A Archamps, cinq cents frontaliers s’interrogent sur leur avenir

FrontaliersHier soir, le Groupement transfrontalier européen tenait son congrès, en présence du conseiller aux Etats Robert Cramer.

De gauche à droite: Pascale Riat, du GTE, Christian Dupessey, président d’Annemasse Agglo, Christian Monteil, président du Conseil départemental de la Haute-Savoie, et Damien Abad, président du Conseil départemental de l’Ain.

De gauche à droite: Pascale Riat, du GTE, Christian Dupessey, président d’Annemasse Agglo, Christian Monteil, président du Conseil départemental de la Haute-Savoie, et Damien Abad, président du Conseil départemental de l’Ain. Image: Lucien Fortunati

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Salle comble. Hier soir à Archamps, le congrès du Groupement transfrontalier européen (GTE) a attiré 500 frontaliers. L’association, née il y a 53 ans, compte 32 000 adhérents. Son but: défendre les intérêts de cette catégorie de travailleurs, résidant en France et travaillant en Suisse. Et comme le rappelle le président Michel Charrat, les dossiers sont nombreux. «Jamais dans notre histoire, nous n’avons été l’objet de changements aussi négatifs concernant notre statut», souligne-t-il. Parmi les incertitudes qui pèsent sur les frontaliers: les suites de la votation du 9 février 2014. Seul élu suisse présent, le conseiller aux Etats Robert Cramer parle sans détour: «Si on doit appliquer les contingents, on sortira des bilatérales.» Le secrétaire régional d’Unia renchérit: «Les syndicats ont toujours combattu les contingents car ils sont facteurs de précarisation.» Aux yeux de Stéphanie Ruegsegger, directrice départementale de politique générale de la Fédération des entreprises romandes, «les signaux sont à l’orange. Et ce, alors que Genève tire sa prospérité et son savoir-faire de son ouverture.»

Saluant à leur tour l’importance des frontaliers dans les départements de l’Ain et de la Haute-Savoie, les élus français rappellent leur poids économique: «Cinq milliards, c’est le chiffre d’affaires de vos salaires. Il équivaut à la somme des chiffres d’affaires du décolletage», lance Martial Saddier, vice-président de la Région Auvergne Rhône-Alpes en charge de l’économie. A noter, à la fin de 2015, 118 888 personnes se sont acquittées de l’impôt à la source. Soit, selon les calculs de Michel Charrat: 85 000 permis actifs et 34 000 Suisses déclarés résidant en France. «Lorsque les permis sont en danger, c’est pratiquement tous les habitants de ma commune qui sont concernés», commente le maire d’Archamps, Xavier Pin.

D’autres dossiers préoccupent les frontaliers: les risques de doubles affiliations CMU et LAMal; le système de rétrocession des cotisations chômage; la réforme de l’imposition à la source. Sans oublier l’impact désastreux sur l’embauche des frontaliers au chômage de l’application de l’accord franco-suisse obligeant l’employeur suisse à verser les charges sociales en France pour un frontalier cumulant emploi et chômage.

Enfin, le congrès a aussi fait le point sur la situation des transports dans le Grand Genève. Les adhérents ont voté une motion demandant que le tronçon autoroutier Annemasse-Saint-Julien reste gratuit. Ladite gratuité devait en effet prendre fin en décembre 2015.

Dans un élan positif, les élus de Haute-Savoie et de l’Ain ont évoqué la mise en service du Léman Express, des bus à haut niveau de service et des trams. «Nous sommes passés des projets aux chantiers et des chantiers, on ira à la réalité!» a insisté le maire d’Annemasse et conseiller régional Christian Dupessey, prédisant la fin des bouchons pour 2019. (TDG)

(Créé: 11.03.2016, 23h07)

Dossiers

Mots-clés

Publicité

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Herrmann en vacances
Plus...