François Fillon sur la défensive

CommentaireLe candidat de la droite et du centre faisait mardi soir sa rentrée médiatique sur TF1. Moins convaincant que durant la primaire.

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Se présentant comme le «candidat de la vérité», François Fillon a eu un peu de mal à assumer les mesures les plus radicales qui ont fait son succès à la primaire de la droite et du centre. Pour sa rentrée médiatique mardi soir sur TF1, il était sur la défensive, mettant sur le compte de «caricatures scandaleuses» de la presse et de ses adversaires politiques, le rejet par une partie de l’opinion de son programme en matière d’Assurance-maladie, notamment.

Même en l’écoutant attentivement mardi soir, il était bien difficile de savoir s’il avait ou non reculé sur ses propositions de laisser la prise en charge des petits soins, de la bobologie aux assurances complémentaires pour ne réserver les remboursements de l’Assurance-maladie qu’aux affections graves et lourdes interventions.

De plus, sa défense était assez maladroite. En indiquant d’abord, que c’était «déjà le cas», on comprend mal pourquoi il en fait une mesure de son programme. Et puis, en brandissant ses appartenances gaulliste et chrétienne «de surcroît», il s’achète un brevet de bonne conduite pour pas cher. «Je suis gaulliste et, de surcroît, je suis chrétien je ne prendrai jamais une décision qui soit contraire au respect de la dignité humaine, au respect de la personne humaine, au respect de la solidarité.» Soit, mais que propose-t-il qui ne soit pas dans une logique purement financière?

Pour lui, le modèle social français est à l’agonie. Et les chiffres le montrent: un chômage à 6 millions de personnes, une pauvreté qui n’a jamais été aussi répandue (9 millions de personnes). Une visite à Emmaüs, le jour même, venait opportunément illustrer son souci social. Quand Gilles Bouleau lui fait remarquer que le gouvernement Valls avait fortement réduit le trou de Sécurité sociale, le candidat de la droite lance: cela ne durera pas, en raison du vieillissement de la population et des progrès de la médecine. Sur ce constat, il faudrait donc maintenir sa proposition…

«L’Etat est en faillite et il faut engager le redressement national par une baisse drastique de la dépense publique». Sur ce point, François Fillon est resté sur ses positions de campagne pour la primaire: 500 000 fonctionnaires en moins (-8%), en ajoutant que tous n’étaient pas des policiers, des infirmières, des enseignants ou des magistrats. Non, mais cela fait quand même beaucoup de monde… Comment compenser: faire travailler plus les fonctionnaires.

Un programme brutal? Comme le disent tous ses adversaires à gauche et à l’extrême droite? François Fillon renvoie la critique: c’est la situation actuelle qui est brutale. Une purge? «La purge c’est aujourd’hui, moi je veux qu’on s’en sorte». Le jour même Manuel Valls soulignait que Fillon voulait punir les Français.

Au fond, le problème de François Fillon est simple, s’il amende son programme, il perd en efficacité et en force auprès du cœur de son électorat. S’il ne le fait pas, il s’interdit de rassembler autour de sa candidature une partie du centre et pour l’élection présidentielle une majorité de Français. Une équation difficile à résoudre si l’on veut être le candidat de la vérité.

(TDG)

Créé: 04.01.2017, 11h29

Olivier Bot, chef de la rubrique Monde.

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