La réponse de Palexpo à la guerre des salons

AutomobileRéseaux sociaux, salons alternatifs… Les constructeurs soupèsent de plus en plus leur participation aux grand-messes du secteur.

«Le public veut encore toucher les modèles, s’y glisser – une voiture n’est pas un téléphone portable», explique André Hefti, patron du Salon de l’auto.

«Le public veut encore toucher les modèles, s’y glisser – une voiture n’est pas un téléphone portable», explique André Hefti, patron du Salon de l’auto. Image: LAURENT GUIRAUD

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A quelques heures de l’ouverture du Salon, on suit André Hefti sous un pont élévateur. Alors, menacé, le Salon, Monsieur le directeur général? «J’entends les inquiétudes, mais quand je vois le nombre de visiteurs qui viennent de Milan ou de Turin – l’Italie n’a plus un seul vrai salon – je relativise», lance le responsable du Geneva International Motor Show. Il y a pourtant des raisons de s’interroger.

Las Vegas parano

Le fait que le Mondial de l’automobile de Paris attire 1,25 million de visiteurs – pas loin du double de ceux attendus à Genève – n’a pas empêché sept marques, parmi lesquelles Ford, Mazda, Volvo mais aussi Aston Martin ou Lamborghini, à manquer à l’appel en octobre. Le constructeur scandinave passé sous la coupe des Chinois ne va plus qu’à un seul salon par an et par continent. En Europe, c’est Genève. Nissan vient de l’imiter il y a quelques semaines. Peugeot a décidé de ne pas participer au salon de Francfort, en septembre. La marque tricolore estime que le retour sur investissements est trop faible.

Il y a également la concurrence croissante des salons de l’électronique, sur lesquels sont présentés les équipements cruciaux de véhicules de plus en plus «connectés». C’est le cas de la grand-messe de Las Vegas – le CES – sur lequel étaient présents une dizaine de constructeurs, comme Honda ou Hyundai.

Le modèle Tesla

Le stand fait-il encore vendre? La question dépasse la seule guerre des salons. Internet et les réseaux sociaux ont révolutionné la façon dont les marques se vendent. Apple a montré la voie, Tesla a suivi. Le constructeur américain de voitures à batteries ne viendra pas à Genève, la marque en vogue se piquant d’organiser ses propres événements.

Les premières mondiales restent néanmoins encore dévoilées sur un stand – plus d’une centaine de ces nouveautés marqueront l’édition 2017 du Geneva International Motor Show. «Les exposants trouvent leur compte dans la communication mondiale que permettent ces journées», lance André Hefti.

Le «rabais salon» a vécu

«De son côté, le public veut encore toucher les modèles, s’y glisser – une voiture n’est pas un téléphone portable», poursuit le responsable de la manifestation. Les comportements ont cependant bien changé. Révolue l’époque où on allait au Palais des expositions de Plainpalais bénéficier du «rabais salon» sur une Opel Rekord: primes de reprise, concurrences des «discounters»… l’achat – et le prix – final obéit à des calculs plus complexes.

Aujourd’hui, les ventes réalisées sur le Salon sont marginales, à l’exception des modèles les plus exclusifs comme Bugatti, Rolls-Royce ou McLaren. «Pour ces marques, le Salon reste un lieu de vente important», explique le directeur du Salon. La clientèle fortunée semble apprécier de pouvoir se poser en jet à Cointrin, à deux pas d’un stand auquel les spots et le public maintenu à distance donnent de faux airs de plateaux TV.

L’arithmétique du pavillon

Au final, les comptables auront cependant le dernier mot. En dépit du très cher franc suisse, le Salon de Genève demeure compétitif. Son propriétaire reste une fondation. Ceci lui permet de proposer au départ des stands à 110 francs le mètre carré – les plus grands, comme Renault ou VW couvrent 3000 mètres – et d’accorder une ristourne en fonction de l’affluence, faisant baisser les prix autour de 90 francs. Soit pas loin de la moitié des 160 euros exigés à Paris ou Francfort.

Les économies concernent également la construction des stands. «Il y a vingt ans, on mettait tout à la poubelle à la fin de chaque édition», décrit André Hefti en montrant la conque immaculée qui recouvre l’espace Toyota. Réutilisée, cette charpente est la même que celle montée lors de l’édition 2016. (TDG)

Créé: 07.03.2017, 21h50

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