Economie genevoise
Promoédition va licencier un tiers de son effectif
Par Frédéric Vormus. Mis à jour le 02.07.2012 2 Commentaires
En chiffres
Promoédition SA est l’une des trois sociétés qui composent Quorum Communication. Fondé par Roland Ray en 1972, le groupe est actif dans l’édition mais aussi dans la régie publicitaire et l’événementiel. Le pôle édition publie une dizaine de titres en nom propre (Hors ligne, L’année horlogère, Heure suisse, Avant première, Babymag, Banque & Finance), des magazines professionnels (Affaires publiques, Le cafetier) et possède quelques licences, notamment les pages suisses
de Paris Match et Elle. F.V.
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«Nous avons dû réduire la voilure suite à une grosse baisse du chiffre d’affaires depuis novembre 2008. En resserrant les boulons, nous serons à nouveau rentables dès le mois de septembre», soupire Roland Ray, directeur de Promoédition, société qui publie une quinzaine de titres en Suisse romande, dont Hors ligne, Banque & Finance, Avant première, etc. (voir ci-dessous). Il a déjà procédé à six licenciements et pense devoir encore supprimer quatre postes avant la fin de l’année, soit dix?personnes sur un total de 30.
Comme beaucoup d’éditeurs, Promoédition subit de plein fouet la chute des recettes publicitaires. Les annonces insérées dans la presse suisse ont diminué en mai pour le neuvième mois consécutif. Elles sont en recul de 12,8% par rapport à l’année précédente et n’atteignent plus que 128 millions de francs. Plus qu’Internet, Roland Ray incrimine le changement d’habitudes des annonceurs, qui privilégieraient désormais les rapports de proximité avec leurs clientèles en organisant des événements. Si la crise est à blâmer, le manque de réactivité de Roland Ray n’a pas contribué à amoindrir le choc. Pour Isabelle Mercier, rédactrice en chef licenciée de Babymag.ch, qui a été racheté en 2011 par Promoédition, «Roland Ray a fait des erreurs stratégiques. Il n’a pas prévu le retournement du marché, qui l’a donc heurté de plein fouet.» Un manque d’anticipation que reconnaît l’intéressé.
En effet, le chef d’entreprise a immédiatement cherché à réduire ses charges. Ainsi, l’équipe de pigistes qui a réalisé Babymag.ch n’a pas été payée, à l’exception de ceux qui ont accepté de participer à l’élaboration du prochain numéro d’août à paraître, comme l’explique Me?Alexandre Curchod, avocat des journalistes: «Je représente douze journalistes pigistes liés à Babymag. Monsieur?Ray en a déjà payé quatre qui ont accepté de travailler sur le prochain numéro de Babymag pour lequel ils seront rétribués à 60?jours. Il doit encore s’acquitter d’une créance d’environ 10?000?francs.» Un montant réfuté par Roland Ray, qui parle de 5000 à 6000?francs au plus. L’avocat spécialisé en droit des médias affirme: «Monsieur Ray a une façon bien à lui de régler les problèmes. Il fait comme il veut. Il n’a jamais daigné répondre aux courriers que je lui ai envoyés.»
Promoédition a toutefois une chance dans ses difficultés. La presse spécialisée semble mieux se comporter que les titres généralistes. Elle affiche des rentrées publicitaires en hausse et un public plus fidèle. Une idée à laquelle Roland Ray se rattache: «Il y a plus de 80?000 naissances en Suisse chaque année. Un magazine comme Babymag.ch a donc toutes les raisons d’exister.» D’ailleurs aucun de ses titres n’est condamné. Roland Ray va devoir, comme il le répète, faire plus avec moins. Les années où son groupe affichait 24 millions de chiffre d’affaires semblent loin.
(TDG)
Créé: 02.07.2012, 10h17
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2 Commentaires
Cher monsieur, si on peut croire que des parents achètent votre magazine pour son contenu, le nombre de naissances comme prétention à vendre ce "contenu" est une absurdité de publicitaire et de statisticien. Vos titres "souffrent" du manque de publicité, pourtant vos magazines ne sont guère que de la publicité déguisée, il est dès lors assez logique qu'ils se vendent de moins en moins. Répondre
Bonjour, j'ai la triste impression que les employés non payés ne l'ont pas été parce que les sous ont été dépensés en nourritures riches et boissons chères. En fait, il faut savoir que ces revues "de luxe", destinées aux salles d'attente des cabinets médicaux, avocats, etc. ont eu la réalisation des planches fait par des stagiaires sous-rémunérés. Les imprimeurs, eux, faut les payer! Répondre





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