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Les patrons genevois partent en croisade pour une Genève ouverte

Par Roland Rossier et Frédéric Vormus . Mis à jour le 26.09.2012 42 Commentaires

Les milieux économiques visent à redonner confiance à une population «tentée par le populisme». Polémique.

Michel Balestra, porte-parole de Quelle Genève voulez-vous?, et Didier Zanone, associé chez Emakina, ont détaillé l’opération des milieux économiques genevois

Michel Balestra, porte-parole de Quelle Genève voulez-vous?, et Didier Zanone, associé chez Emakina, ont détaillé l’opération des milieux économiques genevois
Image: Steeve Iuncker Gomez

MCG et SSP pas contents

Les milieux économiques se sont défendus hier d’entamer une campagne politique, même si les organismes qu’ils représentent ne se privent pas de le faire tout au long de l’année.
A mots couverts, les promoteurs de l’opération Quelle Genève voulez-vous? ont cependant désigné ceux qui bloquent à leurs yeux le canton. Les mécontents de tout poil et, en particulier, «les ténors populistes» qui se nourrissent d’un fonds de commerce constitué par les peurs, les conservatismes, les replis. Entre deux phrases, Michel Balestra a cité Eric Stauffer, principal animateur du MCG (Mouvement citoyens genevois).
«Il est heureux que nous puissions encore émettre des critiques. Nous sommes en démocratie, que je sache, et non dans une dictature», réagit le député du MCG. «Ce que je constate, c’est que les partis politiques soutenus par ces milieux économiques — à l’exemple du PLR — ne se sont pas distingués au niveau de leur gestion des affaires publiques. Ils peuvent mesurer le niveau de leur échec en fonction de la progression du MCG», ajoute Eric Stauffer, qui assure que son mouvement pourrait bien sortir en tête lors des élections de l’automne 2013.
L’homme politique estime encore que «les premiers à faire les frais de ce développement économique à outrance, ce sont les étrangers qui résident à Genève». Eric Stauffer se déclare encore «être prêt à débattre avec Michel Balestra».
Chez les syndicats des services publics, l’opération des milieux économiques ne surprend guère. «Ces milieux ne cessent d’attaquer la fonction publique. Ils veulent l’amoindrir, en particulier via des baisses d’impôts», souligne David Andenmatten, coprésident du SSP (Syndicat des services publics). Le syndicaliste a notamment dans sa ligne de mire Michel Balestra, qui, comme président du conseil d’administration des HUG (Hôpitaux universitaires de Genève), n’aurait pas cessé de concocter des plans visant à baisser les effectifs. R.R.

Une campagne à 100'000 francs

Michel Balestra s’est fait prier avant de lâcher, du bout des lèvres, le budget de la  campagne: 100 000 francs. «Peanuts» pour l’ancien président du Parti libéral, d’autant que ce montant pourra être rallongé si les résultats répondent aux attentes. La Fédération des entreprises romandes Genève, la Chambre de commerce, d’industrie et des services de  Genève ainsi que Genève Place Financière sont les principaux bailleurs de fonds. Cette somme est allouée aux canaux traditionnels de communication mais surtout aux nouveaux médias, les outils les plus adaptés à la prise du pouls de la population. Fini donc le temps du matraquage de slogans, l’époque est à la consultation. Une vraie campagne 2.0! F.V.

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Les patrons genevois sont fatigués. Fatigués d’entendre les Genevois peindre le diable sur la muraille du canton. Pour les chefs d’entreprise et leurs représentants, Genève résiste plutôt bien à la crise malgré ses problèmes récurrents de logement, de circulation et d’insécurité. Mais le canton, ont-ils résumé hier en lançant une campagne visant à susciter le débat, assurera son avenir à condition de rester ouvert sur le monde, de maintenir un tissu économique diversifié et de ne pas craindre la globalisation.

«Mettons en lumière nos atouts! Parlons de ce qui va!» s’est écrié le chef d’entreprise Michel Balestra. Ancien président de la CCIG (Chambre de commerce, d’industrie et des services de Genève), il va officier comme porte-parole de la campagne «Quelle Genève voulez-vous?». Cette opération est notamment lancée par la CCIG, la FER Genève (Fédération des entreprises romandes) et Genève Place Financière, avec le soutien d’economiesuisse et de l’UAPG (Union des associations patronales genevoises). Environ cent mille francs sont avancés par ces groupements pour récolter via Internet l’avis des Genevois quant à l’avenir de leur canton. Leurs remarques seront ensuite analysées. Si la sauce prend, l’expérience se poursuivra et pourra – par exemple – donner lieu à la publication d’un «livre blanc» sur le futur de Genève.

Car le canton ne manque pas d’atouts, selon ces milieux. Ce mardi, Michel Balestra a égrené, comme s’il s’était emparé d’un chapelet aux grains vertueux, les qualités du tissu économique local : 290’000 emplois dont 50’000 créés par les multinationales, une Genève internationale occupant plus de 40’000 diplomates et employés, des «domaines d’excellence» comme celui de la gestion de fortune, du négoce international, des parfums et arômes, de l’horlogerie.

Autant de pépites promises à un bel avenir…à condition de maintenir de bonnes conditions-cadres, notamment sur le plan fiscal. «Mais, a averti Michel Balestra, des signes inquiétants d’une volonté de repli – qui constitue le fonds de commerce des ténors populistes – gagnent du terrain». Or, a soutenu le chef d’entreprise, la tentation du repli risque de conduire à «de véritables catastrophes économiques, politiques et sociales».

Stéphanie Ruegsegger, au nom de la FER, s’est désolée qu’on désigne de plus en plus des boucs émissaires : «les étrangers, ou les multinationales». De son côté, Vincent Subilia, conseiller municipal PLR et président de Action pour la Genève Internationale et Rayonnement (AGIR) entend «faire tomber la cloison entre la Genève locale et la Genève internationale» avant de se demander : «voulons-nous une bourgade provinciale ou une ville tournée vers le monde?»

Enfin, Charles Lassauce, membre de la direction de la CCIG, se défend de toute action politique : «il n’y a aucune composante politique à cette campagne, il s’agit d’une initiative des milieux économiques. Les membres de ces associations sont peut-être politisés mais pas cette action. Il s’agit simplement de redonner des couleurs à Genève».

«Nous souhaitons offrir un débat citoyen. Il n’est pas question de favoriser un parti politique en particulier. Nous cherchons à souligner la qualité de vie qui existe à Genève. Même si cela a déjà été répété, ce crédo est toujours valable. Paradoxalement, il est plus facile de parler de récession lorsqu’on a la bouche pleine que lorsqu’elle est vide.»

A 58 ans, Michel Balestra reprend donc du service comme porte-parole de ce mouvement. Il y a vingt ans, ce chef d’entreprise présidait le parti libéral genevois. Il s’était aussi investi dans une opération similaire des milieux économiques genevois. A un an des élections cantonales, le banquier Ivan Pictet – qui était alors à la tête de la CCIG – et d’autres avaient voulu rapprocher les Genevois avec leurs entreprises au moment où le canton était frappé de plein fouet par une crise immobilière. Chaque mois, une branche économique se présentait, et ses entreprises ouvraient leurs portes à la population. Aujourd’hui, l’opération des milieux économiques coïncide à nouveau avec le lancement de la campagne électorale de 2013. (TDG)

Créé: 25.09.2012, 20h53

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42 Commentaires

Xavier Riom

25.09.2012, 22:08 Heures
Signaler un abus 78 Recommandation 0

Plutôt que de faire passer les genevois pour des râleurs enclins à céder aux sirènes du populisme, il serait peut-être bon de rappeler à ces beaux messieurs qu'en 20 ans la sécurité, la salubrité ainsi que l'accès au logement et à un emploi rémunéré décemment sont autant de paramètres qui ont subi une dégradation difficilement contestable. Cela sent les hannetons à plein nez. Répondre


Stéphane Golay

25.09.2012, 22:25 Heures
Signaler un abus 74 Recommandation 1

Pthétique.Depuis quelques années, la perversité des accords de libre circulation et de Schengen déploit ses effets pervers et prévus:les Genevois ne peuvent plus se loger à cause des 6000 personnes de plus par années, et de toute la petite pègre promue par les frontières de la Suisse ouverte.Leur esprit d'ouverture n'est qu'à la hauteur des profits pour une minorité et la galère pour la majorité. Répondre



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