Sécurité
Augmentation des effectifs: la police manque la cible
Par Sophie Rosseli. Mis à jour le 06.10.2012 2 Commentaires
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C’est une priorité de cette législature: renforcer les forces de l’ordre. A un an du renouvellement du gouvernement genevois, qu’en est-il de sa promesse d’engager 248 policiers supplémentaires en quatre ans? Un objectif annoncé par Isabel Rochat, ex-conseillère d’Etat chargée de la Sécurité, et légué, en juillet, à Pierre Maudet. Le nouveau magistrat accepte de faire les comptes et révèle que le tir passe à côté de la cible: il manquera trente postes. Explications. Les données fournies à notre demande par le Département de la sécurité couvrent la période 2011-2014, correspondant à l’effet budgétaire de cette législature. Il apparaît que 133 postes supplémentaires ont été formellement financés par le Parlement jusqu’à présent. Pour 2013, Pierre Maudet réclame 35 gendarmes et 15 postes de commis administratifs. Au total, 218 policiers devraient avoir été engagés entre 2011 et 2014. C’est déjà ça, d’autant que «du retard a été pris pendant des années dans la planification», rappelle Pierre Maudet. On passe toutefois à côté de l’objectif fixé à 248. Raison budgétaire oblige.
Problèmes de recrutement
Pour combler cet écart de trente postes, le conseiller d’Etat mise plutôt sur la création d’autant d’emplois d’assistants de sécurité publique de catégorie 2, soit du personnel administratif sans port d’arme. «Cela permettra de soulager les policiers dans les tâches administratives et, dans certains cas, de remettre des agents sur le terrain.» L’analyse chiffrée montre un décalage entre l’impulsion donnée ces deux dernières années pour augmenter le personnel (+133 postes) et l’évolution des effectifs opérationnels réels (+98,6). Car il faut du temps pour former; soit un an pour un gendarme avant qu’il n’obtienne son brevet. Et les écoles ne semblent pas toujours pleines. «C’est une idée reçue, on arrive à pourvoir les postes ouverts», rectifie-t-il. La difficulté à trouver de bons candidats est pourtant bien réelle. D’un autre côté, peine-t-on à valoriser le métier? «Si le policier lui-même a le sentiment qu’une partie de son travail est inutile, cela pose un problème dans l’attractivité du métier, observe le magistrat. Il faut transmettre une vision claire de la police. D’autant qu’elle est devenue un fourre-tout. Les agents s’occupent des problèmes de voisinage, d’urgences sociales.» La solution doit passer principalement par un meilleur recrutement et une évolution de la formation, rappelle-t-il. «L’une des premières décisions que j’ai prises a été de nommer un chef de la formation, alors par intérim depuis deux ans.» La stratégie consistera-t-elle à unifier la formation pour la gendarmerie et la police judiciaire? Cette idée, combattue par le syndicat de la police judiciaire, figure au programme de la réorganisation de la police (Phénix). Une réforme, à peine entamée, sur laquelle on compte beaucoup pour améliorer la mobilité entre les services et l’organisation du personnel.
Horaires remis en question
Car l’augmentation des effectifs n’est pas la panacée pour répondre aux besoins en matière de sécurité. Gare à la dispersion des forces. La complexité des heures supplémentaires (notre édition du 2 octobre) révèle de graves défauts d’organisation au sein de la police, estime le magistrat. «Avec moi, il n’y a pas de tabou. Je ne vais pas imposer un horaire, mais, logiquement, celui-ci doit être déterminé en fonction des missions, tout en intégrant le paramètre de pénibilité. Or, aujourd’hui, c’est l’horaire qui définit la mission, en quelque sorte.» Autres points préoccupants: «Nous n’avons pas assez bien intégré deux phénomènes. Celui des démissions, qui ont doublé en 2011 – comment faire pour les contenir? – et celui des départs à la retraite, qui sont difficiles à apprécier et compliquent la gestion du personnel.» (TDG)
Créé: 06.10.2012, 10h48
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2 Commentaires
Si l'on voudrait vraiment connaître les causes des départs à la police, il serait intéressant qu'un consultant externe et neutre effectue un travail de recherche auprès des policiers ayant démissionné ces 10 dernières années afin de pouvoir mettre en place des stratégies managériales visant à garder le personnel au sein de ce corps... Répondre
Tant que les petites frappes, voleurs, agresseurs, etc. et multirécidivistes de surcroît peuvent se permettre d'insulter, cracher, cogner, etc. les flics ceci SANS que la hiérarchie de la police et la justice sévissent, l'engagement n'est pas si attrayant. (pour info, en GB, tapez sur un bobbys et vous ne manquerez pas de constater le nombre important de jours passés à l'ombre) Répondre
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