Condamné douze fois, il a tenté de s’évader

GenèveLe détenu qui a agressé récemment des convoyeurs est passé en appel hier pour d’autres faits.

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Illustration Image: Steeve Iuncker-Gomez

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Le détenu qui a tenté de s’évader le 7 janvier en attaquant des agents de sécurité privée refait parler de lui. La Chambre pénale d’appel et de révision a examiné hier son cas, pour des faits antérieurs. Les débats ont eu lieu en l’absence de l’intéressé, S. ayant refusé de quitter Champ-Dollon, où il vient d’être placé en régime de haute sécurité pour six mois, a appris la Tribune de Genève.

Condamné à quatre ans d’emprisonnement en première instance pour des cambriolages, des vols, des escroqueries, entre autres, S. avait en revanche été acquitté pour la tentative de braquage d’un supermarché Denner survenue en janvier 2014. Tout comme son compagnon d’infortune, condamné à six mois ferme pour d’autres infractions.

Convaincu de leur culpabilité, le Ministère public a fait appel. La procureure chargée du dossier a égrené hier les éléments accablants: leur comportement suspect à l’extérieur et à l’intérieur du Denner, la position de leur scooter près de la sortie de secours, le changement de la plaque d’immatriculation sur place ou encore la présence d’un pistolet-mitrailleur dans leur véhicule. Depuis leur arrestation, «les prévenus n’ont eu de cesse d’adapter leurs déclarations», a-t-elle relevé, qualifiant S. de «roi des embrouilles». Son curriculum impressionne: condamné à douze reprises entre 2002 et 2011 en France, il fait actuellement l’objet d’une procédure d’extradition pour un car-jacking. Bref, elle réclame sept ans de peine privative de liberté pour S. et quatre ans pour le second couteau.

Tout aussi mécontents du jugement de première instance, mais pas pour les mêmes raisons, les deux avocats de S. ont tenté de démonter les éléments à charge. «Il n’y a pas eu de vol, pas de moyen de contrainte ni de violence. Ils n’avaient pas d’arme sur eux», a remarqué Me Marc-Alec Bruttin. Son confrère Me Georges Rimondi a raconté l’adolescence difficile de S. Bon élève jusqu’à l’âge 12 ans, tout bascule lorsqu’on lui découvre une tumeur au cerveau. Opéré plusieurs fois, il a passé neuf mois dans le coma. En raison de ses soucis de santé, «il sera déscolarisé malgré lui». Le Français grandit «sans père ni repères» dans un quartier sensible. De quoi le conduire sur le chemin de la délinquance. Aujourd’hui, «c’est un garçon qui vit avec une valve dans la boîte crânienne. Il doit encore être opéré à la fin du mois.» Les avocats de S. évoquent ses regrets et espèrent une réduction de peine avec du sursis. Le défenseur du second prévenu souhaite une confirmation du jugement. La Chambre rendra prochainement son arrêt. (TDG)

(Créé: 18.01.2016, 22h19)
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