Les investisseurs se tournent vers les «scale up»

Innovation Après les start-up, ce sont les firmes à fort potentiel de développement qui sont recherchées

Christoph Strecha de la société Pix4D et Jean-Christophe Zufferey directeur de Sense Fly avec un Swinglet cam, en 2012.

Christoph Strecha de la société Pix4D et Jean-Christophe Zufferey directeur de Sense Fly avec un Swinglet cam, en 2012. Image: PATRICK MARTIN (Archives)

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Morne plaine. Vous devez désormais payer votre banquier pour qu’il tolère votre épargne. A moins de «faire tourner votre portefeuille», comme il le dit. En clair: investir dans des obligations qui ne rapportent rien, risquer la Bourse sans aucune garantie, placer dans un immobilier encore très cher, en lâchant des commissions au passage.

Dans ce climat dépressif, un secteur concentre désormais toute l’attention: celui des entreprises «scale-up» (qui «changent d’échelle»), des firmes innovantes à fort potentiel de développement. Ces sociétés sont cajolées: elles se situent dans des domaines technologiques, embauchent et gagnent même de l’argent.

C’est le cas du fabricant de drones senseFly, basé à Cheseaux-sur-Lausanne. «Depuis le début de l’année, nous avons engagé 20 personnes. Notre société regroupe aujourd’hui 130 collaborateurs. Et gagne de l’argent», indique Jean-Christophe Zufferey, CEO de senseFly. Fondateur de Abionic, une société axée dans les technologies médicales, Nicolas Durand annonce vouloir étoffer son effectif: «Si tout se déroule comme prévu, nous devrions être deux fois plus nombreux afin de répondre à nos besoins.»

Ces deux sociétés prometteuses entrent dans le cadre du programme «scale-up» du canton de Vaud. «Pour que nous les aidions, ces entreprises doivent employer au moins dix personnes, afficher une croissance de 20% de leur effectif durant trois ans et, naturellement, maintenir leur siège dans le canton», résume Patrick Barbey, directeur d’Innovaud.

C’est le premier canton suisse à mettre sur pied un programme de promotion des «scale-up». «D’autres pourraient suivre et la Confédération s’y intéresse», ajoute Patrick Barbey.

Ces sociétés, qui tiennent du trèfle à quatre feuilles, attirent aussi par la suite, comme dans un cercle vertueux, d’autres investisseurs, dans le segment des sociétés non cotées en Bourse. Elles ont passé en effet le cap fatidique des cinq ans, une période tumultueuse qui voit disparaître environ neuf «start-up» sur dix. Responsable des investissements chez Indosuez Wealth Management (qui gère près de 120 milliards de francs), Frédéric Lamotte confirme une «forte demande mondiale» pour des placements dans ce type de sociétés.

Logique: les rendements sont «souvent à deux chiffres», ajoute le banquier. Un tel rendement est évidemment alléchant. Mais l’investissement comporte un revers de médaille: l’argent doit généralement rester investi durant cinq à sept ans. «On échange alors un rendement contre un manque de liquidité durant un temps relativement long», souligne Frédéric Lamotte. Jacques Berger, conseiller en gestion de fortune chez Blue Lakes Advisors à Genève, se montre aussi prudent: «Ces investisseurs doivent être prêts à accepter les risques.» Du coup, Jacques Berger conseille de ne pas investir «plus de 10%» de sa fortune disponible au sein de ces entreprises, aussi prometteuses soient-elles.

(TDG)

Créé: 14.06.2016, 22h38

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