Chômage
Plus de la moitié des chômeurs sont des femmes
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La vaste étude publiée mercredi par l'Office fédéral de la statistique (OFS) montre que le taux de chômage féminin était, en Suisse, entre 2001 et 2011, systématiquement plus élevé que celui des hommes. En cause, notamment, le comportement différent des deux sexes face au travail.
Les femmes sont moins nombreuses que les hommes sur le marché du travail: on compte environ 2,1 millions de femmes actives contre près de 2,5 millions d'hommes, soit une part des femmes dans la population active de l'ordre de 45,7%. En revanche, les femmes forment le 50,4% des chômeurs en 2011 et leur taux de chômage est plus élevé: 4,4% pour les femmes contre 3,7% pour les hommes en moyenne en 2011.
L'OFS suit la définition du Bureau international du travail (BIT) pour calculer le taux de chômage. Le BIT calcule le nombre de personnes en âge de travailler en recherche d'emploi. Le Secrétariat d'Etat à l'économie (Seco) en revanche ne prend en compte que les demandeurs d'emplois inscrits auprès des Offices régionaux de placement (ORP).
Première étude depuis vingt ans
L'étude publiée mercredi par l'OFS s'appuie sur les données de l'enquête suisse sur la population active (ESPA) et sur la source de données Protection sociale et marché du travail (SESAM) pour laquelle on dispose de données issues de l'assurance chômage. Il s'agit de la première étude sur le chômage des femmes depuis presque vingt ans, la dernière datant de 1993.
Le «surchômage» des femmes touche principalement les personnes venant des Etats dits «tiers», c'est-à-dire des pays non membres de l'UE/AELE. Le taux de chômage BIT s'élève chez elles à 13,8% contre 10,6% pour les hommes.
Autre catégorie particulièrement concernée, les femmes vivant dans un ménage avec enfant(s) de mois de 7 ans. Le taux de chômage s'élève pour elles à 5,2% contre 2,3% pour les hommes).
Pour le groupe des 25 à 54 ans, soit l'essentiel de la force de travail et la majorité des personnes en âge d'avoir des enfants de 15 ans et moins, les femmes sont aussi plus touchées que les hommes.
Selon l'OFS, le comportement différent des hommes et des femmes explique ces différences. Les femmes se retirent plus souvent du marché du travail, au moins temporairement, afin d s'occuper des enfants. Elles sont par ailleurs plus souvent inactives avant de chercher un emploi.
46,9% n'étaient plus actives sur le marché du travail quand elles ont commencé à chercher un emploi (29,6% pour les hommes). Ceci explique pourquoi la majorité des femmes qui recherchent un emploi ne sont pas inscrites auprès des ORP. Seules 39,5% d'entre elles sont inscrites, contre 52,6% des hommes.
Les femmes ont également davantage de difficultés à se réinsérer sur le marché du travail. Elles passent en moyenne 245 jours à chercher un emploi contre 226 jours pour les hommes.
Temps partiel prédominant
Les femmes sont aussi plus nombreuses à occuper une activité à temps partiel. 57,8% d'entre elles ont un taux d'occupation inférieur à 90% contre 13,5% pour les hommes. La majorité des femmes actives (53,1) travaillent dans le tertiaire. Le développement du tertiaire a été accompagné d'une forte progression de l'activité féminine.
Entre 2001 et 2011, le nombre d'hommes actifs a augmenté de 11% et celui des femmes actives de 15%. La population active est passée de 4 millions environ en 2001 à près de 4,6 millions au dernier trimestre de 2011.
Même si les femmes sont plus actives, leur taux d'activité reste inférieur à celui des hommes. Entre 40 et 54 ans, on compte 83,9% de femmes actives contre 95,7% d'hommes. Proportionnellement, il y a davantage de femmes qui se sont retirées du marché de travail, ou qui n'y sont jamais entrées, que d'hommes.
Enfin, le taux de chômage des femmes en période de reprise économique baisse moins rapidement que celui des hommes. Inversement, le taux de chômage des hommes monte plus rapidement en période de ralentissement économique.
Les femmes sont plus exposées au risque de chômage en raison d'un niveau de formation moins élevé et d'interruptions de carrière pour élever leurs enfants. Les hommes, davantage présents dans le secondaire, (32,3% contre 10,% pour les femmes) sont aussi plus exposés au chômage conjoncturel. (ap/Newsnet)
Créé: 08.08.2012, 15h29
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