichage du quartier», assure Caroline Monod. A noter que la date du prochain abattage d’arbres ne sera pas divulguée afin d’éviter la révolte du début de décembre, lors de la première coupe.
Passages pour piétons déplacés et mal signalés
Tous les passages pour piétons, ou presque, sont déplacés. Le problème? Certains d’entre eux restent à moitié marqués au sol et gardent la dénivellation du trottoir, alors que le trottoir n’est pas abaissé devant les nouveaux. Compliqué pour les chaises roulantes, les poussettes et les déambulateurs. «L’abaissement des trottoirs est prévu», rassure Enrique Marti, chef du Service des enquêtes de la circulation et des chantiers à la Direction générale de la mobilité (DGM). Très emprunté, le passage qui se trouve en face de la Pharmacie de Miremont n’est pas éclairé. «Il doit être visible de nuit. L’inspectrice le fera adapter si nécessaire.»
Marquage incomplet
L’avenue de Champel est piquetée de poteaux, mais il manque une ligne blanche pour séparer les voies. «Le marquage est en fin de réalisation», répond Enrique Marti, qui ajoute que les marquages effectués en saison froide sont de moins bonne qualité.
Cyclistes désorientés
Les cyclistes ne savent plus où passer. «Ils ont l’obligation d’emprunter la bande cyclable tant qu’elle est marquée et pas condamnée.» Lorsque le chantier s’installera sur la piste, les vélos devront céder la priorité aux autres véhicules.
Arrêt de bus déplacé
L’arrêt TPG «Plateau de Champel» en provenance de la ville est déplacé de 40?mètres environ, mais rien ne l’indique clairement. Le marquage au sol demeure à l’ancien emplacement. L’arrêt est déplacé pour trois ans, relève Philippe Anhorn, responsable de la communication des TPG. «On l’a expliqué sur place, mais si ce n’est pas clair ou si l’indication a disparu, on la rétablira.» (TDG)
Créé: 18.01.2012, 23h55
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52 Commentaires
Et nous n'avons encore rien vu. L'installation de ce chantier est l'expression de l'incurie et de l'incompétence, sans parler de l'arrogance d'un Conseiller d'Etat qui ordonne que l'on rase tous les arbres sans même savoir ce que dira le Tribunal fédéral sur les recours encore pendants. Pauvre Genève! Répondre
A force de mettre les battons dans les roues du CEVA, certains habitants de Champel ne vont pas exactement faire pleurer dans les chaumières avec cette histoire de chantier... D'autant plus qu'absolument tous les quartiers ont connus des chantiers, trams ou autres. Donc on boit un petit thé avec une madeleine et on se calme. Répondre


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