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Paris

Les entreprises suisses, un modèle pour la France ?

Par Jean-Noël Cuénod . Mis à jour le 07.02.2012 8 Commentaires

Le secrétaire d’Etat Pierre Lellouche annonce un déficit record pour le commerce extérieur français. Et cite notre pays.

Le secrétaire d'Etat français au commerce extérieur Pierre Lellouche.

Le secrétaire d'Etat français au commerce extérieur Pierre Lellouche.
Image: Lucien Fortunati

Présentant les chiffres du commerce extérieur de la France pour 2011, hier au ministère des Finances à Paris-Bercy, le secrétaire d’Etat Pierre Lellouche l’admet sans détour : «Ils ne sont pas bons, c’est le moins que l’on puisse dire».

La République voisine affiche, en effet, un déficit commercial record : 69,6 milliards d’euros (83,9 milliards de francs). Campagne présidentielle oblige, le secrétaire d’Etat au commerce extérieur va utiliser ce piteux résultat pour promouvoir l’un des arguments de Nicolas Sarkozy, à savoir rendre les entreprises françaises compétitives dans la grande bagarre mondialisée. Pour ce faire, l’actuel président et futur candidat veut améliorer la formation mais aussi assouplir le droit français du travail et abaisser le coût de la main d’œuvre outre-Jura.

A ce propos, Pierre Lellouche cite, notamment, la Suisse en rebondissant à une question posée par notre journal : «Lorsque 250 000 Français se rendent chaque jour en Allemagne, au Luxembourg, en Suisse (74 000 frontaliers- NDLR) pour y travailler ; lorsque certaines de nos entreprises délocalisent, non pas aux Philippines ou au Viet Nam, mais au Luxembourg et en Suisse, où les salaires sont plus hauts et les charges sociales moins lourdes qu’en France… cherchez l’erreur ! La France a un vrai problème de compétitivité vis-à-vis de la Suisse. » Et le secrétaire d’Etat Lellouche de stigmatiser le droit du travail français trop rigide et la hausse du coût du travail qu’il en résulte vis-à-vis de la Suisse et d’autres pays voisins de l’Hexagone.

Mais comparaison est-elle raison ? Certes, le droit du travail helvétique est d’une souplesse féline par rapport à la monumentale législation française. La durée hebdomadaire du travail est fixée à 35 heures outre-Jura. Dans notre pays, elle varie en fonction des secteurs ou des conventions collectives et s’élève, en moyenne, à 42 heures. Lorsque les Suisses disposent de quatre semaines de congés payés (en moyenne), les Français en bénéficient de cinq.

Toutefois, contrairement à ce que laisse entendre le secrétaire d’Etat Lellouche, le coût de la main d’œuvre est nettement plus élevé en Suisse qu’en France. Selon des études menées par l’Union européenne et le Secrétariat d’Etat suisse au commerce extérieur pour l’année 2008 et dans les mêmes secteurs (industrie et services), le coût horaire du travail s’établit à 38,96 francs en France (dont 28,30% de part patronale aux cotisations sociales) et grimpe à 56, 30 francs (dont 15% de part patronale aux cotisations sociales) dans notre pays. Si des entreprises françaises s’installent en Suisse, ce n’est donc pas pour ce motif. Il faut plutôt chercher la réponse dans notre formation professionnelle efficace. (TDG)

Créé: 07.02.2012, 18h50

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8 Commentaires

Oscar Renta

07.02.2012, 23:03 Heures
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On se fout de la France ! Ras-le-bol de leurs discours répétés, leur pouvoir d'achat, leur gazole, leurs plaintes incessantes. Qu'ils travaillent au lieu de sans cesse regarder ce qui ne va pas et de palabrer des heures pour ne rien dire et ne pas avancer! Répondre


Charles Rochat

08.02.2012, 01:22 Heures
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Les Chinois travaillent 15 heures par jour 6/7 les
charges sociales sont payées au lance pierre, en
fait seule les entreprises étrangères en paient.
Cette réalité n'est pas réjouissante mais c'est
a elle que l'on a affaire.
Monter une entreprise en France releve de la démence,
de même a Genève, il faut être un cas social, fonctionnaire ou
milliardaire pour s'en sortir, chercher l'erreur.
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