Le loup est parti, le berger parade

Éditorial

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Oskar Freysinger n’aura été qu’un ministre éphémère. Lui qui, il y a quinze mois encore, visait une place au Conseil fédéral, est brutalement tombé de son piédestal valaisan. En quatre ans, le chef de la Formation et de la sécurité s’est mis à dos une bonne partie des enseignants et des électeurs qui avaient cru en lui. Il a achevé le travail en cherchant alliance avec l’aile conservatrice d’un PDC qu’il pensait diviser. Raté sur toute la ligne. Bye-bye, le chanteur au catogan.

Mais pour faire sortir le grand méchant loup de la bergerie, il a aussi fallu que les frères ennemis PDC et PLR pactisent en haut lieu, à grand renfort de consignes de vote. Ils ont réussi leur coup double: non seulement la menace Freysinger est écartée, mais celle représentée par Stéphane Rossini s’est évaporée. L’ex-conseiller national socialiste, placé dans le quintette gagnant au premier tour, n’a pas survécu au second. La gauche ne pourra donc compter que sur la terne Esther Waeber-Kalbermatten dans ce gouvernement de centre droit.

«Peut-être un gouvernement à sept membres apporterait-il un souffle nouveau au Valais de demain»

Frédéric Favre, le nouveau venu PLR, sera-t-il davantage qu’un doux agneau sous la coupe du nouveau berger Christophe Darbellay? A voir. Le PDC, en tout cas, a profité de ce scrutin hors normes pour réaffirmer sa domination, quatre ans après avoir laissé filer sa majorité absolue au Grand Conseil. Non seulement les démocrates-chrétiens ont maintenu leur suprématie avec trois élus sur cinq au gouvernement, mais ils se sont payé le luxe de désigner les deux derniers occupants.

Si la question était de savoir qui commande dans le Vieux-Pays, c’est donc réglé. Mais ce règne sans partage de la droite bourgeoise laisse songeur. Les appels au pluralisme et aux idées nouvelles entendus dans le brouhaha de cette campagne paraissent légitimes. Peut-être un Conseil d’Etat à sept membres, comme le connaissent Vaud, Genève et Fribourg, apporterait-il un souffle nouveau au Valais de demain. (TDG)

Créé: 20.03.2017, 07h24

Patrick Monay, rubrique Suisse

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