Justice
Accusées d’avoir plumé un professeur de piano genevois
Par Marie Prieur. Mis à jour le 17.11.2012 2 Commentaires
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Trois jeunes femmes, vêtues de noir, cheveux attachés, comparaissaient jeudi devant le Tribunal correctionnel de Saint-Etienne (Loire) pour extorsion de fonds en bande organisée. Leur victime: un professeur de piano genevois, divorcé, la cinquantaine.
Souffrant de solitude, l’homme consulte des petites annonces dans la presse et entre en contact avec «Mélissa», une escort girl de 25 ans. Moins d’un mois après leur rencontre, en octobre 2008, le quinquagénaire verse à la jeune femme 25'000 euros, au motif que Mélissa connaît des difficultés financières. Ce n’est là que le premier versement d’une longue série. En tout, le préjudice s’élève à 924'000 euros. Dont 700'000 extirpés grâce à des manœuvres frauduleuses et 200'000 extorqués de force par deux hommes, début décembre 2009, au domicile de la victime. «Je suis ruiné», résume le quinquagénaire au moment où il porte plainte à Genève, le 7 décembre 2009.
Profitant de ce que plusieurs témoins qualifient de «promptitude de cet homme à donner de l’argent», Mélissa, puis sa sœur ainsi que leur frère, surnommé «le boss», et sa compagne, enchaînent les scénarios plus ou moins vraisemblables. Il est ainsi question d’une demande de rançon pour libérer la sœur de Mélissa, «Lia», séquestrée par des mafieux, puis Mélissa elle-même, censée être retenue en Espagne. Enfin, l’escort girl prétend souffrir d'un cancer du sein et avoir besoin d’argent pour les soins.
Au lieu d’une chimiothérapie, les centaines de milliers d’euros partent en bijoux, voyages et voitures de luxe. «Les mensonges se sont amplifiés, je ne pouvais plus revenir en arrière», explique Mélissa à la barre, avant de s’excuser en pleurs auprès de l’avocat du professeur, absent à ce procès.
Présentée par son avocat comme un «homme généreux et bon, un gentil couillon», la victime est aux yeux de la défense un «narcissique qui paie pour s’offrir de la chair fraîche». Et les avocats du trio féminin de rappeler que lors du procès du «boss» et de son acolyte, jugés à Genève en janvier 2011, le duo masculin avait été reconnu coupable de séquestration et d’extorsion. Mais l’escroquerie n’avait pas été retenue, en raison de l’absence d’astuce. «Si elles avaient été arrêtées comme leur frère en Suisse, elles auraient été relaxées», argumentent leurs conseils. Le jugement sera rendu le 20 décembre. (TDG)
Créé: 17.11.2012, 11h41
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2 Commentaires
"Si elles avaient été arrêtées comme leur frère en Suisse, elles auraient été relaxées". En plus, les avocats utilisent ça comme argument, maintenant. De mieux en mieux Répondre
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