Economie genevoise
La direction de Merck Serono ne paie plus les employés en grève
Par Frédéric Vormus. Mis à jour le 21.06.2012 45 Commentaires
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Le climat se détériore entre la direction de Merck (MRK 36.055 -3.06%) Serono et son personnel gréviste. Les heures de grève seront désormais considérées comme des congés non payés, ainsi que l’a annoncé dans un courriel que nous nous sommes procuré Ditemar Eidens, le responsable des ressources humaines: «Nous respectons la décision des employés de participer aux grèves et aux manifestations, mais nous ne tolérons plus les absences payées du bureau. Nous les avons autorisées durant six semaines, soit toute la durée de la période de consultation, pour montrer notre soutien. Désormais, pour la continuité de l’activité, cela ne peut pas se poursuivre.»
Pour Alessandro Pelizzari, secrétaire régional du syndicat Unia Genève, ce message participe des tentatives d’intimidation de la direction au même titre que le renforcement du service de sécurité ou des photographies du personnel en grève (nos éditions d’hier) . Est-ce que ce courriel a eu un effet sur la participation? Difficile d’en être sûr, mais les grévistes ont été moins nombreux que lors de la première grève, mardi de la semaine dernière. Selon Unia, entre 300 et 400 employés ont participé au mouvement. Néanmoins, le syndicat précise que «les activités de l’entreprise ont été massivement ralenties». Pour la direction, la participation ne dépasserait pas les 200 collaborateurs.
Parti socialiste très présent
En revanche, le Parti socialiste était très présent. Lors de l’assemblée générale du personnel, Sandrine Salerno, conseillère administrative en charge du Département des finances et du logement, a réclamé le remboursement des allégements fiscaux et a rappelé que les 250 sous-traitants qui travaillaient sur le site de Merck Serono n’étaient pas inclus dans le plan social, qu’elle a d’ailleurs qualifié d’inacceptable. Pour le conseiller national Carlo Sommaruga, la direction cherche à casser le moral et l’unité des employés. Il leur faut donc faire preuve de détermination. Il a appelé à taper où cela fait mal, soit au porte-monnaie et à l’image de Merck Serono. Le président genevois du Parti socialiste, Romain de Sainte Marie, est également intervenu.
Grève reconduite pour jeudi
Durant l’assemblée du personnel, la reconduction de la grève pour aujourd’hui a été décidée, de même qu’une manifestation au centre-ville. Cette décision n’a pourtant pas été soutenue par tous les employés. Pour ce collaborateur de la recherche médicale, faire la grève veut dire soutenir la direction: «Son but est de virer un maximum de personnes. Les collaborateurs qui ne travaillent pas ne sont pas payés. Autant d’argent que le groupe va économiser. C’est ce qu’il recherche. Merck n’est pas en train de réorganiser son activité, il l’arrête. Les 750 postes que la direction dit vouloir transférer sont fictifs. Elle ne le fait que pour l’image du groupe, pour ne pas avoir à dire qu’elle a licencié 1000?personnes. Ça ne sert à rien de se battre pour les emplois, il faut obtenir un meilleur plan social.»
Longchamp médiateur
Pourtant, les délégués du personnel y croient encore puisque le campement de quelques tentes devant le siège de Sécheron est maintenu, du moins de 7 à 22?heures, la police ayant refusé que des employés y passent la nuit.
Alessandro Pelizzari a également confirmé que l’Etat, en la personne du chef du Département de l’emploi et de la solidarité, François Longchamps, entend jouer un rôle de médiateur entre le personnel et la direction. Un moyen d’apaiser les tensions et de relancer le dialogue entre les parties. (TDG)
Créé: 21.06.2012, 07h17
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45 Commentaires
C'est vraiment très gratifiant de payer ses impôts dans les délais jusqu'au dernier centime et sans rien cacher parce que l'on croit encore qu'il existe une sorte de justice à Genève, et d'apprendre ensuite que des entreprises multi-millionnaires, voire milliardaires, n'en paient quasiment pas ! Et tout ça parce qu'elles procurent quelques emplois, dont la majorité à des frontaliers ! Répondre
C'est tout à fait normal. Genève devient vraiment la France, les entreprises venaient ici pour la paix sociale, maintenant que la France a débarqué en masse, la paix sociale n'est plus assurée.Les grosses boitent vont quitter Ge les une après les autres.Cela solutionnera les problèmes de circulation donc c'est pas plus mal de ce côté là. Répondre







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