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Financement des entreprises

Genève regorge d’argent pour aider les start-up

Par Roland Rossier. Mis à jour le 10.06.2013 10 Commentaires

Des dizaines de millions de francs sont disponibles dans le canton au profit des nouvelles sociétés.

Claude Bagnoud, membre de la direction générale de la BCGE, et Virginie Fauveau, directrice de Capital Transmission SA.

Claude Bagnoud, membre de la direction générale de la BCGE, et Virginie Fauveau, directrice de Capital Transmission SA.
Image: STEEVE IUNCKER-GOMEZ

De 500 000 à 10 millions de francs

Entre les premiers fonds et le financement plus classique, le chemin est aussi long que tortueux pour les start-up. La première phase, dite de démarrage, est généralement assurée par des proches (associés, amis, famille) ou des «business angels» prêts à tout perdre mais croyant dur comme fer au projet de l’entrepreneur ainsi que par des organismes d’aide et de cautionnement.

Le relais est ensuite pris par des «venture capitalist» (capital-risque) qui entrent dans le capital de la jeune pousse ainsi que dans son conseil d’administration, à l’exemple de Neomed. Des entités comme Capital Transmission SA interviennent plus tard, lorsque l’entreprise est déjà mise sur ses rails. Toutes ces entités accompagnent ensuite la start-up jusqu’à sa sortie: vente ou entrée en Bourse.

En moyenne, une entreprise aidée par la BCGE réalise un chiffre d’affaires d’environ 40 millions de francs, et l’investissement varie entre 500 000 et 5 millions de francs. FAE propose d’injecter environ 4 millions de francs par dossier, et Neomed entre 5 et 10 millions de francs.

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Roland RossierCréer une entreprise dans un secteur technologique pointu? Sans doute l’une des plus belles aventures des temps modernes. Une entreprise ardue, qui nécessite de grosses prises de risques et peut virer au cauchemar. Ou au rêve: à Genève, ville de la finance, de l’argent existe pour aider ceux qui le souhaitent à franchir ce grand pas. Des dizaines de millions de francs sont aujourd’hui disponibles dans la région.

Capital Transmission SA, une société détenue par la BCGE (Banque Cantonale de Genève) dispose d’un trésor de guerre de 29 millions de francs, dont les clés sont tenues par Virginie Fauveau, directrice de cette activité, et Claude Bagnoud, membre de la direction générale chapeautant les activités «entreprises». Chez FAE (Financer autrement les entreprises), son directeur Serge Nouara indique «avoir utilisé 12 millions et avoir encore à disposition 18 millions de francs pour aider les entreprises genevoises». Des groupes privés comme Index Ventures ou Neomed cherchent aussi activement – mais cette fois à l’échelle mondiale – les entreprises de demain, celles qui vont prospérer, créer des emplois et développer des technologies utiles grâce à l’appui financier du capital-risque.

«En ce moment, nous levons un 5e fonds, avec un objectif de 120 millions de francs. Nous développons une stratégie globale mais 10% de nos investissements sont réalisés dans la région lémanique», indique Thomas Goebel, responsable chez Neomed. Associé au sein du groupe Index Ventures, Bernard Dallé précise pour sa part que sa société – très importante – a récemment lancé deux fonds de capital-risque: un de 350 millions d’euros et un autre de 150 millions d’euros, centré sur les sciences de la vie.

Il n’est pas facile pour l’entrepreneur en herbe de s’y retrouver, entre tous ces fonds (lire ci-contre). Heureusement, ils sont plus complémentaires que concurrents. Serge Nouara précise qu’il se concentre «sur des sociétés médicales ayant déjà atteint la seconde phase d’études cliniques, des sociétés technologiques qui ont pu développer un premier prototype, et plus fréquemment sur des opérations de transmissions d’entreprises».

Cette activité intéresse aussi les responsables de l’entité de la BCGE. «Nous investissons dans des entreprises matures qui ont déjà un historique, dans une phase de croissance et d’expansion ou lors de rachat d’entreprise lorsque l’acquéreur n’a pas suffisamment de fonds propres, détaille Claude Bagnoud. Nous restons généralement plusieurs années comme actionnaire, mais nous espérons à terme dégager des plus-values, en particulier au moment de la vente de l’entreprise.» Virginie Fauveau précise que «7 investissements ont été réalisés aujourd’hui, pour un total de 21 millions de francs». Sur ces 7 entreprises, trois sont situées à Genève, 2 en France avec des activités en Suisse, une sur Vaud et une dans le canton de Berne.

Si l’argent est là, le marché genevois est trop étroit pour abriter beaucoup de projets remplissant les exigences en la matière. L’avenir du capital-risque genevois passera forcément par la prise en compte de dossiers soit lémaniques soit situés en France voisine. (TDG)

Créé: 10.06.2013, 07h31

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10 Commentaires

Gilles Forestier

10.06.2013, 10:27 Heures
Signaler un abus 12 Recommandation 1

Bonne nouvelle, y'a plein de pognon. Mais avant les startup (dont les durées de vies sont parfois très ... courtes, et les investissements perdus, voir années 80 et 90), ne pourrait-on pas utiliser cet argent pour les PME qui emploient déjà, ont des marchés mais ne passent pas la rampe des critères frileux (ou disons "raisonnables") des banques ? Répondre


Frédéric Bastiat

10.06.2013, 07:41 Heures
Signaler un abus 14 Recommandation 4

Comment se fait-il que la BCGE doive passer par une SA pour réaliser ce type d'opération? Serait-ce parce que c'est interdit à la BCGE de jouer les business angels et qu'elle contourne les règles de cette façon? Je ne connais pas les règles internes à la BCGE, je pose juste la question. Répondre