Une jeune pousse lausannoise à l'épreuve de la Silicon Valley

EPFLTeleport, première start-up suisse à participer à un programme de soutien américain, a une belle carte à jouer.

De gauche à droite, toute l'équipe de Teleport: Pierre de la Martinière, développeur,Daniel Tamburrino, CTO, Stéphanie Rotzetter, UX designer,Gavrilo Bozovic,CEO, et
Anja Baeriswy, stagiaire.

De gauche à droite, toute l'équipe de Teleport: Pierre de la Martinière, développeur,Daniel Tamburrino, CTO, Stéphanie Rotzetter, UX designer,Gavrilo Bozovic,CEO, et Anja Baeriswy, stagiaire. Image: Camille Andres / BCV

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Le grand jour est arrivé pour Gavrilo Bozovic. A 32 ans, ce diplômé en microtechnique de l’EPFL aura le privilège, ce mercredi (à 20 h, heure suisse), de présenter sa start-up, Teleport, à la crème des investisseurs américains. Le tout en plein cœur de la Silicon Valley, à Mountain View, à deux pas du siège de Google.

Le jeune chercheur doit l’honneur de ce Demo Day à l’accélérateur de jeunes pousses américain 500 Startups, qui a déjà investi dans plus de 1500 entreprises naissantes.

En octobre dernier, la start-up lausannoise, active dans la vidéo interactive en ligne, est devenue la première entreprise du pays à être sélectionnée pour le programme de soutien de l’accélérateur californien. Avec, à la clé, pour Gavrilo Bozovic, quatre mois dans la Silicon Valley. L’occasion de tenter d’en comprendre les codes et d’en tirer de l’expérience. Et, surtout, de lever des fonds, indique l’entrepreneur.

Comment est née Teleport et quelle est sa spécificité?
Avec ma première entreprise, nous avions créé une visite virtuelle de l’EPFL. Nous avons alors eu l’idée de proposer une vidéo du campus, dans laquelle l’utilisateur pourrait avancer en «scrollant» ( ndlr: en faisant défiler à l’aide d’une souris) et obtenir pour tout point des informations: sur les cursus, les bâtiments ou la vie sur le campus. Voyant le potentiel de ce projet pour réaliser des visites virtuelles, des vidéos éducatives ou encore des présentations de produits, nous avons lancé Teleport début 2016.

Que retenez-vous de ces quatre mois passés dans la Mecque des jeunes pousses?
Nous avons beaucoup travaillé avec les mentors de 500 Startups pour optimiser notre approche du marché, et nous avons profité de notre présence sur place pour sonder le marché américain. En parallèle, il fallait continuer le développement de l’application et des ventes en Suisse. J’ai donc dû faire plusieurs allers-retours et ai eu de longues journées! Mais c’était une expérience exceptionnelle et très enrichissante, autant du point de vue personnel que professionnel.

Comparé à la Suisse, qu’est-ce qui vous a marqué dans la Silicon Valley?
C’est le Far West! Ce qui a des bons et des mauvais côtés. Il est infiniment plus facile de lancer une entreprise, de lever des fonds et d’engager du personnel… Mais, d’un autre côté, les inégalités de revenus sont extrêmes, avec des gens qui meurent littéralement de faim à côté d’épiceries où le Suisse moyen ne pourrait pas se permettre de faire ses courses, tellement les prix sont élevés.

Côté finances, ce séjour vous a-t-il été profitable?
Début 2016, nous avions levé 100'000 francs pour nous lancer. Nous sommes en train de boucler un nouveau tour de table de 1 million pour accélérer le développement de l’entreprise. Nous pouvons aussi compter sur plusieurs clients, comme le Comité international olympique, la RTS ou encore l’EPFL, en Suisse, et nous venons de signer un contrat avec Chevrolet aux Etats-Unis.

Quel discours tiendrez-vous aux investisseurs?
Nous avons un produit unique avec des performances remarquables, prouvées dans des applications aussi variées que la visite virtuelle, l’éducation ou la présentation de produit. Nous devons maintenant accélérer notre développement dans certains marchés clés, en Europe et aux Etats-Unis, ce pourquoi nous levons des fonds. Notre but pour 2017 est d’avoir une pénétration forte dans deux marchés particuliers, afin de créer une assise qui nous permettra par la suite de nous développer dans d’autres domaines.

D’où l’importance de ce Demo Day?
Une entreprise comme la nôtre a encore besoin de plusieurs années de développement avant d’atteindre la rentabilité. Il est donc important de pouvoir lever des fonds, si possible auprès d’investisseurs qui pourront nous amener des compétences et un réseau. Ce Demo Day, c’est l’occasion. (TDG)

Créé: 15.02.2017, 10h14

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