A Genève, les punaises de lit gagnent du terrain

Salubrité publiqueLe quartier des  Avanchets a été désinfecté, mais les insectes progressent discrètement.

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«Nous avions traité quatre logements infestés de punaises de lit en 2010. L’an dernier, plus de 1500!» Le constat de Stéphane Aeschlimann, de la société AA + Désinfection, parle de lui-même: les punaises de lit gagnent du terrain à Genève.

En décembre, nous évoquions le quartier des Avanchets, touché par le phénomène. Depuis, propriétaires et régisseurs assurent que la bestiole a été éradiquée. «Nous avions seulement deux appartements concernés sur 180 dans notre copropriété, assure Pierre Aschiero, administrateur de la copropriété Carqueron. A l’aide de chiens, nous avons pu déterminer les foyers et intervenir rapidement.» Traitement de choc pour les locataires qui ont dû déposer toutes leurs affaires personnelles, non lavables à 60 degrés, dans des congélateurs à –20 degrés et se débarrasser de certains meubles impossibles à traiter. «C’est toujours difficile, ce d’autant qu’aucune assurance ne prend en charge ce type de dommage, poursuit Pierre Aschiero. Mais c’est la seule manière d’exterminer la punaise de lit.» Personne n’est à l’abri Pour le responsable, la propagation tient essentiellement dans les mentalités et les idées reçues. «Lorsque les gens en découvrent, ils n’osent pas le dire, craignant qu’on pense qu’ils sont sales. Ils essaient alors de s’en débarrasser eux-mêmes, mais c’est impossible.» Stéphane Aeschlimann confirme: «On intervient beaucoup dans de grands ensembles immobiliers. La contamination passe souvent pas les gaines de ventilation, ou simplement par les enfants allant d’un appartement à l’autre. Mais nous sommes aussi appelés dans des grands hôtels ou des bureaux d’avocats. Le phénomène touche tout le monde.» Un seul contact avec les habits, dans les transports publics, dans des classes ou dans des foules peut suffire. Les sièges de cinéma peuvent aussi en contenir. «Les meubles garnis de tissu sont aussi des vecteurs, confirme Stéphane Aeschlimann. Le locataire dépose un canapé infecté au bas de son immeuble, quelqu’un le récupère et la propagation se poursuit.» Le spécialiste estime qu’aujourd’hui, tout le canton est touché. «On est récemment intervenu au Lignon, aux Libellules, à Onex et en Ville de Genève.» D’autres immeubles des Avanchets ont aussi été traités et l’insecte semble y avoir disparu. «On repasse avec les chiens et pour l’instant, on n’a plus rien détecté, assure Pierre Aschiero. Stéphane Aeschlimann est moins optimiste. «Nous avons pu traiter efficacement des immeubles entiers, certes, mais il faut se méfier. L’an dernier, nous avons désinfecté un centre de vacances genevois en Valais, mais quand les petits Genevois y sont revenus, les punaises ont réapparu.» Prévention et information Pour tous les acteurs, le meilleur traitement reste la prévention et l’information. «Plus on débusque les punaises de lit rapidement, plus on a de chances de stopper la propagation.» Du côté de l’Etat, il n’y a pas encore d’alerte rouge, mais les services d’hygiène sont attentifs. Sur le site Internet de l’Etat, le Département de la santé diffuse déjà une information qui permet à la fois de détecter les bestioles, leurs piqûres et repérer les nids, tout en expliquant les mesures à prendre pour s’en débarrasser. Infos: www.ge.ch La punaise de lit, un fléau.DR (TDG)

Créé: 17.02.2014, 12h09

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