Deux villages genevois sont envahis par les chats errants

Reportage Le maire de Choulex a lancé l’alerte auprès du vétérinaire cantonal. SOS Chats fait le point.

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Les villages de Choulex et de Chevrier sont envahis par les chats errants. «Il y en a des dizaines et des dizaines, toute la région est infestée», insiste Claude Pétremand, conseiller municipal à Choulex. Si le problème n’est pas nouveau, il s’intensifie à chaque nouvelle portée. Inquiet pour la biodiversité de la région, le villageois a récemment alerté les élus sur la problématique. Le maire, Patrick Rechsteiner, vient d’écrire au vétérinaire cantonal. Qui lui a conseillé de contacter SOS Chats ou la Société genevoise de protection des animaux (SGPA) pour stériliser les bêtes sans propriétaire.

Afin d’évaluer l’ampleur de l’invasion, nous nous sommes rendu sur place vendredi matin. Sur le coup des 9 heures, on est encore loin des Aristochats dans cette commune de la Rive gauche. Il y a bien de coquettes villas aux alentours, mais peu de griffes à l’horizon. «Si, si, il y a beaucoup de chats ici, j’en ai déjà vu deux ce matin, assure un villageois au café, un pichet de vin blanc sur la table. Mais ils ne nous dérangent pas, ils sont peinards.»

A en croire plusieurs habitants, les félins se réfugient le jour à la sortie du village de Chevrier, collé à celui de Choulex. «Ils arrivent du champ et traversent le jardin, confirme Corinne, dont la maison borde la Seymaz. Presque à chaque fois que je regarde par la fenêtre, j’en vois un.»

Il y a deux ans, cette Choulésienne en a eu marre de ces visiteurs impromptus. «Ils crottent sur le paillasson, ce n'est pas l’horreur mais c’est agaçant», peste-t-elle. Lasse, un jour, elle a appelé de son propre chef SOS Chats en prenant soin d’avertir ses voisins. «Dès qu’on s’attaque aux animaux, il faut être prudent, c’est un sujet sensible», confie-t-elle. Des membres de l’association sont venus à plusieurs reprises munis de trappes et d’appâts pour capturer ces bêtes domestiques retournées à l’état sauvage. En vain. «Ils n’ont pas réussi à en attraper», déplore Corinne.

C’est qu’au bout de la rue, à droite, loge Irène Bozonet, «une amoureuse des chats», comme la décrivent ses voisins. «Tous ceux qui n’ont pas à manger viennent ici», confie cette habitante de 93 ans en ramassant un plat à gratin dans ses rosiers. Chaque soir, la retraitée pose une assiette de pâtes mélangées à de la pâtée et deux bols de lait tiède devant sa porte. «Si les chats n’ont pas tout bu le matin, je les leur réchauffe», précise-t-elle avec tendresse. A côté de ce festin, pas étonnant que la boîte de thon placée au fond d’une cage en fer ne fasse frétiller aucune moustache.

Cela fait maintenant douze ans qu’Irène Bozonet choie les vagabonds du quartier. Les premières années, elle installait des trappes elle-même et emmenait les captifs chez le vétérinaire pour les stériliser. Mais aujourd’hui, la villageoise n’en a plus la force. «Je demande parfois à mon petit-fils, mais je ne peux pas sans cesse le déranger pour cela», souffle-t-elle.

Combien de chats régale-t-elle? Irène Bozonet parle d’une dizaine. Son voisin, Olivier Galetto, estime, lui, à une bonne vingtaine le nombre de bêtes qui traversent quotidiennement son jardin. Pour la présidente de SOS Chats, Valérie Derivaz, il s’agit déjà d’une grande colonie. Le maire de Choulex contactera prochainement la spécialiste ou la SGPA pour éradiquer le problème dans la commune.


Entre 150 et 200 chats sont stérilisés chaque année

«Cats Outdoor» . C’est le nom de la convention signée en 2010 entre l’Etat, le Service de la consommation et des affaires vétérinaires, la Société genevoise pour la protection des animaux, SOS Chats et la Société genevoise des vétérinaires pour éviter la prolifération de chats harets – chats domestiques retournés à l’état sauvage – dans le canton. Chaque année, entre 150 et 200 félins sont ainsi capturés et amenés chez un vétérinaire. «Ils sont ensuite stérilisés, vaccinés contre la rage, traités contre les parasites, dotés de micropuces et incisés à l’oreille en signe de reconnaissance avant d’être relâchés sur place», explique Valérie Derivaz, présidente de SOS Chats. La spécialiste estime que cette campagne a permis de stabiliser la population de chats errants dans le canton. L’état de santé de ces animaux sauvages s’est également amélioré. «Nous ne voyons plus de chats avec des maladies transmissibles à l’homme, comme c’était le cas il y a vingt ans», confie Valérie Derivaz. Mais la présidente de SOS Chats est formelle: pour que l’association puisse travailler efficacement, il est impératif que les habitants cessent de nourrir les vagabonds. C.G.

(TDG)

Créé: 23.04.2017, 17h16

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