Cleantech
L’industrie solaire vit son premier passage à vide
Par Pierre-François Besson. Mis à jour le 27.02.2012 3 Commentaires
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A Yverdon, faute de repreneur et de trésorerie suffisante, Flexcell, s’apprête à mettre la clé sous le paillasson pour renaître sous une forme plus ciblée. La situation du spécialiste des modules solaires souples a ses raisons propres mais tient aussi au moment vécu actuellement par le photovoltaïque.
En dix ans, l’industrie photovoltaïque est passée de la taille microbe à un marché mondial de près de 100 milliards de dollars en 2010. «Une croissance énorme», résume Christophe Ballif, directeur du Laboratoire de photovoltaïque et couches minces électroniques de l’EPFL à Neuchâtel.
Les Chinois plus ardents
L’explosion concurrentielle a induit une baisse générale du prix des modules solaires. Elle a rimé avec des investissements plus que conséquents, les producteurs chinois s’étant montrés les plus ardents, soutenus par toute une gamme d’institutions et de programmes nationaux.
«Ils ont été les premiers à produire bon marché, par la biais de mécanismes de soutien qui n’existent pas en Europe, explique Christophe Ballif.»
Des équipements occidentaux
Les Chinois sont devenus les numéros un des produits finis photovoltaïques en achetant les technologies et les équipements de fabrications occidentaux. Suisses notamment. Comme les machines de découpe du silicium de Meyer Burger, dont le chiffre d’affaires dépasse le milliard de francs.
Entre les composants et les équipements, un peu sur le mode de l’Allemagne, la Suisse a exporté l’an dernier pour deux milliards de francs de produits liés au photovoltaïque, indique Christophe Ballif.
Mais à force d’investir, un surinvestissement à l’échelle mondiale a gagné le secteur des modules, dont les prix ont chuté de plus belle. Seuls les gros producteurs s’en tireront, les autres devront se choisir des niches ou périr.
«En raison de cette surcapacité, beaucoup de fabricants de modules partiront en faillite cette année, prévoit Christophe Ballif. Les fabricants d'équipements connaîtront deux ans difficiles et doivent surtout préparer les technologies de demain.»
Un vrai manque de fonds
Mais dans la course, la Suisse a des atouts, juge le spécialiste. En plus de son niveau d’innovation technologique, elle peut tabler sur un tissu industriel conséquent.
«La seule difficulté, c’est que la Confédération investit peu dans les cleantech. Il s’agit maintenant pour elle de passer de la parole aux actes.»
La Suisse a des chances de s’imposer dans les cellules amorphes, certains types d’onduleurs, voire les couleurs solaires pour façades et verres, reconnaît pour sa part Jean-Christophe Hadorn.
Toutefois, l’enseignant et consultant juge la rechercher suisse «existante» mais «timide» et «faible», faute de moyens. Pour lui, la Suisse vit sur ses acquis alors qu’elle s’est fixé une sortie du nucléaire pour 2034.
Un marché domestique
«C’est demain, on devrait voir des projets partout dans les journaux!», lance Jean-Christophe Hadorn, qui juge nécessaire la création d’un marché domestique du photovoltaïque.
Il souhaite généraliser l’obligation du m2 de photovoltaïque par personne et octroyer à la rétribution à prix coûtant du courant injecté (RPC) des moyens plus importants.
«Nous ne menons pas une politique de long terme. Je ne la comprends pas, avoue-t-il. Les Suisses ne croient pas au solaire. Sinon les choses bougeraient!» (Newsnet)
Créé: 27.02.2012, 17h29
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3 Commentaires
Pourquoi se bouger maintenant puisque le prix des installations solaires s'effondre ?! Quant à Flexcell, a t'elle taper aux bonnes portes ! Peut-être que des compagnies chinoises comme SUNTECH ou américaines comme First Solar pourraient-elles être intéressées d'avoir une tête de pont en Suisse .....ou même General Electric. Evidemment, le cours du CHF doit faire réfléchir ? Répondre
un système complètement inefficient, entre 14 et 17% de l'énergie solaire peut être utilisée la nuit niet, les pauvres ! Répondre
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