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Skimming

De plus en plus de banques adoptent le géoblocage

Mis à jour le 08.07.2012 1 Commentaire

Pour lutter contre le «skimming», de plus en plus de banques limitent ou bloquent désormais les retraits effectués via des cartes de débit dans plusieurs pays, notamment en Asie, en Afrique ou aux USA.

Les malfrats copient souvent le code et les données des cartes avec des faux claviers. Ils fabriquent ensuite de fausses cartes qui leur permettent de débiter les comptes des personnes piégées.

Les malfrats copient souvent le code et les données des cartes avec des faux claviers. Ils fabriquent ensuite de fausses cartes qui leur permettent de débiter les comptes des personnes piégées.
Image: Keystone

Les banques réticentes à rembourser

Les banques sont tenues de rembourser les victimes de «skimming» si la fraude est avérée. Mais elles rechignent parfois à le faire, affirmant que les clients n’ont pas été assez prudents, constate la Fédération romande des consommateurs (FRC).

Plus le nombre d’abus augmentera, plus les banques seront sévères en matière de remboursement, note Valérie Muster, juriste à la FRC. Elles ont des conditions générales «assez bétonnées», dont les clauses leur permettent «une bonne marge de manoeuvre».

Ces écrits stipulent souvent que si un client n’a pas fait preuve de «toute la diligence requise» en utilisant un bancomat ou un terminal de paiement, il ne pourra pas récupérer l’argent détourné. Cette clause peut par exemple être invoquée si l’appareil a été manipulé de manière visible.

Il est clair que les banques ne peuvent pas se permettre d’être trop coulantes en matière de remboursement, admet Valérie Muster. Mais «cela me fait hurler» lorsque le skimming est avéré et qu’elles prétendent par exemple qu’un malfrat a regardé le code du consommateur par-dessus son épaule. Ce genre de situation n’arrive toutefois pas chaque semaine et pas toujours avec la même banque, relativise-t-elle.

Le consommateur est souvent tributaire des explications de la banque. Il a beau assurer que le bancomat fonctionnait: l’établissement financier pourra affirmer le contraire et ce d’autant plus si aucun usager n’a porté plainte auprès de la police.

Les cartes de crédit moins concernées

Les banques conseillent aux vacanciers de recourir à une carte de crédit pour leurs transactions dans les pays lointains. Celles-ci font moins souvent l’objet de «skimming».

Les fraudes avec des cartes de crédit ne concernent que quelques pour mille du chiffre d’affaires de Swisscard, affirme à l’ats Klaus Rixecker, responsable des risques au sein de la société émettrice de cartes de crédit. Au total, 40% des escroqueries ont lieu sur Internet, par exemple lorsque les malfaiteurs volent les informations des clients qui effectuent des achats en ligne. Et 30% résulte de «skimming». Le reste est à mettre sur le compte d’autres tromperies.

Mais alors que la criminalité sur Internet croît fortement, les cas de «skimming» sur des cartes de crédit augmentent à peine, poursuit Klaus Rixecker. Swisscard constate toutefois une très légère hausse lors de vacances d’été.
Les banques qui ont introduit le système de géoblocage suggèrent à leurs clients qui se rendent en dehors d’Europe d’utiliser une carte de crédit ou une carte de crédit prépayée. Comme elles sont plus rarement utilisées dans des bancomats ou des terminaux de paiement que les cartes de débit, les risques de skimming sont moins importants.
Les fraudes sont «moins instantanées» avec les cartes de crédit, puisque les usagers disposent de trente jours pour contester les retraits, note Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs.

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Le «skimming» a rapporté plusieurs millions de francs aux escrocs ces dernières années. Les sommes détournées depuis que la police et les banques ont lancé en mars une campagne nationale de prévention restent au même niveau qu’il y a un an, indique Rolf Nägeli, de la police municipale de Zurich, qui chapeaute la campagne. Le nombre de bancomats manipulés a certes diminué, mais les malfrats se tournent désormais vers les terminaux de paiement dans les commerces, les stations service ou les gares, constate-t-il. Ils s’attaquent aussi aux appareils dans lesquels il faut glisser sa carte pour ouvrir les portes permettant d’accéder aux bancomats. En outre, des cartes piratées sont parfois utilisées pour la première fois plusieurs mois après la fraude.

Bilan à l’automne

Pour rappel, les malfrats copient le code et les données des cartes de débit avec des caméras ou des faux claviers. Ils fabriquent ensuite de fausses cartes qui leur permettent de débiter les comptes des personnes piégées.

La police et les banques ne fournissent pas de chiffres avant la fin de la campagne cet automne. Ils diront alors si cette tentative de sensibilisation a permis de limiter la fraude. Il tireront aussi un bilan des systèmes de «géoblocage» proposés depuis peu par certaines banques.

Géoblocage

Mais Rolf Nägeli affiche déjà son enthousiasme concernant cette solution qui empêche ou limite l’usage des cartes de débit depuis des pays considérés comme peu sûrs: «si tous les clients de toutes les banques utilisaient le géoblocage, le skimming serait éradiqué», assure-t-il.

Les malfaiteurs n’auraient plus aucun intérêt à pirater les cartes puisque les retraits abusifs ont lieu à partir de bancomats de régions où les appareils lisent les données de la bande magnétique. C’est notamment le cas en Amérique du Nord et du Sud, en Asie et en Afrique. En Suisse, en revanche, les opérations de retrait sont traitées au moyen de la puce.

Mais le géoblocage doit pouvoir être appliqué de manière simple, estime Rolf Nägeli. S’il est trop compliqué à utiliser, les clients n’y auront pas recours.

Débloquer avant les vacances

Les détenteurs d’un compte chez PostFinance peuvent restreindre l’utilisation de leur carte de débit par zones géographiques via Internet ou en téléphonant au service clientèle. Ils peuvent aussi débloquer certains pays avant de séjourner à l’étranger.

Quelques milliers de clients de PostFinance ont eu recours au géoblocage introduit en novembre, indique son porte-parole Alex Josty. Le système fonctionne bien du point de vue technique, mais il est difficile de chiffrer les résultats en matière de lutte contre le «skimming», selon lui.

Selon le spécialiste du traitement des données SIX Card solutions, la «grande majorité» des banques proposent aussi cette possibilité. Certaines banques cantonales, à l’instar de la BCV depuis le 2 juillet ou de la BCVs à partir du 1er août, limitent à 300 francs les retraits effectués avec une Maestro à l’extérieur de la «zone Europe», qui compte une soixantaine de pays.

La BCN bloque tous les retraits hors de cette zone. La BCJ fait de même, mais ses clients peuvent choisir une limite journalière temporaire s’ils se rendent dans les pays concernés.

Limites saluées

Pour Valérie Muster, juriste à la Fédération romande des consommateurs (FRC), les limites de retrait représentent une assez bonne méthode pour prévenir le «skimming», mais les bloquages ne sont pas une solution idéale. Et les banques doivent informer correctement leurs clients, «car il n’y a rien de plus désagréable» que de ne pas pouvoir retirer de l’argent à l’étranger.

Les grandes banques ne recourent pas pour l’heure à ce système, préférant miser sur la sécurisation des bancomats et terminaux. Le géoblocage fait partie des nombreuses possibilités étudiées par Credit Suisse pour lutter contre le skimming, indique une porte- parole. (ats/Newsnet)

Créé: 08.07.2012, 08h14

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1 Commentaire

Michèle Herzog

08.07.2012, 13:03 Heures
Signaler un abus 4 Recommandation 1

Les escroqueries en tous genres dans le domaine de la finance ne cessent d'augmenter. De la même façon que les infractions liées à la violence dans les rues. Il est impératif de réagir rapidement, avec vigueur. Pour information, il existe un système très utile en voyage, surtout pour les jeunes: Travel cash. Se renseigner dans les bureaux CFF. Répondre



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