Le débat de la Tribune
La police doit-elle ouvrir ses rangs aux étrangers?
Par Irène Languin. Mis à jour le 27.01.2012 13 Commentaires
Sondage
Des étrangers dans la police, êtes-vous pour ou contre?
Qui a dit quoi?
« Celui qui devient policier doit adhérer aux valeurs du pays qu’il va servir et en prendre la nationalité »
Alexandre Tétaz Vice-président du Syndicat de la police judiciaire
« Des gendarmes sont binationaux et habitent en France: la couture commence à craquer! »
Eric Bertinat Député UDC au Grand Conseil
Les débats de la Tribune de Genève ont lieu le jeudi à 12h30 au Café des Savoises (9bis, rue des Savoises, Maison des Associations) à Plainpalais.
Les débats de la Tribune de Genève sont menés par notre journaliste Irène Languin (Pascal Frautschi)
Comment se rendre au débat
Articles en relation
Quel est l’intérêt de permettre l’accès à la police genevoise aux étrangers ?
Eric Bertinat (EB): Je précise que j’ai ouvert le débat pour mettre en lumière le manque d’effectifs dans la police. Si un projet de loi était déposé, je ne signerais pas. Reste qu’il manque une centaine de policiers à Genève. La moitié de la population du canton est étrangère: en ne recrutant que des Suisses, on réduit le réservoir de 50%. On doit chercher des solutions innovantes pour que les forces de l’ordre puissent assurer notre sécurité. L’engagement de titulaires de permis C est une piste parmi d’autres. Et les étrangers peuvent déjà postuler, à condition qu’ils soient naturalisés lors de leur prestation de serment.
Alexandre Tétaz (AT): Les syndicats sont opposés à cette possibilité. Certains collègues, par exemple, collaborent avec la police fédérale pour des missions sensibles: serait-ce normal que des étrangers traitent ces dossiers? Ensuite, lors du recrutement d’une personne, on enquête sur ses antécédents de police. C’est facile d’obtenir ces informations sur des Helvètes, mais plus délicat dans certains pays. Autre problème: si un policier commet une faute, il est important qu’il puisse être traduit en justice en Suisse. Or, un étranger peut se réfugier dans son pays d’origine. Dernier point enfin, une disposition fédérale interdit aux ressortissants de dix Etats de porter une arme à feu. Si un titulaire de permis C originaire d’un de ces pays postule, on devrait le refuser.
Fusionner les polices cantonale et municipales, c’est une solution ?
EB: Absolument. Il n’y a aucune raison qu’il y ait autant de polices que de communes dans un canton aussi petit que Genève. Il est impératif de regrouper les forces et de redistribuer les missions.
AT: Nous ne sommes pas opposés à la fusion, qui est mentionnée dans le projet Phénix (réorganisation de la police ndlr). Ce qu’on reproche à Mme Rochat est de ne pas avoir assez intégré les syndicats à cette discussion. Il est essentiel que notre expérience de terrain soit entendue pour trouver les moyens de fusionner au mieux.
EB: Isabel Rochat a présenté son projet avant d’avoir consulté les principaux partenaires, c’était maladroit. Du coup, les parties concernées se sont cabrées. Il faut toutefois que les gendarmes, qui refusent de travailler avec les policiers municipaux, abandonnent leur esprit de chapelle.
Comment rendre le métier plus attractif ?
AT: D’abord, le politique, qui ne cesse de nous attaquer sur nos acquis sociaux, a sa responsabilité dans le découragement des jeunes vis-à-vis du métier. Ensuite, il faut professionnaliser le recrutement, engager des gens expérimentés qui sachent vendre une image positive des policiers dans les écoles et réaliser des campagnes de marketing. L’Etat vient d’embaucher un spécialiste de la formation. C’est positif, mais son poste est à mi-temps et pour deux ans. Nous avons besoin de quelqu’un à long terme.
Isabel Rochat promet plus de 100 policiers d’ici fin 2013. Réaliste ?
EB: Ce sont des chiffres totalement fantaisistes. Entre les départs à la retraite et les écoles en cours, on n’y arrivera jamais.
AT: Avec le nouveau Code pénal, on a une charge administrative énorme. Or, un policier veut être sur le terrain, pas faire de la paperasse. Pourquoi ne pas dégager des budgets pour des postes d’assistants administratifs? Il y aurait davantage d’uniformes dans la rue, à la satisfaction de la population. (TDG)
Créé: 27.01.2012, 09h24
Publier un nouveau commentaire
Caractères restants:
13 Commentaires
Bonjour.
Je suis Suisse naturalisée issue de l'immigration défavorisée et je pense ceci :
Augmentations de salaire = augmentation des effectifs.
Des policiers étrangers (permis C) = salaires à la baisse.
Il ne restera plus que des étrangers dans la police...
Etrangers dans la police : non merci.
Bonne journée.
Répondre
Je comprends la "provocation" d'Eric Bertinat. Pour faire bouger l'establishment, il faut en effet inciter en stimulant les esprits les plus conservateurs. Je ne pense pas que l'engagement d'étrangers est la solution immédiate, mais que les suisses de souche réfléchissent sérieusement et urgemment sur le rôle qu'ils entendent jouer dans notre société sur le plan civique. J'ai quelques doutes... Répondre


Veuilliez attendre s'il vous plaît 




