San Francisco durcit le ton face à Airbnb. Pas la Suisse

Immobilier La cité californienne régit sévèrement le site Internet de logements. Genève et Lausanne sont plus souples.

San Francisco va percevoir 1000?dollars d’amende par jour et par annonce non autorisée.

San Francisco va percevoir 1000?dollars d’amende par jour et par annonce non autorisée. Image: AP/Jeff Chiu

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Mille dollars. C’est le montant de l’amende journalière qu’Airbnb devra payer pour chacune de ses annonces de location de logement non enregistrée auprès des autorités de San Francisco, selon une loi finalisée cette semaine. Une sanction stricte: sur les 10 000 offres actuelles dans la cité, à peine 1400 sont autorisées. Airbnb, leader mondial de la location et de réservation de logement de particuliers, a pourtant été fondé et siège dans cette ville.

A Berlin depuis le 1er mai, les locations entre particuliers par de telles plates-formes sont carrément interdites, à quelques exceptions près. Les récalcitrants risquent jusqu’à 100 000 euros d’amende. A Paris, l’entreprise s’est vue contrainte de collecter elle-même une taxe de séjour qu’elle reverse à la Ville, un modèle qu’elle va répliquer dans dix-huit bourgades de l’Hexagone.

Face à Airbnb, les pôles touristiques serrent la vis. Le site concurrence l’hôtellerie traditionnelle sans être soumis aux mêmes règles – d’aucuns pensent que c’est déloyal. Et il y a des abus: si la plupart des logeurs se contentent de louer une chambre ou un appartement de temps à autre, certains ont créé de véritables entreprises. En Valais et aux Grisons, des cantons qui ont vu le nombre de leurs nuitées hôtelières chuter cet hiver, une société a pu en proposer jusqu’à 300. Airbnb participe en outre à la pénurie de logement en milieu urbain, ses hébergements n’étant plus disponibles pour les résidents.

Phénomène marginal?

En Suisse romande, les règles sont plus souples. A Genève, l’Etat estime que l’entreprise – qui ne possède pas de bureaux en Suisse – ne pose pas de problème lorsqu’elle met occasionnellement des particuliers en relation pour la location d’une chambre. «La question de la contrariété au droit public se pose lorsque des utilisateurs changent durablement l’affectation d’un logement», selon un porte-parole.

En terres vaudoises, souplesse similaire. Les prestations d’hôtellerie fournies par des structures dont la capacité d’accueil n’excède pas neuf lits n’y sont pas soumises à autorisation et échappent à la loi cantonale sur les auberges et débit de boissons. «On a demandé ce printemps à Airbnb un système de collecte de taxes similaire à celui de Paris, mais on n’a pas reçu de réponse», indique Denis Decosterd, chef du Service de développement et de communication de la Ville de Lausanne. Ces taxes, les utilisateurs d’Airbnb s’en acquittent rarement.

En attendant, les autorités ne paniquent pas, malgré le manque à gagner. Au bout du Léman, une étude a été lancée pour rendre compte de l’ampleur du phénomène; à Lausanne les autorités le jugent «marginal». L’essor d’Airbnb en Suisse – la plate-forme aurait généré deux millions de nuitées l’an dernier, deux fois plus qu’en 2014 – est moindre par rapport à son ampleur dans les bastions touristiques, qui voient des immeubles entièrement dévolus au site américain.

Bon plan pour propriétaires

Contrairement aux chauffeurs de taxis vis-à-vis d’Uber, les hôteliers helvétiques ne durcissent d’ailleurs guère le ton. Au début du mois, l’association HotellerieSuisse s’est contentée de demander dans un communiqué une «égalité des conditions de concurrence avec les nouveaux prestataires touristiques de l’économie du partage, tels qu’Airbnb».

Sur l’arc lémanique, contrairement à San Francisco, tout le monde peut utiliser le nouvel outil pour arrondir ses fins de mois, sauf les locataires. Celui qui veut sous-louer une partie de son logement doit demander le consentement écrit du bailleur, une demande qui lui sera systématiquement refusée à Genève si l’hébergement est au bénéfice de prestations publiques.

(TDG)

Créé: 17.06.2016, 21h17

Articles en relation

Le nombre d'hôtes Airbnb a doublé en Suisse

Tourisme Auparavant considéré comme un produit de niche, Airbnb connaît désormais une croissance fulgurante en Suisse. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.

Caricatures

Fête de la musique
Plus...