Multinationales
Genève, capitale mondiale des lessives
Par Frédéric Vormus. Mis à jour le 15.02.2012 14 Commentaires
Entre 2010 et le début de cette année, les principaux détaillants suisses ont mené des discussions tendues avec plusieurs fournisseurs de produits de marque. Les distributeurs reprochaient à ces firmes de ne pas adapter leurs prix en fonction de la force du franc. Leur courroux contre Procter & Gamble était notamment lié aux articles pour bébés de l’illustre marque Pampers. Responsable des opérations en Europe occidentale pour l’entreprise américaine, jusqu’à la fin de l’année dernière, Giovanni Ciserani se défend.«Nous avons la responsabilité de pratiquer des prix incitant les consommateurs à choisir nos produits. En ce sens, nous nous conformons à des principes d’équité, tout en tenant compte du pouvoir d’achat existant dans la région. Précision importante: nous ne faisons aucune discrimination et proposons les mêmes prix à tous les distributeurs du pays.»
(Image: Laurent Guiraud)
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Ex-responsable des marchés d’Europe de l’Ouest chez Procter & Gamble, Giovanni Ciserani annonce en primeur le déménagement de la division des produits d’entretien et de la lessive, de Cincinnati à Genève. Le manager transalpin dirige depuis le 1er janvier la direction mondiale de ce département. Entretien.
Vous venez de reprendre la direction monde du secteur «soin du linge et de la maison» de Procter & Gamble. Que représente ce business?
– J’ai été nommé le 1er janvier à la tête du département «soin du linge et de la maison» pour l’ensemble du groupe. Ce secteur, englobant les lessives, mais également les produits de nettoyage, les détergents, les liquides vaisselle, les nettoyants de sol ou les parfums d’intérieur, est la plus importante unité de notre entreprise puisqu’elle représente 30% du chiffre d’affaires total de Procter & Gamble (ndlr: soit plus de 22 milliards de francs) .
Quelles sont les motivations pour déplacer ce siège?
– Historiquement et jusqu’en l’an 2000, le siège du soin du linge se trouvait en Europe, à Bruxelles. Ensuite, nous l’avons rapatrié aux Etats-Unis pendant dix ans et nous le déplaçons à nouveau en Europe, à Genève. La majorité de notre recherche et développement se trouve à Bruxelles et Newcastle. En nous établissant ici, nous nous rapprochons de nos centres d’innovation. De plus, nos principaux fournisseurs sont en Europe, notamment l’industrie chimique allemande. C’est donc une combinaison multiple. Nous analysons l’activité puis nous prenons une décision de déplacer un siège d’un endroit à un autre. D’autant plus qu’il ne s’agit que d’un nombre restreint d’employés. C’est beaucoup plus facile qu’il n’y paraît .
Combien de nouveaux emplois sont liés à cette arrivée?
– Cela concerne environ 50 emplois. Seul le haut management financier et opérationnel va déménager à Genève. Une partie viendra des Etats-Unis, une autre est déjà à Genève. Nous n’allons donc pas créer de nouvelles places de travail pour assurer la direction mondiale des lessives. En matière de création d’emplois, pour les premiers six mois de l’année fiscale de juillet à décembre 2011, notre siège à Genève a recruté 180?personnes, ce qui peut servir de projection à nos besoins annuels dans la région.
Où ces nouveaux arrivants vont-ils être logés?
– Le marché est effectivement très saturé, mais nous avons toujours été capables de trouver un logement à nos employés.
En raison de cette tension sur le marché du logement, vous devez collaborer avec les autorités genevoises mais aussi vaudoises? – Nous avons de très bonnes relations avec les autorités genevoises. Nous les informons régulièrement de la progression de nos effectifs et de nos besoins dans les trois ou quatre années à venir. Nous travaillons aussi avec les autorités vaudoises ainsi qu’avec celles de France voisine, notamment pour des questions fiscales, scolaires ou de permis de travail. Nous considérons toujours les trois régions et nous retenons les meilleures solutions pour nos collaborateurs. 75% de nos employés vivent à Genève, le reste se répartit entre le canton de Vaud et la France voisine.
Partagez-vous la vision d’une région chère où il est difficile de trouver un logement et de se déplacer?
– Je continue d’être positif et reconnaissant à Genève. Procter & Gamble y rencontre un extraordinaire succès. Nous nous sentons très intégrés dans la ville. Nous appartenons à cette communauté. Nous sommes ici à la maison. Genève n’est pas la seule ville à rencontrer des problèmes. Singapour n’est pas plus facile. Nous avons aussi de grandes opérations au Panamá. Mais nous savons comment nous investir dans les villes hôtes. Si vous regardez les transformations que Genève a connues ces dix dernières années, c’est remarquable. C’est une autre ville. Nous recevons beaucoup, alors nous essayons de donner aussi beaucoup.
Le département de «soin du linge» déménage à Genève. Dans le même temps, le département «soin de bébés» est transféré à Singapour. Plus de la moitié du chiffre d’affaires de Procter & Gamble est donc générée en dehors des Etats-Unis?
– Si votre question sous-entend que nous pourrions quitter les Etats-Unis, la réponse est absolument non. Nous avons une stratégie. Nous jugeons chaque business et nous nous interrogeons pour déterminer ce qui lui est le plus favorable. Lorsque nous avons acquis Gillette, Boston est devenu le siège mondial de Gillette et nous avons un siège mondial de Duracell dans le Connecticut.
Comment s’assurer que Procter & Gamble ne va pas quitter Genève?
– Nous avons un grand attachement à Genève et une part importante de Procter & Gamble va y rester encore des années. Maintenant si vous me demandez si le département de soin du linge va rester pendant 50?ans ici, je vous réponds que je n’en sais rien. De la même manière que nous avons concentré des forces à Genève ces dix dernières années, rien n’exclut que nos activités soient redéployées un jour. Mais pour ces prochaines années, il est clair que nous resterons ici.
(TDG)
Créé: 15.02.2012, 07h39
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14 Commentaires
bienvenues les expats! grâce à vous je dois déménager en france! pas assez d'argent pour un appart à Genève et je ne suis pas Mark Muller pour avoir un 7 pièces pour chf 1,800.- Répondre
C'est bien connu la place financière genevoise lave plus blanc que blanc ,-) Répondre


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