Les applications qui fluidifient le trafic sont toujours plus pointues

MobilitéLes smartphones servent toujours plus à gagner du temps sur la route, en particulier dans les villes romandes.

Pont de la Coulouvrenière, gros bouchon. Il fallait sortir vos téléphones portables! Rien que pour les TPG, il existe une petite dizaine d'applications différentes. Certains services sont remarquables.

Pont de la Coulouvrenière, gros bouchon. Il fallait sortir vos téléphones portables! Rien que pour les TPG, il existe une petite dizaine d'applications différentes. Certains services sont remarquables. Image: Laurent Guiraud

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Et si une partie de la solution pour fluidifier le trafic à Genève se cachait dans nos poches? Plus que jamais, nos smartphones nous font gagner du temps sur la route, qu’on soit cycliste, automobiliste, passager de taxis ou de transports publics. Le potentiel des technologies, les applications mobiles l’exploitent toujours mieux.

Celui des foules aussi: dans un livre paru cette année («La ville de demain», Ed. cherche midi), les consultants Christophe Barge et Thierry Solère relèvent que les citoyens, qui ont désormais accès à tant d’outils, permettent comme jamais d’améliorer la vie en zone urbaine. Les applications romandes issues des masses jaillissent d’ailleurs de toutes parts depuis quelques mois. Et elles ne se contentent pas d’indiquer les disponibilités dans les parkings ou les stations vélib.

Transports publics 2.0

En juillet sortira UnCrowdTPG, un outil qui facilitera la vie des usagers des Transports publics genevois. UnCrowdTPG, en plus de fournir cartes, horaires en temps réels (en tenant compte des éventuels retards) et de proposer l’achat des tickets via SMS, «sollicitera l’avis de ses usagers pour livrer des informations sur les affluences dans les bus et trams et aux arrêts, ce que l’application officielle des TPG ne fait pas, et elle sera plus intuitive», se félicite l’un de ses concepteurs, Jérôme Marchanoff, du QOL, une équipe de recherche de l’Institut de science des services à l’Université de Genève.

Les TPG, à la recherche d’idées innovantes, ont lancé l’an dernier un concours public pour «imaginer des nouvelles façons de voyager». Ils ont dans ce cadre rendu accessibles à tous les données sur les déplacements en temps réel des trams et des bus (ce que les transports publics lausannois feront aussi à la fin de l’année). Seize dossiers, émanant de particuliers comme de chercheurs dont ceux du QOL, ont relevé le défi et des applications, comme Parcours, Wann ou encore Busted, sont nées sur les boutiques en ligne Google Play et iTunes Store. Trois applications sont mêmes proposées pour Windows phone, un magasin pourtant beaucoup moins couru.

«Elles proposent souvent un service tout à fait complémentaire à l’application officielle», se réjouit Antoine Stroh, responsable des données de production aux TPG. Parcours, créée par un étudiant de l’EPFL, permet ainsi aux pendulaires d’accéder directement aux horaires de leur trajet habituel, bien plus vite que sur l’application officielle.

Contourner les obstacles

Inédits ces services? Oui car il y a peu, même les concepteurs les plus fous n’imaginaient pas offrir tant de possibilités sur un téléphone. Et non car aujourd’hui les outils similaires abondent. Prenons Waze, une application israélienne rachetée par Google l’an dernier pour plus d’un milliard de dollars. Ce navigateur GPS s’appuie sur une carte élaborée par 70 millions d’utilisateurs. Ces derniers y signalent les accidents, embouteillages, même les radars aux conducteurs dans les alentours. Le système détecte grâce à la géolocalisation des natels leur vitesse et, s’ils sont coincés dans le trafic, leur propose un nouvel itinéraire par écrit ou par oral. Waze permet en outre de se coordonner entre usagers et de se donner rendez-vous dans la station essence la moins chère, le système la déniche aussi.

Le service n’exploite pourtant pas à fond le potentiel des nouveaux outils. Des concurrents calculent quand un feu va tourner au rouge et conseillent sur la vitesse à adopter pour passer sans s’arrêter, ce qui permettrait d’économiser beaucoup de carburant. En Suisse, Swiss-Traffic propose un service similaire à Waze avec une plus-value, selon Stéphane Blum, directeur de sa société mère ID Mobile, basée à St-Légier. «Les gens peuvent nous appeler et nous vérifions les informations ensuite, ce qui permet d’éviter les erreurs, nombreuses sur ces plates-formes», assure-t-il.

Location, covoiturage, taxi...

Louer l’Audi de son voisin? Egalement possible, sur Sharoo. L’application de La Mobilière, Migros et Mobility permet depuis un mois aux propriétaires de voitures à Zurich, Berne, Lucerne et bientôt dans l’arc lémanique d’entrer en contact avec des locataires. Même les auto-stoppeurs s'y retrouveront: E-covoiturage, une société basée à Assens (VD), ou Tooxme, conçu par des ingénieurs lausannois, réunissent passagers et conducteurs sur un même trajet. Sur le réseau Tooxme, les premiers rémunèrent les seconds via leur téléphone et la start-up prend une commission. Depuis janvier 2013, ce service trois fois moins cher qu’un taxi a été téléchargé plus de 17500 fois. Les noctambules en sont particulièrement friands: ils peuvent rentrer chez eux à moindres frais, de façon d’autant plus sûre que les chauffeurs sont notés par la communauté qui s’est créée autour du service, et toujours plus rapidement. Last but not least, Uber vient d’arriver à Genève. La société californienne permet à de tout faire via son smartphone: réserver un taxi luxueux, faire du covoiturage et transformer n’importe quel particulier en chauffeur.

Toutes les entreprises de transport, de Mobility à Genève Aéroport en passant par le TCS, ont désormais leur application. «Nous devons en avoir une», relève par exemple Miguel Casimiro, président de la coopérative Taxis 202. «Même si la nôtre est peu utilisée, elle nous permet de toucher de nouveaux clients, les plus jeunes, et de préparer l’avenir», relève-t-il. Leur rôle devrait encore se préciser, alors que Google vient d’annoncer construire des véhicules sans conducteurs (lire ci-contre). Ils promettent de drastiquement diminuer le nombre d’accidents et de réduire les embouteillages. Les passagers n’auront plus qu’à sélectionner leur destination, en pianotant sur leur natel. (TDG)

Créé: 04.06.2014, 16h16

La «Google car» représente-t-elle le futur des transports publics?

Les voitures sans conducteurs remplaceront-elles un jour les bus, trams et taxis? La question est débattue aux Etats-Unis, alors que Google vient d’annoncer en construire une centaine et que dans plusieurs Etats, elles peuvent déjà circuler légalement sur la voie publique. Un économiste, Donald Grimes, estime que ces véhicules inédits ne s’adapteront pas qu’aux besoins des personnes âgées et des handicapés, mais aussi aux gens qui entendent pouvoir travailler dans le calme tout en se déplaçant à moindre coût. Quant au directeur de la multinationale de taxis Uber (lire ci-contre), Travis Kalanick, il vient d’annoncer que «les voitures sans conducteurs sont le futur, contrairement aux chauffeurs».

Les transports publics genevois et lausannois n’y voient aucune alternative à leurs services. «Je peux imaginer que des véhicules sans conducteurs se développent à Los Angeles, qui grandit en s’étalant sur des kilomètres, où les routes ressemblent à des autoroutes et où trams et bus sont moins adaptés. Ils resteront par contre marginaux dans une ville qui grandit en se densifiant, comme New York ou, à l’échelle suisse, Lausanne et Genève, où il y a peu de places sur la chaussée», prédit Michel Joye, directeur des TL. Selon lui, un bus rempli de passagers correspond à une colonne de 500 mètres de voitures. Ajouter des automobiles dans ces conditions paraît bien incongru voire à contre-courant. Les jeunes sont toujours moins nombreux à avoir un permis de conduire et la part de gens qui ne recourent qu’à leur voiture pour se déplacer diminue chaque année.

«Face à l’essor d’une mobilité toujours plus combinée entre différents modes de transport, les transports publics joueront un rôle essentiel: ils faciliteront, voire chapeauteront, cette multimodalité», estime Michel Joye. L’Union de transports publics (UTP) suisses lancera en 2015 une carte (qui s'appellera SwissPass) proposant un maximum de services. L’abonnement couvrira les offres des CFF, des transports publics, de location de vélos, des voitures de Mobility et des stations de skis. «On peut imaginer que d’autres modes de locomotion, comme des voitures sans conducteurs, y soient un jour inclus», lance Andreas Keller, porte-parole de l’UTP.

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