Restructuration
Merck Serono: des employés en grève de la faim
Par Frédéric Vormus. Mis à jour le 27.06.2012
Dix salariés de Merck (MRK 35.315 0.42%) Serono ont décidé d’entamer une grève de la faim aujourd’hui à 10 heures.
« Je ne vois pas ce qu’on peut faire de plus. » Astrid Melotti s’affirme déterminée. Elle a décidé de cesser de s’alimenter pour envoyer une image forte à la direction en espérant qu’elle cédera, notamment sur la délicate question du plan social, que la jeune femme juge indigent. L’un des grévistes se tapote le ventre en fanfaronnant qu’une diète prolongée lui fera le plus grand bien. Pourtant dès qu’on aborde les effets désastreux du manque prolongé de nourriture sur le métabolisme, le ton se durcit, immédiatement. « La santé s’est déjà affaiblie. Combien de collègues sont en dépression ? Et ceux qui dorment mal ? Le stress qui nous ronge. Le mal est déjà là », s’exclame-t-il.
La grève de la faim durera aussi longtemps que nécessaire, avertissent les dix personnes concernées. La direction a discuté avec les délégués des employés afin, dit-elle, de comprendre la situation. Une assistante sociale et un psychologue ont été contactés par les ressources humaines pour mettre en place des mesures d’assistance appropriées à la situation.
La cinquantaine de collègues sortie pour soutenir les grévistes se tient au bout du parvis. Un mail du management envoyé ce matin rappelle que toute manifestation sur la propriété du groupe est formellement interdite. Un moyen de mettre la pression sur les manifestants. En prenant la parole Alessandro Pelizzari, secrétaire régional Unia Genève, a lancé que: «Cette forme de lutte, symboliquement violente, doit répondre à la violence de la direction». Il a rappelé la grève générale de demain.
Pour Hubert Godinot, l’un des représentants du personnel, la grève de la faim est l’une des dernières cartes à jouer. Il veut interpeller la famille Merck à Darmstadt leur montrer que les conditions de licenciements ne sont pas identiques dans tous les pays. Il s’insurge aussi contre le plan social mais surtout contre les rencontres organisées pour annoncer à chaque employé son avenir. « Des séances d’abattage pendant lesquelles même les managers craquent. En 25 minutes, on annonce au collaborateur s’il est transféré ou non. Aucune indication sur son salaire, sur sa position ou sur les conditions. Sur ces bases, l’employé doit se décider. Quand il s’agit de partir à Darmstadt, Boston ou Beijing, ces bribes d’informations peuvent sembler lacunaires », conclue-t-il. (TDG)
Créé: 27.06.2012, 15h46
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