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Braquage

A Puplinge, l’épicerie a été braquée à son tour

Par Thierry Mertenat. Mis à jour le 27.01.2012

Trois jours après l’attaque de la banque, le village a connu un nouveau vol très violent.

Pedro Lopes, 44?ans, l’épicier apprécié de tout Puplinge. Les malfrats ont fait main basse sur sa caisse et la recette du jour.

Pedro Lopes, 44?ans, l’épicier apprécié de tout Puplinge. Les malfrats ont fait main basse sur sa caisse et la recette du jour.
Image: LAURENT GUIRAUD

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Piste française

Si les braqueurs de la banque Raiffeisen courent toujours, la voiture qu’ils ont dérobée pour prendre la fuite a en revanche été retrouvée la semaine dernière à Ville-la-Grand (F), soit à cinq minutes à peine de Puplinge. Elle était garée dans une impasse et les agents municipaux avaient pris soin de lui coller un PV. Elle a depuis été restituée à son propriétaire, non sans passer entre les mains expertes de la police.

La loi des mauvaises séries, dans un genre assez inédit, sauf à Puplinge, qui s’en passerait bien: le braquage de proximité. Cent mètres à peine séparent les deux adresses. La première est connue: le guichet de la banque Raiffeisen, attaqué au fusil à pompe le mardi 17?janvier en début de soirée. La deuxième se découvre aujourd’hui: l’épicerie du village, braquée à son tour, trois jours plus tard, le vendredi 20?janvier à 18?h?30. Masque blanc et capuche

Après les fusils et leur munition «explosive», le Taser et le couteau à la lame généreuse (15?cm). La panoplie embarquée est plus légère, mais pas moins violente dans son usage. «Dépêche-toi, la caisse, vite», disent les voix sans visage. Vêtements noirs, masques blancs sous la capuche. Vision de cauchemar éveillé.

Ses agresseurs l’attendent sur le seuil de son arrière-boutique. Monsieur?Lopes est en train de préparer les paniers garnis pour le prochain loto de son quartier. Ces deux clients qui n’en sont pas l’escortent à travers les rayons. Dans le dos, l’engin de poche à impulsion électrique et le bruit des décharges répétées; en face, l’arme blanche, à portée de coup. Le contenu de la caisse (billets et petite monnaie) est vidé dans un sac. «Bouge pas de là!» Les agresseurs disparaissent à pied sur une ultime menace.

«J’ai aussitôt composé le 117, poursuit l’épicier. A peine cinq minutes et la première patrouille était sur place, suivie de la brigade canine.» Des faits confirmés par cette même police; mais d’arrestation, point. Pour l’heure, trio d’un soir et tandem de l’autre courent toujours. A Puplinge, l’heure est à la réunion de crise. Convoquée il y a deux jours par le maire Gilles Marti. De son bureau, on voit l’épicerie, la banque et la poste. De son pas de porte, on parle avec le boucher, le boulanger et le pharmacien.

Proximité rime d’abord avec voisinage harmonieux, même si le thème du mois est celui de la sécurité. «La gendarmerie a déjà démontré qu’elle était très active. Elle va intensifier sa présence; d’autres mesures, moins visibles, seront prises en lien avec les gardes-frontière et les agents municipaux», indique le maire, particulièrement concerné.

Pas question de fermer

Pas question en revanche de se décourager. «J’appelle de mes vœux la réouverture prochaine de la banque», continue l’élu communal. Une attitude positive partagée par l’épicier, le dernier arrivé parmi les commerçants du village. Pas question pour lui de fermer son magasin. Le samedi matin, au lever du jour, il était là, avec ses produits frais et son pain artisanal. «Je n’ai pas dormi de la nuit. Blanche comme le masque lisse des deux individus qui m’ont braqué. Je vois encore leurs yeux mobiles derrière cet accessoire de carnaval.»

Pedro Lopes trouve les mots justes pour qualifier ce qu’il a subi. Et avec lui la majorité de ses clients. L’esprit de Puplinge souffle dans cette épicerie pas tout à fait comme les autres. Des primeurs, des rayons bien remplis, mais aussi du lien social à chaque heure de la journée. «J’ai un plaisir énorme à travailler ici»: pour dire cela, le regard est généreux. (TDG)

Créé: 27.01.2012, 23h01

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