La Une | Mercredi 23 juillet 2014 | Dernière mise à jour 11:21
Insolite

A vendre, des œuvres anonymes pour 180 francs!

Par Muriel Grand. Mis à jour le 02.04.2013

Logée dans une brasserie carougeoise, la Galerie du Fond rend l’art accessible, en privilégiant les coups de cœur.

1/8 Genève, le 2 avril 2013. Cyrille Girardet, photographe, initiateur de la Galerie du Fond, à la Brasserie-Restaurant le Lunik à Carouge. © Magali Girardin.

   

Signaler une erreur

Vous avez vu une erreur? Merci de nous en informer.

Partager & Commenter

C’est une petite brasserie carougeoise qui ne paie pas de mine, avec ses chaises en bois, son ardoise pour les menus, ses petits rideaux blancs et son odeur de fondue. Il faut aller jusqu’au fond de la salle pour découvrir ce qui distingue le Lunik. Depuis quelques semaines, le lieu s’est transformé en une galerie hors du commun, qui vend des œuvres d’art anonymes pour 180 francs.

Habitué du bistrot, dont il apprécie le côté humain et convivial, le photographe Cyrille Girardet a eu envie d’animer son arrière-salle toujours vide. Il a ainsi proposé à des artistes de sa connaissance fréquentant également le café, d’y accrocher leur production. Parmi eux, certaines célébrités, comme le dessinateur Wazem. «On a tous de belles choses qui dorment au fond de nos tiroirs, autant en faire profiter d’autres personnes», s’enthousiasme Cyrille Girardet. La Galerie du Fond était née.

Une œuvre chasse l’autre

Sept œuvres de techniques et de styles variés, dessin, photo, peinture ou gravure, se retrouvent depuis accrochées sur les murs quelque peu défraîchis du café. Aucune sélection n’est pratiquée par l’initiateur du projet: il se charge uniquement d’encadrer les œuvres. «Tout un chacun peut exposer, même le papy du coin qui fait de l’aquarelle», rigole-t-il.

Il suffit en effet de présenter une œuvre adaptée au format imposé, 24 sur 30 centimètres, et de faire l’échange avec une autre déjà suspendue. Le contenu de l’exposition varie ainsi au gré des artistes et du bouche-à-oreille. «Le tournus s’est fait très naturellement depuis le début, mais on n’a pas beaucoup vendu», raconte le photographe.

Démocratiser l’art

Un prix de 180 francs s’applique indistinctement à toutes les œuvres, quels que soit l’artiste et la technique. Le but: rendre l’art accessible, même aux bourses les moins fournies. Sur cette somme, 50 francs sont consacrés à l’encadrement sous verre, 50 autres vont à la patronne qui met ses murs à disposition, et l’artiste touche les 80 francs restants.

Quant au nom de l’auteur, il n’est pas visible; on en prend connaissance une fois l’œuvre achetée et emportée, puisque la signature figure au dos. «Les artistes deviennent de plus en plus des produits, des valeurs boursières, s’indigne Cyrille Girardet. Avec l’anonymat de l’œuvre, on achète ce qui nous plaît vraiment, sans miser sur un nom. Il faut qu’il y ait une émotion, sinon cela n’a aucun sens.»

La Galerie du Fond, brasserie le Lunik, 6 pl. de l’Octroi, ouverte du lu au ve de 6 h à 20 h, sa et di de 7 h à 14 h. Tél. 022 342 44 98 (TDG)

Créé: 02.04.2013, 19h13

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

Caractères restants:

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.
Aucun commentaire pour le moment

Sondage

Genève: l'accès public aux rives du lac est-il suffisant?