Finances
Une grande banque genevoise licencie cent employés à Zurich
Par Philippe Rodrik. Mis à jour le 19.06.2012 6 Commentaires
La place financière genevoise maigrit à vue d’œil. Et celle de Zurich n’est pas épargnée! Union Bancaire Privée (UBP) SA, domiciliée rue du Rhône, licencie ainsi près de cent collaborateurs actifs dans sa succursale zurichoise, sise à la Bahnhofstrasse.
«Comme déjà annoncé l’an dernier dans le cadre de notre plan d’intégration lié au rachat d’ABN Amro Bank (Switzerland) AG, notre établissement réduit ses effectifs. Notamment dans les secteurs des opérations et de l’IT (technologies de l’information)», indique le porte-parole d’UBP SA, Jérôme Koechlin. La banque genevoise précise que les autorités cantonales compétentes ont été dûment informées, «notamment celles de Zurich, où près d’une centaine de collaborateurs sont concernés et bénéficient des mesures d’accompagnement». Menaces sur l’emploi
Au début du mois, UBP SA avait déjà communiqué une trentaine de licenciements à Genève. Entre septembre et décembre derniers, la même banque avait remercié, en tout, 45 de ses employés basés dans la Cité de Calvin.
L’absorption d’ABN Amro Bank (Switzerland) AG, le 12 décembre 2011, explique donc en grande partie les dégraissages en cours chez UBP SA. La filiale helvétique de la banque néerlandaise ABN Amro Bank NV employait plus de 350 collaborateurs en 2011, répartis sur quatre sites: Genève, Zurich, Bâle et Lugano. A la fin du mois de mars 2011, la valeur des actifs gérés par ABN Amro Bank (Switzerland) avoisinait les 13 milliards de francs.
Cette acquisition a permis à UBP SA d’accroître d’un cinquième sa masse sous gestion (72 milliards de francs à la fin de l’année 2011). Et cette opération s’inscrit dans une phase de consolidation affectant l’ensemble de la branche, comme l’ont confirmé l’Association des banquiers privés suisses et le Zürcher Bankenverband.
«Les coupes dans le personnel reflètent en outre un contexte conjoncturel difficile, caractérisé par plusieurs facteurs déterminants: le différentiel de change euro/franc, des marchés boursiers très volatils et des rendements actuellement très bas», rappelle le directeur de la fondation Genève Place Financière, Steve Bernard.
La menace sur l’emploi s’étend dès lors à l’ensemble du secteur financier. «La moitié des entreprises interrogées veulent réduire leurs coûts de 5 à 10%, et 40% d’entre elles se fixent un objectif situé entre 10 et 20%», relève le consultant Ernst & Young SA dans une étude effectuée en février auprès de vingt-trois banques et dix maisons d’assurances helvétiques. Et à cette fin, les banques sondées manifestent clairement leur intention de diminuer leurs charges de personnel.
L’évolution du cadre légal accroîtrait en outre la pression sur les employés. L’ex-président du directoire d’UBS, Oswald Grübel, et son successeur, Sergio Ermotti, estiment que la seule application des accords fiscaux avec l’Allemagne, la Grande-Bretagne et l’Autriche ferait disparaître 20% des effectifs sur la place financière helvétique, soit 20?000 postes. Impact sur le PIB genevois
Les banques genevoises emploient encore quelque 20?500 collaborateurs. Mais l’érosion des affaires ne manque pas de pénaliser l’économie de tout le canton. La contribution des activités financières au PIB (produit intérieur brut) genevois a en effet fondu de 0,8% l’an dernier. Du coup, leur part dans ce gâteau est passée en dessous de 20% en 2011, contre un quart cinq ans plus tôt.
(TDG)
Créé: 19.06.2012, 09h53
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6 Commentaires
Si le PIB "fond" lorsqu'il perd 0.8 % (soit une variation de 480 grammes pour une personne de 60 kg)), quels termes utiliser pour qualifier des baisses de 5, 10, voire 20 % de PIB comme certains pays les connaissent ? Dans le contexte de tension actuelle, un vocabulaire moins anxiogène serait bienvenu. Répondre
La Gauche doit être heureuse ainsi que nos politiciens suisses qui baissent leur pantalon et travaillent à la mort du Secret Bancaire. Pendant ce temps l'Angleterre, les Bahamas, les USA, Abu Dhabi, Dubaï, Monaco, Hong Kong, Singapour et autres concurrents qui ne se créent pas des faux scrupules en profitent sur notre dos. Répondre
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